Lien : Accueil Comprendre
Lien : Champs électriques et magnétiques
Image : Comment peut-on déterminer les effets sur la santé d'un phénomène physique, comme celui des champs électriques et magnétiques, ou d'un produit chimique ?
Lien : Retour Les champs et la santé humaine
Le principe des études réalisées dans le cadre de l'évaluation des risques pour la santé est d'observer des effets biologiques qui apparaissent chez un groupe exposé à une concentration donnée d'un agent chimique ou physique et de les comparer aux effets observés chez un groupe non exposé, appelé ordinairement « groupe témoin ».
 
  Études expérimentales
 
Dans les études expérimentales, les facteurs environnementaux qui seraient susceptibles d'influer sur le métabolisme ou le comportement des sujets, tels que la nourriture, l'eau potable ainsi que la température ambiante et le cycle lumière/obscurité des salles d'expérimentation, sont ajustés de façon identique chez les personnes exposées et les témoins. De plus, les concentrations de l'agent que l'on veut tester sont contrôlées au laboratoire même, ce qui permet d'exposer sélectivement des groupes à des niveaux différents et de maintenir ces niveaux constants durant toute la durée de l'exposition. Cette façon de faire permet de constituer un groupe témoin et de s'assurer qu'il n'est pas exposé à l'agent que l'on teste.
 
Il y a trois types d'études expérimentales :
 
  les études in vitro
   
Les études in vitro consistent à exposer des cellules issues d'une même culture cellulaire et ayant les mêmes caractéristiques génétiques. Ces études ont l'avantage de pouvoir vérifier si un élément cellulaire ou un type cellulaire est sensible au produit chimique ou à l'agent physique. Elles ont aussi un inconvénient : l'effet observé ne permet pas d'extrapoler les conséquences sur l'état de santé de l'organisme dans son ensemble et, à plus forte raison, sur l'humain.
 
  les études sur les animaux
   
Des animaux issus de la même souche (ex. : les rats Sprague-Dawley) et qui ont généralement été fournis par le même élevage sont utilisés pour former les groupes exposés et le ou les groupes témoins. Les animaux dans les groupes exposés et dans les groupes témoins ont donc les mêmes caractéristiques génétiques. Les études sur les animaux permettent des niveaux d'exposition très élevés. L'effet observé peut être extrapolé à l'humain, mais seulement sous certaines conditions.
 
  les études sur les volontaires humains
   
Contrairement au règne animal, il est difficile de trouver chez les humains des individus qui ont le même patrimoine génétique, à moins de ne recruter exclusivement que des jumeaux identiques. Étant donné que cette solution est difficile à mettre en oeuvre, une manière de faire pour limiter les effets liés au patrimoine génétique est d'utiliser les volontaires recrutés à la fois comme sujets et comme témoins. Pour cela, les caractéristiques auxquelles on s'intéresse sont mesurées avant et après l'exposition à l'agent physique ou chimique étudié chez chacun des sujets pour détecter si l'exposition a modifié ces caractéristiques. Les études sur les volontaires humains ont l'avantage d'évaluer directement l'effet d'un agent donné sur la physiologie humaine en situation contrôlée de laboratoire. Ce type d'étude ne permet cependant pas de mesurer les effets de niveaux d'exposition très élevés.
 
  Études épidémiologiques
 
Les études sur la santé des populations humaines, appelées études épidémiologiques, consistent à comparer le risque de maladie chez des individus exposés à celui d'individus non exposés à un certain produit chimique ou agent physique dans l'environnement en général ou dans un lieu particulier (résidence, école, bureau, usine, etc.). Le nombre d'individus au sein de chaque groupe étudié peut être considérable, de l'ordre des milliers. Les informations sur leur état de santé sont recueillies à partir de questionnaires adressés directement aux sujets, de dossiers médicaux conservés dans les entreprises ou les hôpitaux, ou encore de statistiques gouvernementales. Les informations sur les niveaux d'exposition sont quant à elles récoltées à partir de questionnaires adressés aux sujets, d'informations recueillies en milieu de travail ou de mesures directes. Étant donné que les études épidémiologiques ne résultent pas d'une approche expérimentale, les associations observées ne sont pas toujours causales, car elles sont sujettes à des erreurs d'observation.
 
En effet, contrairement à ce qui se passe dans les études expérimentales, le chercheur qui effectue une étude épidémiologique ne peut pas contrôler les facteurs environnementaux qui seraient susceptibles d'influer sur l'apparition de la maladie étudiée. Ainsi, avec ce type d'étude, il est difficile d'isoler l'effet d'un produit chimique ou d'un agent physique de tous les autres facteurs susceptibles d'influer sur l'apparition de la maladie en question, à moins que l'on obtienne de l'information sur l'impact de ces facteurs confondants sur la santé de la population étudiée.
 
Il existe deux types d'études en épidémiologie :
 
  les études rétrospectives
   
La réalisation d'une étude épidémiologique suit un schéma soit rétrospectif
soit prospectif.

La plupart des études épidémiologiques sont rétrospectives lorsqu'il s'agit d'étudier des maladies rares et que ces maladies surviennent plusieurs années après l'exposition, comme c'est le cas du cancer. Leur principe est de déterminer les niveaux d'exposition présents ou passés d'un agent dans des groupes d'individus souffrant d'une maladie ainsi que dans un groupe d'individus exempts de cette maladie. Pour cette raison, les études rétrospectives sont communément appelées « études cas-témoins ». L'association est quantifiée par le calcul d'un rapport de cote (RC). Si les individus qui sont les plus touchés par ce problème de santé sont aussi ceux qui sont ou qui ont été les plus exposés à l'agent en question (RC>1), cela peut indiquer l'existence d'un lien entre la maladie étudiée et l'exposition à l'agent. Par contre, si les individus qui sont plus touchés par le problème de santé sont ceux qui sont ou qui ont été les moins exposés (RC≤1), cela peut indiquer l'absence d'un tel lien.
 
  les études prospectives
   

Les études prospectives sont plus difficiles à réaliser et elles sont aussi plus longues que les études rétrospectives. Elles consistent à suivre pendant une longue période, pouvant aller jusqu'à plusieurs dizaines d'année, l'incidence d'une maladie particulière dans un groupe d'individus exposés à l'agent étudié et de la comparer à celle d'un groupe de personnes non exposées à l'agent en question, mais dont l'effectif, la répartition selon l'âge et le sexe de même que les origines sociale et géographique sont les mêmes. Si l'étude a cours au sein d'une entreprise, la plupart de ses employés sont généralement enrôlés dans le suivi soit à titre de personne exposée, soit à titre de personne non exposée (par exemple, les monteurs de lignes et le personnel de bureau dans une entreprise d'électricité). Les études prospectives sont souvent appelées « études de cohortes prospectives ». L'association est quantifiée par le calcul d'un risque relatif (RR). Si les individus qui sont exposés sont, au cours du suivi, ceux qui sont aussi les plus atteints de la maladie (RR>1), cela peut indiquer l'existence d'un lien entre l'exposition à l'agent en question et cette maladie. Par contre, si les individus non exposés sont les plus touchés par le problème de santé (RR≤1), cela peut indiquer l'absence d'un tel lien.

 
 

 
Lien : Accueil Hydro-Québec Lien : Accueil Comprendre