Nous avons réussi à faire bouger des électrons grâce à la force motrice de l'eau, et à produire un courant électrique alternatif. Mais cette électricité doit souvent parcourir un long trajet pour se rendre jusque chez vous.
Pourquoi « transformer » l'électricité ?
En réalité, le transport de l'électricité présente une succession de transformations, de contrôles et de répartitions de l'énergie électrique ; ces trois grandes fonctions ont lieu tout au long du chemin de la centrale à la maison.
Défilez l'image pour voir le parcours de l'électricité de la centrale à la maison.
Une centrale peut produire des tensions pouvant atteindre 13 800 volts, comme à la centrale Robert-Bourassa. Le transport de cette électricité se fait toutefois à des tensions beaucoup plus élevées, à des paliers situés entre 44 000 et 765 000 volts, grâce au transformateur élévateur de tension situé dans le poste de départ d'une centrale. Vient ensuite une succession d'abaissements de la tension. À la maison, on utilise des tensions abaissées à 120 volts, pour alimenter le téléviseur, la radio et d'autres appareils électriques courants, ou à 240 volts, pour faire fonctionner des appareils qui demandent un courant
de forte intensité, tels que la sécheuse ou la cuisinière.
Le transformateur est l'équipement qui permet d'augmenter ou d'abaisser la tension d'un courant alternatif. En effet, l'énergie électrique voyage mieux à des tensions plus élevées : le transport de quantités massives d'électricité s'en trouve facilité, il y a moins de pertes électriques et le coût total du transport est moindre (on peut éviter la construction de lignes additionnelles, par exemple). Au fur et à mesure qu'on s'approche des centres de consommation, la tension est abaissée progressivement, de manière à fournir à l'utilisateur une électricité à basse tension
de 120 / 240 volts.
L'Institut de recherche d'Hydro-Québec, à Varennes, abrite le plus gros transformateur du réseau : il pèse 507 tonnes métriques et contient 212 000 litres d'huile minérale, une matière isolante.
L'émergence du courant alternatif comme technologie dominante
En matière de transport d'électricité, le courant alternatif l'emporte sur le courant continu. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Il y a un peu plus de 100 ans, une grande rivalité existait entre les promoteurs du courant alternatif, dont George Westinghouse, et ceux du courant continu, comme Thomas Alva Edison. On est à l'aube de l'ère de l'électricité et les industriels américains cherchent un moyen efficace d'acheminer cette nouvelle énergie de la centrale à l'usine. En 1887, Nikola Tesla opte pour le courant alternatif ; il met au point le premier système pratique pour la production et le transport du courant alternatif.
Comment expliquer le crépitement des fils de transport
Hydro-Québec mesure l’impact acoustique associé à l’exploitation des lignes et autres équipements de transport.
Il s’agit d’un phénomène appelé effet couronne. Il est amplifié par les impuretés déposées sur les câbles et par l’air humide. Le crépitement est plus fort lorsqu’il neige ou qu’il pleut. L’effet couronne est causé par des électrons qui se déplacent entre le câble et l’air ambiant. Ce mouvement d’électrons provoque une multitude de petites décharges électriques à quelques centimètres du fil, ce qu’on perçoit comme un crépitement. Plus la tension de la ligne est élevée, plus ce phénomène a tendance à se produire.