Le réservoir et l’évacuateur de crues de la centrale de la Toulnustouc, sur la Côte-Nord

L’hydroélectricité est internationalement reconnue comme une énergie renouvelable

En 2004, la Conférence internationale sur les énergies renouvelables de Bonn, en Allemagne, a réuni des officiels et autres représentants de 154 pays. En faisaient notamment partie l’Australie, le Canada, la Chine, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la France, le Japon, l’Italie, le Mexique, la Norvège, la Suisse et le Vietnam. Les participants ont reconnu que les énergies renouvelables englobaient : l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’hydroélectricité, la biomasse (y compris les biocarburants) et la géothermie.

À la 33e Conférence annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, tenue en septembre 2009, les participants ont convenu que l’hydroélectricité est une source d’énergie renouvelable et qu’elle devrait être reconnue comme telle dans les lois fédérales.

Le 4 juin 2010, le Vermont a adopté une loi intitulée An Act Relating to Renewable Energy. Cette loi reconnaît l’hydroélectricité comme une source d’énergie propre et renouvelable, quelle que soit la puissance de l’installation de production. Par la suite, Hydro-Québec a signé, en août, un contrat d’approvisionnement à long terme (2012-2038) avec deux importants distributeurs d’électricité du Vermont.

En novembre 2010, la National Association of Regulatory Utility Commissioners (NARUC), qui regroupe les organismes américains de réglementation des services publics tels que l’énergie, les télécommunications, l’eau et le transport, a reconnu que l’hydroélectricité est une source d’énergie propre et renouvelable.

L’Energy Information Administration du Department of Energy des État-Unis classe l’hydroélectricité parmi les sources d’énergie renouvelables. En 2016, les États-Unis ont produit 15 % de leur énergie à partir de sources renouvelables, dont 42 % à partir de l’hydroélectricité.

Puis, en novembre 2017, l’Energy Policy Act des États-Unis a été amendé et reconnaît toute forme d’hydroélectricité comme étant une source d’énergie renouvelable. Cet amendement découle du Hydropower Policy Modernization Act qui a été adopté par la Chambre des représentants des États-Unis.

L’hydroélectricité est une énergie renouvelable grâce au cycle naturel de l’eau

L’hydroélectricité, ça commence par l’énergie du soleil ! C’est la chaleur du soleil qui fait évaporer l’eau. L’eau évaporée s’élève dans l’atmosphère et, en se condensant se transforme en nuages, qui se déplacent sous l’effet du vent. Quand les gouttelettes et les cristaux qui forment les nuages deviennent trop lourds, ils retombent sur le sol sous forme de pluie ou de neige. L’eau dévale alors dans les rivières, et les centrales hydroélectriques tirent profit de ce cycle sans fin pour produire de l’électricité.

La filière hydroélectrique québécoise émet très peu de gaz à effet de serre et n’entraîne aucun rejet toxique.

En 2015, l’électricité produite au Québec représentait 32 % de la production totale d’électricité canadienne toutes sources confondues, mais comptait pour moins de 1 % des émissions de GES attribuables aux entreprises d’électricité du pays.

Globalement, le taux d’émission de GES de l’ensemble de la filière hydroélectrique du Québec (centrales au fil de l’eau et centrales à réservoir) est similaire à celui de la filière éolienne, 5 fois moindre que celui du solaire photovoltaïque, 50 fois moindre que celui du thermique – gaz naturel et 70 fois moindre que celui du thermique – charbon.

Taux d’émission des gaz à effet de serre (GES) des filières de production d’électricité en tenant compte de l’analyse du cycle de vie complet des équipements

  • Hydroélectrique
    Centrales au fil de l’eau (voir note 1)
    6
  • Nucléaire 8
  • Éolienne 14
  • Hydroélectrique
    Centrales à réservoir
    17
  • Solaire
    photovoltaïque
    64
  • Thermique
    Gaz naturel
    620
  • Thermique
    Mazout
    878
  • Thermique
    Charbon
    879

Filière de production continue

Filière de production intermittente

Les chiffres correspondent à l’équivalent de CO2 émis par kilowattheure produit.

Note 1 : Les résultats relatifs aux centrales hydroélectriques au fil de l’eau et à réservoir s’appliquent au parc de production d’Hydro-Québec.

Note 2 : Sur le plan des émissions de GES, la filière hydroélectrique à réservoir se distingue de la filière au fil de l’eau. Après sa mise en eau, un réservoir génère des émissions de GES qui vont en diminuant progressivement aux cours des dix années suivantes (ces émissions sont dues à la matière organique qui se décompose). C’est pourquoi le taux d’émission de la filière à réservoir est plus élevé que celui de la filière au fil de l’eau.

Quant aux émissions de méthane, elles ne constituent pas un enjeu au Québec, car l’eau des réservoirs boréaux comme ceux d’Hydro-Québec est froide et elle est rebrassée et réoxygénée régulièrement. Étant donné la forte teneur en oxygène de l’eau, une moins grande quantité de méthane est émise.

Comparaison des émissions de GES liées au secteur de l’électricité (2015)

  • Émissions de GES
    des États-Unis
    29 %
  • Émissions de GES
    de l'Alberta
    18 %
  • Émissions de GES
    de l'Ontario
    4 %
  • Émissions de GES
    du Québec
     < 1 %

Grâce à une production d’électricité de source renouvelable de près de 100 %, tous producteurs confondus, le Québec affichait les émissions de GES les plus faibles du Canada, soit 10 tonnes par habitant.

Nos centrales à réservoir offrent plusieurs avantages dans le contexte énergétique nord-américain

L’électricité doit être produite au moment même où elle est consommée. La production est ainsi constamment ajustée en fonction des besoins. Tout un défi pour les entreprises d’électricité du monde entier !

Dans ce contexte, les centrales hydroélectriques à réservoir ont un avantage de taille : la possibilité d’accumuler de l’eau quand la demande d’électricité est faible et de l’utiliser plus tard, au moment où la demande est plus grande.

Notre parc de production compte 63 centrales hydroélectriques et 28 réservoirs.

À l’échelle du Nord-Est américain, nos réservoirs contribuent à diminuer l’impact environnemental de la production d’électricité

Nos exportations peuvent jouer un rôle de premier plan dans la transition énergétique à un moment où les États du Nord-Est des États-Unis ont une volonté claire de réduire les émissions des GES causées par leur production d’électricité.

En effet, quand l’hydroélectricité québécoise est exportée sur les réseaux voisins, elle permet d’éviter dans ces États la production d’énergie à partir de gaz naturel, de pétrole ou de charbon. Ainsi, grâce à nos exportations, des émissions de GES équivalentes à celles de quelques millions de véhicules sont évitées chaque année.

De plus, ces États ont de plus en plus recours aux sources d’énergie intermittentes que sont l’éolien et le solaire. Or, nos réservoirs peuvent faciliter l’intégration de ces types d’énergie. Le vent et le soleil ne sont pas toujours au rendez-vous quand la demande d’électricité augmente. Inversement, la demande n’est pas toujours au rendez-vous quand la production solaire ou éolienne augmente. Il faut donc associer à ces types de production une source d’énergie stable et rapidement mobilisable pour assurer leur intégration au réseau ; aux États-Unis, cette source est habituellement le gaz naturel, mais l’hydroélectricité est un choix à la fois plus efficace et plus écologique. Ainsi, quand nos voisins ont des surplus de production, nous sommes en mesure de les importer pour maintenir les stocks d’eau dans nos réservoirs, et d’exporter plus tard l’énergie stockée quand la demande dépasse leur capacité de production.

Marchés d’exportation – Faits saillants en 2016

Nous sommes un partenaire important pour garantir la sécurité énergétique

Notre parc de production et de transport se démarque par la qualité de l’ingénierie et de la construction. C’est un modèle pour l’industrie depuis 50 ans. Il se démarque également par la souplesse de son exploitation.

Une centrale hydroélectrique qui fait l’objet de travaux de maintenance et de réhabilitation peut fonctionner plus de 100 ans. En comparaison, la durée de vie des équipements thermiques et éoliens varie de 25 à 30 ans.

Nous affectons régulièrement des ressources au maintien de la qualité de nos installations et à leur modernisation. En 2016, nous avons consacré 344 millions de dollars à la réfection d’ouvrages de production et au rééquipement de centrales.

Nous investissons également dans notre réseau de transport. En 2016, les investissements se sont élevés à 1 757 M$, soit 618 M$ pour les projets de croissance et 1 139 M$ pour les projets visant à maximiser la fiabilité et la pérennité des actifs.

Nous exploitons notre réseau selon les normes de fiabilité les plus exigeantes, conformément aux critères de la North American Electric Reliability Corporation (NERC) et du Northeast Power Coordinating Council (NPCC).