Le projet du complexe de la Romaine a fait l'objet d'une importante étude d'impact sur l'environnement. Les composantes des milieux physique, biologique et humain susceptibles d'être touchées par le projet ont été analysées.
Hydro-Québec présente ici les mesures élaborées pour préserver l'équilibre écologique de la zone d'implantation des ouvrages et permettre aux utilisateurs du territoire de poursuivre leurs activités.
Les activités de suivi menées en 2010 avaient pour but de mettre à jour les données recueillies lors de l'étude d'impact. Ces données permettront d'analyser avec précision les effets de la construction de la route de la Romaine et de l'ouverture de l'arrière-pays sur l'utilisation du territoire par les Minganois.
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Principaux constats du suivi 2010 :
Des mesures ont été appliquées pour atténuer les effets de la construction sur les activités des utilisateurs du territoire :
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Le programme de suivi couvre une période d'environ 15 ans.
En 2010, Hydro-Québec a mis à jour les informations sur l'utilisation du territoire dans la zone d'étude.
Hydro-Québec a également organisé des rencontres avec les pêcheurs de saumon d'Ekuanitshit pour leur parler du suivi relatif au saumon et à l'utilisation du territoire et pour leur expliquer la façon dont les débits de la Romaine seront gérés en phase d'exploitation. Ces rencontres ont également permis aux spécialistes d'Hydro-Québec de se familiariser avec la culture innue.
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Par l'entremise des comités techniques et environnementaux (CTER), et de concert avec les Innus, Hydro-Québec a mis en place des mesures visant à assurer la poursuite de la pratique d'Innu Aitun pendant les phases de construction et d'exploitation du complexe de la Romaine. En 2010, des rencontres avec le CTER d'Ekuanitshit et des utilisateurs ont conduit à l'élaboration de mesures particulières : l'aménagement d'un sentier de motoneige en rive droite de la Romaine, en aval de la centrale de la Romaine-1, avant la mise en eau du réservoir de la Romaine 2 ; la construction d'un camp communautaire près des Chutes à Charlie. Le fonds Innu Aitun – qui a été créé lors des ententes conclues avec les communautés innues – sert à promouvoir la pratique d'Innu Aitun. Les fonds du patrimoine innu sont destinés à la valorisation de certains sites archéologiques ainsi qu'à la promotion des valeurs et du savoir traditionnel innus. |
La rivière Romaine a une valeur patrimoniale pour les Innus, en particulier pour les habitants d'Ekuanitshit, dont les ancêtres ont nommé le territoire environnant. La construction de la route de la Romaine facilitera l'accès au territoire, ce qui aura pour effet de favoriser la pratique d'Innu Aitun. |
Hydro-Québec fait un suivi annuel des activités de chasse et de pêche sportives des travailleurs du chantier de la Romaine. L'objectif : vérifier l'efficacité des mesures d'encadrement mises en place pour assurer la conservation des ressources fauniques, et apporter des correctifs au besoin.
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En 2010, Hydro-Québec a participé à la création de la Société Tshitassinu (Notre territoire), qui a pour mission de collaborer avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune à la gestion des ressources fauniques sur un territoire de 1 900 km2 qui englobe les campements de travailleurs du Mista et des Murailles. La Société Tshitassinu réunit des Innus, des Minganois et des représentants d'Hydro-Québec. Avec le soutien d'Hydro-Québec, la Société Tshitassinu fera un suivi des activités de pêche dans sa zone de gestion à compter de 2011. Concrètement, tous les pêcheurs, y compris les travailleurs du chantier, seront invités à déclarer leurs captures au moyen d'un formulaire à chacune de leurs excursions. De son côté, Hydro-Québec fera le suivi de la chasse à l'orignal chez les travailleurs du chantier. Hydro-Québec a déployé différentes mesures pour encadrer les activités de pêche des travailleurs. Au printemps 2010, par exemple, on a procédé à l'ensemencement des lacs situés à proximité du campement des Murailles au moyen d'ombles de fontaine. L'objectif : créer des conditions de pêche intéressantes autour des campements afin de limiter la pression de pêche sur les lacs en bordure de la route de la Romaine. Les opérations d'ensemencement se répèteront pendant toute la durée des travaux de construction. Mentionnons aussi que des embarcations sont mises à la disposition des travailleurs qui pêchent sur les lacs ensemencés. De plus, Hydro-Québec et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune ont conclu une entente administrative en vue d'accroître la présence des agents de protection de la faune dans la zone gérée par la Société Tshitassinu. En attendant que la Société Tshitassinu amorce ses activités, c'est Hydro-Québec qui a effectué le suivi des activités de pêche des travailleurs du campement des Murailles en 2010. Constat : les travailleurs ont principalement fréquenté les lacs ensemencés, et plus de 70 % de leurs captures ont été faites dans ces lacs. Les restrictions appliquées à l'utilisation de la route de la Romaine pour des raisons de sécurité ont limité les activités de chasse des travailleurs. De fait, un seul travailleur a chassé l'orignal. |
Le suivi des activités de chasse et de pêche sportives des travailleurs du chantier de la Romaine vise à protéger les ressources fauniques, à permettre aux Minganois et aux Innus de poursuivre leurs activités et à favoriser un dialogue constructif entre les différents utilisateurs du territoire.
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Les activités réalisées en 2010 ont permis de prendre le pouls des Minganois à l'égard du projet et de ses effets sur leur communauté. Méthodes utilisées :
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Conclusions du sondage :
Les autres consultations ont mis en lumière les incidences suivantes :
Il est à noter que l'afflux de travailleurs n'a pas eu de répercussions sur la sécurité publique. |
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Ce suivi a pour but de déterminer les incidences sociales du chantier de la Romaine sur quatre communautés innues : création d'emplois, développement des entreprises locales, changements dans les conditions de vie, etc. Il vise également à évaluer l'efficacité des mesures mises en place pour favoriser les incidences positives du chantier. Les communautés concernées sont : Ekuanitshit, Nutashkuan, Unamen-shipu et Pakua-shipi.
Concrètement, il s'agit de recueillir des données sur les répercussions socioéconomiques et sanitaires du chantier dans ces communautés, compte tenu des effets prévus par l'étude d'impact et des préoccupations exprimées par les Innus. Parallèlement, un sondage périodique de la population et des entrevues avec des gestionnaires locaux permettront de suivre la perception que les Innus ont de leurs conditions de vie et de l'impact du projet. La première édition de cette enquête a été réalisée en 2010. Au total, 673 Innus ont répondu au sondage tandis que 58 gestionnaires ont participé aux entrevues.
Le suivi prévoit aussi la réalisation d'enquêtes périodiques (sondages et entrevues) auprès des travailleurs innus œuvrant sur le chantier de la Romaine. L'objectif est de connaître la façon dont les Innus vivent cette expérience, d'évaluer l'efficacité des mesures mises en place pour faciliter leur intégration et, à terme, de déterminer les conséquences de leur séjour sur le chantier.
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Hydro-Québec a pris différentes mesures pour assurer la prise en compte des préoccupations exprimées par les communautés innues. Exemples :
Principaux résultats des enquêtes réalisées en 2010 Le principal effet positif du projet selon les Innus d'Ekuanitshit est la création d'emplois. Par contre, selon les répondants des autres communautés, le principal effet négatif du projet serait le faible nombre d'emplois créés. Le suivi montre que les perspectives de contrats sur le chantier ont favorisé la création d'entreprises à Ekuanitshit et à Nutashkuan. La majorité des Innus qui travaillent sur le chantier estiment que le projet a eu un effet positif sur leur situation économique et sur leurs conditions de vie. Toutefois, les services sociaux (Mamit Innuat) ont observé une hausse de la consommation d'alcool et de drogue chez certains travailleurs. Les principales attentes des Innus à l'égard du projet concernent l'emploi, la formation et le développement économique de leur communauté. Leurs principales préoccupations portent sur les conséquences du projet pour la pratique d'Innu Aitun, l'accès au territoire et l'environnement. Les Innus souhaiteraient être mieux informés, particulièrement en ce qui concerne les effets du projet sur l'environnement. |
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Cycle du mercure[PDF – 1,9 Mo]
L'exposition au mercure des habitants de la région augmentera légèrement, mais demeurera largement sous les seuils au-delà desquels des effets néfastes pourraient être appréhendés. Le programme de suivi d'Hydro-Québec vise à assurer que les populations locales puissent continuer à profiter des bienfaits pour la santé que procure la consommation de poissons, tout en évitant un effet potentiel lié à la présence de mercure.
Ce suivi comprend trois volets :
Le suivi du mercure s'étendra sur 25 ans, selon l'évolution des concentrations de mercure dans la chair des poissons.
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Comme le mercure est présent naturellement dans tout le Nord du Québec, il est déjà recommandé aux habitants de la région de respecter des limites de consommation, surtout pour les espèces qui consomment d'autres poissons. La création des réservoirs de la Romaine nécessitera l'abaissement de ces limites pendant un certain nombre d'années. Durant cette période, des recommandations de consommation seront communiquées régulièrement aux populations concernées. Hydro-Québec et les organismes de santé publique de la région détermineront conjointement quels moyens utiliser pour informer les populations locales des risques et avantages associés à la consommation de poissons. Hydro-Québec a analysé le risque potentiel pour la santé lié à la consommation de poissons pêchés dans les réservoirs de la Romaine de concert avec l'Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord et Santé Canada. Les résultats de cette analyse se résument comme suit :
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À l'état naturel, le mercure est présent sous plusieurs formes dans la végétation et dans les sols forestiers. Sous sa forme inorganique, le mercure est difficilement assimilé par les organismes aquatiques, dont les poissons. Pour se retrouver dans la chaîne alimentaire, le mercure inorganique doit d'abord être transformé en méthylmercure sous l'effet de la décomposition bactérienne de matières végétales submergées : feuilles, aiguilles, mousses, humus, etc. Très résistants au pourrissement, les arbres submergés ne participent pas à cette transformation. Le niveau d'augmentation du mercure dans la chair des poissons après la mise en eau d'un réservoir dépend non pas de la quantité de mercure inorganique présent dans le sol, mais plutôt de la quantité de matière organique submergée soumise à la décomposition. Cette augmentation est temporaire, car les matières végétales se décomposent rapidement. Le suivi des teneurs en mercure dans les poissons des réservoirs montre un retour aux teneurs naturelles de 10 à 30 ans après la mise en eau, selon les espèces. |
Les sites archéologiques qui ont été découverts dans le cadre de l'étude d'impact du projet – dont le plus ancien date d'environ 4 000 ans – ont permis d'approfondir les connaissances sur l'occupation du bassin de la Romaine. Rappelons que les Amérindiens sont présents sur la Côte-Nord depuis plus de 6 000 ans.
Les sites anciens repérés le long de la Romaine recèlent notamment des signes d'activités de chasse à la sauvagine et de pêche ainsi que des traces d'habitations temporaires. Deux lieux de sépulture d'une centaine d'années ont également été répertoriés.
La présence d'objets tels que des chaudrons, couteaux, fusils et perles de verre témoigne du développement des échanges entre Amérindiens et Européens à partir des XVIe et XVIIe siècles.
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En tout, 338 zones à potentiel archéologique ont été inventoriées. Ces zones ont été visitées et sondées, ce qui a permis de mettre au jour 77 sites archéologiques, dont 20 remontent à plus de 500 ans. Au cours de l'été 2010, on a procédé à l'inventaire de six zones supplémentaires réparties entre deux secteurs du site d'implantation de l'aménagement de la Romaine-2. Le premier secteur comprend une série de petits lacs qui constituaient un axe de circulation traditionnel entre le lac Puyjalon et la rivière Romaine. Aucun site n'a a été repéré dans ce secteur. Le deuxième secteur touche la partie amont de la rivière de l'Abbé-Huard, soit l'endroit où les familles d'Ekuanitshit quittaient les grandes voies d'eau pour emprunter des lacs et de petits cours d'eau qui leur donnaient accès à l'intérieur des terres. Un nouveau site associé à une occupation datant de la seconde moitié du XXe siècle a été repéré dans ce secteur. Au cours des prochaines années, la fouille des sites découverts dans la zone d'étude du projet permettra de documenter de façon précise les périodes de présence humaine le long de la Romaine. Mise au jour d'une cabane de trappeur et reconstitution par modélisation : |
Les recherches archéologiques menées depuis 1999 visent à repérer, identifier et enregistrer les traces matérielles qui témoignent de la vie des groupes ou sociétés d’autrefois. Dans le but de préserver le patrimoine archéologique de la rivière Romaine, des archéologues ont analysé la zone d'étude et déterminé les endroits où des groupes amérindiens et des trappeurs de la côte étaient susceptibles d'avoir séjourné. Les sites mis au jour dans les secteurs qui seront touchés par le projet de la Romaine feront l’objet de relevés et de fouilles. |
Le saumon atlantique est en déclin dans la rivière Romaine, et sa situation est préoccupante sur la côte Est de l'Amérique du Nord. Le programme de suivi d'Hydro-Québec, en association avec les programmes de mise en valeur du saumon de la Romaine et de la Côte-Nord, contribuera à améliorer la situation de l'espèce.
Le suivi mené par Hydro-Québec dans la rivière Romaine et ses affluents comporte les activités suivantes :
Ces activités se dérouleront sur une période d'au moins vingt ans.
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Au cours de l'été 2010, une barrière de comptage a permis de dénombrer 53 saumons en montaison. Si on ajoute les captures effectuées par les pêcheurs en aval de la barrière, entre 99 et 151 saumons auraient remonté la rivière. Cependant, comme le taux d'exploitation du saumon par la pêche dépasse 50 %, le nombre de saumons ayant effectivement frayé se situerait entre 20 et 32. Le décompte des nids de saumon dans la rivière Romaine et ses affluents a permis de constater une baisse de la population depuis 2003. Afin de déterminer le taux de survie du saumon dans la Romaine, 785 œufs de saumon fécondés en pisciculture ont été implantés dans les frayères. Un suivi sera assuré en 2011 après la période d'éclosion des œufs. Hydro-Québec a soumis au comité de mise en valeur du saumon une étude de faisabilité visant l'augmentation du potentiel salmonicole du bassin versant de la rivière Puyjalon (soit sur un de ses tributaires la Bat-le-Diable). Le programme de compensation des impacts sur le saumon vise à consolider et à augmenter les populations de saumons sur la Côte-Nord, en priorité en Minganie. Comme la régularisation de la Romaine devrait faciliter la montaison des saumons géniteurs au-delà des chutes à Charlie (PK 35), on prévoit aménager des frayères et des abris à tacons en amont pour favoriser la reproduction. Le régime de débits réservés écologiques en aval de l'aménagement de la Romaine-1 sera modulé en fonction des besoins spécifiques du saumon atlantique. Compte tenu des besoins du saumon, notamment, Hydro-Québec appliquera le régime de débits réservés suivant : Le débit réservé est le débit qui doit être maintenu en aval d'un aménagement hydroélectrique à des fins autres que la production d'énergie électrique.
Pendant la période de reproduction, Hydro-Québec maintiendra un débit constant pour éviter de déranger les géniteurs. De plus, l'exploitant limitera les fluctuations journalières du débit afin de protéger les saumons juvéniles. Hydro-Québec mise également sur un ambitieux programme de mise en valeur du saumon de la Romaine. Étalé sur 20 ans, ce programme pourrait comprendre les activités suivantes :
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Le saumon atlantique fréquente le tronçon de la rivière Romaine compris entre l'embouchure et la Grande Chute (PK 52,5), un obstacle infranchissable où sera construit le barrage de la Romaine-1. Obstacles naturels à la circulation du saumon [PDF – 1,31 Mo]Le saumon atlantique a fait l'objet d'une attention particulière dans le cadre de l'étude d'impact du projet de la Romaine, car il s'agit du poisson le plus valorisé dans la région, tant par les Innus que par les Minganois. Sur une période d'environ un mois, pendant la deuxième étape de la mise en eau du réservoir de la Romaine-2, le débit en aval du barrage sera assuré uniquement par les apports des tributaires. Ces apports ne seront pas assez importants pour maintenir le débit réservé prévu en phase d'exploitation. Durant la phase d'exploitation du complexe de la Romaine, on s'attend à ce que les saumons pénètrent dans la rivière à la fin mai plutôt qu'à la mi-juin. De plus, ils devraient franchir les obstacles plus facilement et se rendre en amont des chutes à Charlie (PK 35) en plus grand nombre. |
Ensemencement en poissons
Notre suivi des populations de poissons et de leur habitat s'étalera jusqu'en 2035. Il nous permettra d'évaluer le maintien de la diversité et de l'abondance des espèces dans les réservoirs et dans les tronçons de la rivière Romaine. Il permettra aussi de décrire l'utilisation de l'habitat du poisson en réservoir et d'évaluer les succès des ensemencements et des aménagements destinés à améliorer l'abondance des poissons.
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En amont de la Grande Chute, la production globale de poissons sera maintenue. Dans les réservoirs, il y aura une diminution de l'abondance relative des poissons plus vulnérables aux conditions lacustres, en particulier l'omble de fontaine. Omble de fontaine (truite mouchetée) Grand corégone |
En 2009, Hydro-Québec a amorcé un suivi du caribou forestier qui se poursuivra jusqu'en 2025. L'objectif : évaluer les effets de la construction et de l'exploitation du complexe de la Romaine sur cet animal. En plus des aménagements et de la route de la Romaine, la zone d'étude englobe les lignes de transport qui raccorderont le complexe au réseau.
Le suivi du caribou comprend trois volets : des inventaires aériens périodiques, un suivi télémétrique et une évaluation de la qualité de l'habitat.
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En mars 2009, la zone d'étude a fait l'objet d'un inventaire aérien qui a permis de recenser 240 caribous sur 14 000 km2, une densité comparable aux chiffres enregistrés sur la Côte-Nord et ailleurs au Québec. Avec la collaboration du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, on a capturé des caribous femelles en 2009 et en 2010 afin de les équiper de colliers émetteurs (en mars 2011, 25 femelles étaient munies de colliers). Des prélèvements sanguins ont révélé qu'une forte proportion des femelles capturées étaient gravides. D'après les survols effectués plus tard en saison, le taux de survie des faons se serait établi à 30 % en 2009 et à 50 % en 2010, soit des chiffres comparables à ceux qui ont été observés ailleurs au Québec. Les résultats préliminaires indiquent aussi que les caribous utilisent un vaste territoire. Au cours de l'été 2009, nous avons également procédé à un inventaire du lichen pour évaluer la qualité des habitats d'alimentation du caribou. Conclusion : le lichen ne constitue pas un facteur limitant dans la zone d'étude, qui pourrait en fait supporter 4,5 fois plus de caribous. D'après le suivi réalisé en 2009 et en 2010, le caribou forestier fréquente peu les secteurs où l'on prévoit créer 61 aires industrielles de chantier au sud de l'aménagement de la Romaine-2 (principalement dans la vallée). |
Le caribou forestier est une espèce valorisée par les Innus et est considérée comme vulnérable au Québec et menacée au Canada. Le caribou forestier est particulièrement sensible au dérangement humain. La présence des aménagements pourrait ainsi modifier sa répartition sur le territoire. Les réservoirs, notamment, pourraient faciliter les déplacements de l'animal, alors que la route pourrait contribuer au dérangement. |
Hydro-Québec a entrepris un suivi des activités du castor sur le tracé de la route de la Romaine. L'information obtenue sera prise en compte dans la conception, la construction et la gestion de la route.
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En 2009 et en 2010, on a procédé à l'inventaire des barrages et des colonies de castors qui se trouvent à proximité des traversées de cours d'eau du réseau routier du complexe de la Romaine. Compte tenu du calendrier des travaux de construction, l'inventaire s'est étendu jusqu'au kilomètre 120 de la route de la Romaine, y compris les accès aux ouvrages de la Romaine-3, de la Romaine-2 et de la Romaine-1. L'inventaire du dernier tronçon de la route suivra plus tard. Au vu des résultats obtenus, on a produit deux atlas qui montrent la priorité et la nature des interventions recommandées pour chaque traversée, compte tenu des facteurs suivants : niveau d'activité des castors, volume d'eau retenu par le barrage, relief, risques de dommages pour la route (coupure, érosion ou inondation). Sur les 305 traversées de cours d'eau inventoriées en 2010, 8 représentent une priorité élevée, 44, une priorité moyenne et 253, une priorité faible. Plusieurs moyens peuvent être utilisés pour protéger les plus importantes traversées de cours d'eau : piégeage ou déplacement des castors, démantèlement des barrages, surdimensionnement des ponceaux ou ajout de dispositifs spéciaux aux extrémités de ceux-ci. On a déjà procédé à ce type d'interventions en 2009 et en 2010, et d'autres sont prévues en 2011. Un suivi permettra de conserver la maîtrise de la situation et de déterminer si des mesures supplémentaires sont nécessaires. Ce suivi a pour but d'ajuster la conception de la route de la Romaine en fonction des activités du castor. |
L'aménagement du complexe de la Romaine exige la construction d'une route d'environ 150 km pour l'accès aux différents ouvrages. Le castor peut causer des dommages aux voies routières en obstruant les ponceaux ou en établissant des barrages en amont qui peuvent représenter des risques d'inondation. |
Le suivi des populations d'oiseaux vise plusieurs objectifs. Il s'agit de valider l'impact des réservoirs sur la sauvagine et de vérifier l'utilisation des milieux humides aménagés pour l'atténuer ou le compenser cet impact. On contrôlera également l'utilisation d'autres installations, soit des nichoirs à canard arboricole et des plateformes à balbuzard. De plus, un nid d'aigle royal situé près d'une réserve de carburant sera surveillé. S'il vient à être utilisé, on fermera la réserve à carburant pour ne pas déranger le couple. Le calendrier du suivi variera selon les espèces, mais l'ensemble du programme sera terminé en 2025.
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Sauvagine
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La présence des réservoirs entraînera la perte de milieux humides, qui constituent des habitats de reproduction pour les canards et pour d'autres espèces d'oiseaux. La présence des réservoirs entraînera l'ennoiement de plans d'eau et de milieux humides généralement favorables à la nidification et à l'élevage des couvées de canards arboricoles et de harles. Les nichoirs et les chicots offriront des supports pour compenser ces pertes. Des nichoirs seront installés spécifiquement pour le garrot d'Islande, une espèce protégée. |
Oiseaux de proie
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Le déboisement des réservoirs touchera huit nids d'oiseaux de proie, dont deux nids de balbuzards pêcheurs. L'interdiction de déboiser et l'installation des plateformes permettront d'atténuer les pertes. La nidification du couple aurait pu être dérangée par la construction de la route et de travaux de dynamitage à proximité. |
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Le suivi permettra de déterminer si les nids d'aigle royal sont utilisés ou non. Dans le cas où le nid situé à proximité du dépôt à carburant serait utilisé, le dépôt sera fermé afin de réduire le dérangement. Même si ces nids ne sont pas situés à l'intérieur des limites des zones ennoyées, ce suivi permettra de vérifier si un accroissement de la population d'aigle royal a lieu dans la vallée comme observée dans d'autres régions du Québec. |
Oiseaux forestiers
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La présence des réservoirs, des ouvrages et des accès entraînera des pertes d'habitats pour les oiseaux forestiers. |
Deux populations de matteuccie fougère-à-l'autruche (Matteuccia struthiopteris) et cinq populations d'hudsonie tomenteuse (Hudsonia tomentosa) ont été recensées dans la zone d'étude du projet. Hydro-Québec a élaboré un programme de transplantation pour ces deux espèces rares.
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Le programme de transplantation de ces deux espèces a pour but d'assurer leur maintien dans la zone d'étude. Des opérations de transplantation de matteuccie et d'hudsonie se sont déroulées en 2009 et en 2010. En ce qui concerne la matteuccie, la méthode retenue est couramment utilisée et offre un taux de succès élevé. Dans le cas de l'hudsonie, on poursuit les essais de même que des travaux exploratoires en collaboration avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune afin de trouver une méthode de propagation efficace. Entre autres activités, on a réalisé des études et des essais en serre afin de mieux connaître le mode de reproduction de l'hudsonie. Ces travaux ont permis d'améliorer les connaissances sur l'espèce et de déterminer les précautions nécessaires au bon déroulement de la transplantation, de l'ensemencement ou de la production de semis. Les essais de transplantation ont été effectués dans les secteurs de la Romaine-1 et de la Romaine-4. Les sites choisis abritent des dunes actives, qui représentent l'habitat type de l'hudsonie tomenteuse. Sur le terrain, le succès de transplantation de l'hudsonie a été supérieur aux attentes pour la première année, avec un taux de survie de 56 %, soit 10 plants sur les 18 transplantés en 2009. Dans le cas de la matteuccie, 15 plants sur 24 (63 %) ont survécu à leur première année. |
La création du réservoir de la Romaine-2 entraînera la perte des deux populations de matteuccie, tandis que la création du réservoir de la Romaine-4 fera disparaître quatre des cinq populations d'hudsonie. |
Embouchure de la rivière Romaine
Mye commune
Le suivi dans le secteur de l'embouchure de la Romaine couvrira :
On a utilisé un modèle numérique tridimensionnel pour prévoir l'effet de l'exploitation du complexe de la Romaine sur la production planctonique du chenal de Mingan.
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Embouchure de la RomaineLes différents suivis permettront de déterminer les pertes d'habitats pour les espèces visées. Au besoin, on pourra proposer des mesures d'atténuation afin de maintenir la qualité du substrat pour le capelan et l'éperlan arc-en-ciel ou mettre en œuvre des programmes de compensation pour la zostère marine et la mye commune. |
Les habitats fauniques de la zone de l'embouchure seront conservés. |
Chenal de MinganLa température, la salinité, les sels nutritifs et la chlorophylle seront mesurés dans la colonne d'eau dans la zone de l'embouchure et dans le chenal de Mingan. Les mesures serviront à valider le modèle de production planctonique en conditions d'exploitation, soit lorsque le remplissage du réservoir de la Romaine-2 et la mise en marche de la centrale de la Romaine-2 auront modifié le débit de la rivière Mingan. |
Les ressources halieutiques comme le crabe des neiges et le pétoncle d'Islande seront conservées. |
Le suivi de la dynamique sédimentaire dans le bassin de la rivière Romaine comporte trois volets :
En août 2009, Hydro-Québec a entrepris une étude complémentaire sur la qualité des substrats de fraie du saumon atlantique en conditions naturelles. L'objectif est de mieux évaluer les conditions nécessaires à la survie des œufs de saumon.
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Les premiers résultats de cette étude sont les suivants :
On poursuivra cette étude en 2010 et en 2011 pour couvrir deux cycles annuels d'incubation. Les points étudiés seront les suivants :
Les mêmes paramètres seront évalués après la mise en eau des réservoirs de la Romaine-2 et de la Romaine-1. L'étude complémentaire et le suivi permettront de déterminer si des mesures d'atténuation sont nécessaires au maintien de la qualité du substrat des frayères à saumon atlantique. |
Le suivi de la dynamique sédimentaire dans le tronçon aval de l'aménagement de la Romaine-1 permettra de vérifier si la diminution de la fraction sableuse du lit et des bancs riverains entraîne des pertes d'habitat notables. |
Rivière-au-Tonnerre :L'augmentation appréhendée de la circulation sur la route 138 suscitait des préoccupations concernant la sécurité des utilisateurs (piétons, cyclistes et automobilistes) et le bruit. Le suivi effectué en 2010, soit un an après le début du chantier de la Romaine, reposait sur les moyens suivants :
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Les opérations de suivi ont permis de tirer les constats suivants :
Ces constats et les préoccupations exprimées par la population locale ont conduit à l'élaboration de différentes mesures, notamment :
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Ce suivi a pour but d'analyser la circulation qui est générée par le chantier de la Romaine et d'en mesurer les effets au chapitre du bruit et de la sécurité afin de prendre des mesures correctives pertinentes et efficaces. Appareils de comptage devéhicules (Transports Québec) |
Innu Aitun (« la vie innue ») désigne toutes les activités, dans leur expression traditionnelle ou contemporaine, rattachées à la culture nationale, aux valeurs fondamentales et au mode de vie traditionnel des Innus associés à l’occupation et à l’utilisation de Nitassinan, et au lien spécial qu’ils possèdent avec la Terre. Sont incluses notamment toutes les pratiques, coutumes et traditions dont les activités de chasse, de pêche, de piégeage, de cueillette et de troc à des fins alimentaires, sociales et rituelles. Tous les aspects culturels, sociaux et communautaires en font partie. La pratique d’Innu Aitun implique l’utilisation d’espèces animales, végétales et minérales ainsi que de l’eau et d’autres substances naturelles.
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