Le but de ce programme est de favoriser une végétation basse et peu dense dans les emprises de ligne. En milieu forestier par exemple, on favorise le maintien des arbustes et des plantes basses qui sont déjà bien implantés : cornouillers, groseilliers, framboisiers, viornes, ifs, graminées, etc.

Avec le temps, les arbustes et les herbacées occupe tout l’espace dans l’emprise, ce qui diminue l’ampleur des travaux futurs de maîtrise de la végétation et offre un bon couvert végétal pour plusieurs espèces d’animaux.

Le personnel responsable du programme regroupe des spécialistes de la foresterie (techniciens et ingénieurs forestiers) et de l’environnement (biologistes, géographes).

Les travaux sont réalisés par des entreprises qualifiées qui emploient des travailleurs forestiers formés aux critères de sécurité d’Hydro-Québec.

Étapes du programme

Le programme de maîtrise intégrée de la végétation regroupe un ensemble d’activités qui se répètent régulièrement :

  1. planifier les travaux ;
  2. réaliser l’inventaire de la végétation et des éléments sensibles ;
  3. définir comment le travail sera fait ;
  4. réaliser les travaux ;
  5. contrôler la qualité des travaux.

1. Planifier les travaux

Chaque année, les spécialistes d’Hydro-Québec déterminent à quels endroits il faut intervenir pour maîtriser la végétation. Cette planification est faite en fonction de plusieurs critères, dont le principal est le respect de la distance sécuritaire entre la végétation et les fils électriques.

Ainsi, on n’intervient pas chaque année dans toutes les emprises. La période qui sépare deux interventions dans une même emprise dépend du type de végétation qui s’y trouve et du temps qu’il faudra pour qu’elle s’approche de nouveau trop près des fils.

Plus une ligne de transport est située au nord, plus la période entre chaque intervention est longue, car la croissance de la végétation est plus lente dans un climat froid. Dans le sud du Québec, les interventions sont plus fréquentes, car la croissance est plus rapide. La période entre les travaux de maîtrise de la végétation dans nos emprises varie donc entre trois et treize ans.

2. Réaliser l’inventaire de la végétation et des éléments sensibles

Pour bien planifier les travaux, il faut savoir exactement ce qui se trouve dans les emprises. Pour faire cet inventaire, nous utilisons plusieurs techniques et sources d’informations :

  • interprétation de photos aériennes haute résolution à l’aide de logiciels de visualisation en 3D afin de localiser la végétation, les cours d’eau, les milieux humides, etc. ;
  • télédétection aérienne par laser (lidar) pour déterminer précisément les distances entre les arbres et les fils électriques ;
  • consultation des données fournies par les autorités fédérales, provinciales et municipales concernant des éléments environnementaux sensibles, ce qui nous permet de prendre les précautions nécessaires pour protéger les milieux sensibles, comme une prise d’eau, l’habitat d’une espèce faunique ou floristique désignée menacée ou vulnérable.

3. Définir comment le travail sera fait

Pour faciliter la planification des travaux, chaque emprise est subdivisée en sections. Les ingénieurs forestiers et les techniciens forestiers d’Hydro-Québec peuvent alors définir section par section le meilleur moyen d’accomplir le travail tout en protégeant l’environnement.

Plusieurs critères sont pris en considération :

  • hauteur et densité de la végétation ;
  • caractéristiques physiques du site (relief, accessibilité, etc.) ;
  • présence d’éléments sensibles (par exemple un cours d’eau) ;
  • lois et règlements (notamment le Code de gestion des pesticides) ;
  • engagements et ententes de l’entreprise à l’égard des propriétaires ou des organismes du milieu.

Coupe mécanique

La méthode la plus utilisée pour dégager les emprises est la coupe mécanique sélective à l’aide de débroussailleuses manuelles.

Pour empêcher les rejets de souche, on peut appliquer une solution diluée de phytocide sur les souches avec des débroussailleuses munies d’un système de pulvérisation. Ce système permet de couper l’arbre et de traiter la souche en une seule opération.

Utilisation de phytocides sélectifs

Les phytocides utilisés par Hydro-Québec pour l’entretien des emprises de lignes sont des phytocides sélectifs, c’est à dire qu’ils agissent uniquement sur la végétation ligneuse. Ils sont homologués par Santé Canada et utilisés conformément à la législation en vigueur. Ils sont sans danger pour la population et pour la faune, car nous prenons soin de les faire appliquer selon les règles de l’art. Par exemple, un périmètre de protection est établi autour des cours d’eau, des puits et des prises d’eau. Dans ces périmètres, il n’y a aucune application de phytocide.

Débris et bois résiduel

À l’étape de planification des travaux, les spécialistes précisent également comment seront éliminés les débris (branches, feuilles, etc.) ainsi que le bois résiduel (les troncs).

Le plus souvent, les débris sont laissés épars et le bois résiduel est empilé. Les débris ligneux laissés dans les emprises favorisent la biodiversité. Les débris procurent des aires de repos et de couvert à plusieurs espèces d’animaux, et favorisent certaines espèces oiseaux.

Communications avant les travaux

Avant le début des travaux, Hydro-Québec envoie un avis aux propriétaires des lots visés.

Quand il y application de phytocides, Hydro-Québec produit divers documents, conformément au Code de gestion des pesticides, un règlement qui découle de la Loi sur les pesticides :

  • avis de réalisation des travaux, transmis au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ;
  • avis de réalisation des travaux, transmis aux municipalités et aux municipalités régionales de comté (MRC) ;
  • avis annonçant les travaux, diffusé dans un média régional.

Retour haut de page

4. Réaliser les travaux

À moins de conditions particulières, les travaux débutent après la fonte des neiges et se poursuivent aussi longtemps que les conditions météorologiques le permettent.

Les contrats de maîtrise de la végétation sont accordés par appels d’offres à des entreprises qualifiées par Hydro-Québec. En ce qui concerne les travaux de coupe mécanique, le personnel doit détenir les compétences d’ouvrier sylvicole (débroussaillage, abattage, etc.). De plus, lorsqu’il y a application sélective de phytocides, le travail est toujours supervisé par des travailleurs qui détiennent un certificat d’applicateur de phytocides, conformément à la Loi sur les pesticides et à la Loi sur la qualité de l’environnement.

5. Contrôler la qualité des travaux

Tous les travaux font l’objet d’une vérification par un représentant d’Hydro-Québec, qui s’assure de leur conformité aux devis. Si un problème est décelé, le représentant en avise l’entreprise ayant réalisé les travaux, qui apporte les correctifs nécessaires.

Le contrôle de la qualité encourage l’amélioration continue des entreprises. Leur travail est évalué en continu pendant la durée de leur contrat, et elles reçoivent une évaluation globale annuelle.

Voir aussi