|
En parlant de la crue des eaux, peut-on dire qu'elle
est millénaire ou millennale ? Il s'agit ici de désigner
une crue qui est susceptible de se produire une fois au cours d'une période
de mille ans, c'est-à-dire dont la probabilité de récurrence
est d'une fois par mille ans.
Le terme millénaire désigne ce qui a mille ans,
une période de mille ans ou un millième anniversaire1,2,3.
Il ne devrait donc pas être employé lorsqu'on veut signifier
qu'un phénomène peut revenir tous les mille ans.
Bien que millennal ne soit pas répertorié
dans les dictionnaires généraux, il est bien formé
- sur le modèle de décennal et de centennal - et correspond
au sens qui nous intéresse. Comme le terme décennal désigne
ce qui se fait ou ce qui revient tous les dix ans et centennal, tous les
cent ans1,2,3, millennal désigne donc ce qui se produit ou ce qui
revient tous les mille ans.
Après consultation de plusieurs ouvrages spécialisés,
on constate que millennal tend à remplacer millénaire. En
effet, dans les textes plus anciens, les auteurs n'employaient que millénaire.
Sans doute hésitaient-ils à créer un néologisme
et avaient, de ce fait, étendu le sens de millénaire. Toutefois,
puisque décennal et centennal existaient déjà, on
constate que par suite de l'évolution de la langue, le terme millennal
est maintenant celui qui est le plus employé dans la documentation
récente.
De plus, un organisme international qui groupe les plus
grands spécialistes dans le domaine des barrages et de l'hydrologie,
la Commission internationale des grands barrages, recommande l'emploi des
termes suivants dans son dictionnaire4
: crue décennale, crue centennale, crue millennale.
Par conséquent, en nous fondant sur ce qui précède,
on désignera par crue vicennale1
une crue qui est susceptible de se produire une fois tous les vingt ans.
Quant à une crue qui peut survenir tous les cinquante ans, nous
proposons crue quinquagennale, expression formée sur le modèle
de crue vicennale. Nous aurons ainsi une famille de termes utilisant le
même suffixe ; ce qui ne peut que faciliter la compréhension
des textes.
Jean-Marc Lambert
Chronique Pour bien se comprendre d'Hydro-Presse, fin mars 1981.
Références
1. Grand Larousse de la langue française, 1971-1978.
2. ROBERT, Paul, Dictionnaire alphabétique et analogique de la
langue française, 1958-1964.
3. Dictionnaire Quillet de la langue française, 1975.
4. COMMISSION INTERNATIONALE DES GRAND BARRAGES, Dictionnaire technique
des barrages, 1978.
Autres sources consultées
COMMISSION INTERNATIONALE DES GRAND BARRAGES, « Détermination
des crues de projet », Onzième congrès des grands
barrages, Madrid, 1973.
ÉLECTRICITÉ DE FRANCE, Service ressources en eau, Résumé
sur les méthodes d'évaluation des crues extrêmes.
GINOCCHIO, Roger, L'énergie hydraulique.
SCHULE, Alain, « Les débits de crue des rivières des
plaines océaniques à travers l'exemple de la Sarthe et de
la Mayenne », Bulletin des sciences hydrologiques, vol. XXII,
no 1, 1977.
Personne-ressource
RASSAM, Jean-Claude, chef de division, Régulation des ressources,
service Charges et Ressources, direction Production.
Reproduction autorisée avec mention de la source.
|