Il y a quelque temps, face à l’intérêt croissant des acteurs internationaux en environnement pour la consommation d’eau des différentes filières de production d’énergie, Hydro-Québec s’est penchée sur le sujet. Plus spécifiquement, elle a cherché à quantifier la perte d’eau nette par évaporation du réservoir de l’Eastmain 1, à la Baie-James. Pour y arriver, il lui fallait soustraire le taux d’évaporation des écosystèmes présents avant l’ennoiement des lieux du taux d’évaporation du nouveau réservoir.

En collaboration avec l’Université McGill, Hydro-Québec a mené des travaux au cours desquels elle a mesuré les flux d’évaporation des écosystèmes aquatiques et terrestres, utilisant la technique de covariance des turbulences. Plus de 25 000 mesures ont été prises sur cinq ans. Ensuite, elle a réalisé un bilan de l’évaporation à l’échelle de la région en tenant compte des surfaces et de la quantité d’eau évaporée de chaque écosystème présent avant et après la création du réservoir (tourbières, forêts, lacs, rivières, brûlés, réservoir).

Résultat : l’exercice montre clairement que les écosystèmes, avant la création du réservoir, étaient des sources importantes d’évaporation et d’évapotranspiration. Dans l’ensemble, la quantité d’eau évaporée du réservoir de l’Eastmain 1 est légèrement supérieure à celle des écosystèmes qui l’ont précédé. Ainsi, la perte d’eau nette par évaporation du réservoir est faible.

Hydro Review. Étude de l’évaporation nette du réservoir de l’Eastmain 1, 2014, 5 p (Traduction d’un article original en anglais) [pdf]

Ian B. Strachan, Alain Tremblay, Luc Pelletier, Simon Tardif, Christian Turpin, Kelly A. Nugent. 2016. "Does the creation of a boreal hydroelectric reservoir result in a net change in evaporation?" Journal of Hydrology, Volume 540, p 886 – 899.