Champs électriques et magnétiques

Effets sur la santé humaine

Voilà maintenant plus de 40 ans que la recherche se poursuit. À ce jour, plusieurs centaines d'études épidémiologiques ont été réalisées auprès de diverses populations exposées. Également, plusieurs études expérimentales en laboratoire ont exploré les effets des champs sur les cellules vivantes, diverses espèces animales et l'humain.

Ces études n'ont pas pu mettre en évidence un effet clair des champs pour les intensités mesurées dans l'environnement résidentiel ou au travail. Le doute quant à la possibilité qu'un champ magnétique puisse accroître le risque de leucémie chez l'enfant n'a pas été confirmé par les études plus récentes.


Avis du conseil Médical – Direction – Santé et sécurité d'Hydro-Québec
Les champs électriques et magnétiques de 60 Hz et la santé – 2013-06-13 [PDF]

Plusieurs autorités de santé publique ont mandaté des groupes d'experts pour faire le point sur les connaissances à ce sujet. Leurs principales conclusions apparaissent sous l'onglet « Santé », ci-dessous.

État de la recherche sur les effets des champs électriques et magnétiques à 60 Hz sur la santé humaine

Cliquer sur l'un des sujets ci-dessus pour plus d'informations

Les travaux réalisés à l'échelle cellulaire n'ont révélé aucun effet marquant des champs magnétiques à des niveaux inférieurs à 50 µT. Les études expérimentales sur les animaux n'ont pas fait état d'effet toxique à des niveaux d'exposition de 5 000 µT, qui sont de 25 000 à 100 000 fois plus importants que les niveaux ambiants en milieu résidentiel.

Aucun effet nocif sur l'état général ni sur le comportement des animaux n'a été signalé. Chez l'humain, il semble qu'une exposition à court ou à moyen terme aux champs magnétiques n'entraîne pas de symptômes tels que le mal de tête, la difficulté à se concentrer, la fatigue chronique ou l'étourdissement.

Opinions d'experts sur les effets des champs magnétiques sur la santé générale

Plusieurs opinions sur les effets des CÉM sur la santé ont été émises soit par des groupes d'experts mandatés par des institutions publiques nationales ou par des organismes internationaux, soit par des spécialistes agissant de leur propre initiative. Voici les plus récentes :

Comité fédéral-provincial-territorial de la radioprotection (2008)

Le Comité fédéral-provincial-territorial de la radioprotection est un organisme fédéral qui, sous l'égide de Santé Canada, est chargé de veiller au développement et à l'harmonisation des pratiques et des normes de radioprotection au sein des instances fédérales, provinciales et territoriales. Dans son site Web, ce comité a mis en ligne sa position face aux inquiétudes de la population à l'égard des CÉM associés aux lignes de transport et de distribution d'électricité. On peut y lire :

« ... il n'y a pas assez de preuves scientifiques pour montrer qu'une exposition aux CÉM émis par les lignes de transport peut causer des effets nuisibles sur la santé, comme le cancer. Par conséquent, il n'est pas nécessaire d'émettre d'avertissement à l'intention des personnes qui vivent ou passent des périodes de temps à proximité des lignes de transport. »

Santé Canada (2012)

Santé Canada est le ministère fédéral qui est chargé de la santé au Canada. Dans son site Web, Santé Canada a mis en ligne une série de pages d'information sur un certain nombre de questions de santé et de sécurité qui touchent le grand public. Une de ces pages est consacrée aux CÉM de fréquences extrêmement basses. On peut y lire :

« De l'avis de Santé Canada, il n'est pas nécessaire de chercher à vous protéger de l'exposition quotidienne aux champs électriques et magnétiques de fréquence extrêmement basse. Il n'y a aucune preuve concluante montrant que l'exposition aux niveaux trouvés dans les maisons et les écoles du Canada, y compris en bordure des corridors des lignes électriques, a un effet nocif »

Organisation mondiale de la santé (2007)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est un organisme des Nations Unies spécialisé dans les questions touchant la santé. En 1996, l'OMS a lancé le programme Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques dans le but d'évaluer les effets sur la santé et l'environnement de l'exposition aux CÉM en collaboration avec des agences et des instituts de recherche nationaux et internationaux. Dans un aide-mémoire publié en 2007 à la suite d'une évaluation méticuleuse de l'ensemble des données scientifiques disponibles l'OMS affirme :

« En octobre 2005, l'OMS a réuni un groupe spécial constitué d'experts scientifiques afin d'évaluer les risques pour la santé que pourrait entraîner une exposition aux champs électriques et magnétiques ELF dans la gamme des fréquences comprises entre 0 et 100 000 Hz (100 kHz). (...) À la suite d'un processus d'évaluation standard des risques sanitaires, le groupe spécial a conclu qu'il n'existe pas de problèmes de santé notables liés aux champs électriques ELF aux intensités généralement rencontrées par le grand public. »

Pour les champs magnétiques, l'OMS conclut :

« Concernant les effets à long terme, étant donné la faiblesse des éléments établissant un lien entre l’exposition aux champs magnétiques ELF et la leucémie infantile, les avantages que l’on pourrait tirer d’une diminution de l’exposition pour la santé sont difficiles à établir. »

Vidéo (2013) : Champs électriques et magnétiques : Plus de 40 ans d'études scientifiques

L’Organisation mondiale de la santé a mis sur pied en 1996 un vaste programme consacré aux champs électriques et magnétiques.

Michael Repacholi a dirigé ce programme de 1996 à 2006 et parle des résultats des études scientifiques.

Vidéo (2013) : Champs électriques et magnétiques : Une étude scientifique québécoise

Dans le domaine des champs magnétiques, les études expérimentales sur l’animal sont très importantes. Les scientifiques peuvent exposer des animaux à des champs magnétiques très intenses en conditions contrôlées.

Une des premières études de ce genre a été réalisée ici, au Québec. La docteure Rosemonde Mandeville, à l’Institut Armand-Frappier, parle des résultats de cette étude qu’elle a dirigée.

Les études in vitro n'ont pas montré d'effets génétiques ni de mécanismes qui puissent expliquer comment les champs magnétiques pourraient transformer une cellule normale en cellule cancéreuse. Les études expérimentales de longue durée sur les animaux n'ont pas démontré non plus d'effet cancérogène des champs magnétiques. Les études épidémiologiques présentent des résultats moins tranchés, mais les plus importantes d'entre elles n'ont pas révélé de lien entre l'exposition résidentielle ou professionnelle aux champs magnétiques et le risque de cancer.

Études expérimentales sur les animaux

Les études expérimentales sur les rongeurs, utilisant des protocoles standardisés d'évaluation de la cancérogénicité, ont été réalisées sur des rats et des souris des deux sexes. Les niveaux d'exposition maximaux allaient jusqu'à 1 000 ou 5 000 µT et les durées d'exposition variaient de 18 à 22 heures par jour pour des périodes allant jusqu'à 2 ans. Toutes ces études comprenaient des analyses histopathologiques complètes pour la détection des tumeurs dans les divers organes. Aucune étude n'a mis en évidence une activité cancérogène significative des champs magnétiques.

Une autre hypothèse est que les champs magnétiques n'augmenteraient pas en eux-mêmes le cancer, mais pourraient modifier l'action d'un autre produit cancérogène. Plus de vingt expériences ont été réalisées pour tester cette hypothèse, soumettant les animaux à un produit cancérogène connu puis aux champs magnétiques. Leurs résultats, dans l'ensemble, ont été négatifs.

Pour en savoir plus sur les études expérimentales sur les animaux portant sur la cancérogénicité des champs magnétiques

Depuis 1997, quatre études de longue durée portant sur les animaux et comportant au total sept expériences distinctes ont été publiées. La première a été réalisée au Québec (Canada) par une équipe de l'Institut Armand-Frappier dirigée par la chercheuse R. Mandeville (Mandeville et coll., 1997). Dans cette étude, quatre groupes de rats femelles ont été exposés 20 heures par jour pendant toute leur vie à des champs magnétiques de 2, 20, 200 et 2 000 µT (cette dernière intensité équivaut à environ 13 000 fois le niveau des champs magnétiques ambiants d'une maison). Ces groupes de rats ont été comparés à des groupes témoins vivant dans les mêmes conditions de laboratoire, mais sans exposition significative aux champs magnétiques. À la fin de la période d'exposition des rats, près d'une cinquantaine d'organes et de tissus biologiques ont fait l'objet d'une analyse visant le repérage des tumeurs bénignes et malignes (cancers). Aucune augmentation du nombre de tumeurs n'a été observée chez les animaux les plus exposés aux champs magnétiques par rapport aux animaux non exposés.

La seconde étude, publiée elle aussi en 1997, a été réalisée au Japon par une équipe dirigée par Y. Otaka de l'institut Mitsubishi Kasei des sciences toxicologiques et environnementales. Elle portait sur des rats mâles et femelles (Yasui et coll., 1997). Le niveau maximal d'exposition dans cette étude était plus élevé que ceux de l'étude québécoise, soit 5 000 µT. Ici non plus, aucune augmentation du nombre de tumeurs n'a été observée chez les animaux exposés comparativement aux animaux témoins.

Les deux autres études, publiées en 1999, ont été réalisées aux États-Unis en collaboration avec le National Institute of Environmental Health Sciences et ont utilisé les protocoles traditionnels pour évaluer la cancérogénicité (Boorman et coll., 1999 ; McCormick et coll., 1999). Les niveaux d'exposition maximaux étaient de 1 000 µT. L'une portait sur des rats, mâles et femelles, et l'autre, sur des souris, également mâles et femelles. Les résultats montrent encore une fois peu ou pas d'indices que ces expositions augmentent le risque de tumeurs.

(Toutes les références bibliographiques sont en anglais seulement.)


Études épidémiologiques - Champs magnétiques et cancers chez l'enfant

En ce qui concerne les champs magnétiques et la leucémie infantile, certaines études épidémiologiques font état d'un risque relatif de l'ordre de 1,5 à 2,5, particulièrement quand l'exposition des enfants est fondée sur la présence de lignes électriques dans le voisinage de leur domicile. Cependant, cette association n'a pas été observée dans le cadre d'autres études, dont les résultats sont fondés sur la mesure réelle des champs magnétiques dans les domiciles des enfants. Les analyses combinées d'études épidémiologiques de bonne qualité indiquent que le risque de leucémie augmenterait chez les enfants exposés en milieu résidentiel à un champ magnétique de plus de 0,3 µT ou de 0,4 µT. Les auteurs de ces analyses ont cependant exprimé de sérieuses réserves quant aux méthodes qu'ils ont utilisées pour examiner ces études et combiner leurs résultats. Par ailleurs, une méta-analyse a montré que l'exposition aux champs magnétiques n'augmentait pas le risque de cancer du cerveau chez les enfants.

Pour en savoir plus sur ces analyses

Analyse d'A. Ahlbom
En 2000, une analyse combinée sur le lien possible entre la leucémie infantile et l'exposition aux champs magnétiques a été réalisée par A. Ahlbom. Cette analyse portait sur neuf études épidémiologiques dans lesquelles l'exposition au champ magnétique avait été soit mesurée, soit calculée. Les trois plus grosses études publiées à ce jour sur ce sujet (Linet et coll., 1997 ; McBride et coll., 1999 ; Cheng et coll., 1999) ont été incluses dans l'analyse. L'ensemble des neuf études couvrait divers pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Suède, Danemark, Finlande, Norvège, Allemagne et Nouvelle-Zélande) dont chacun présente des situations d'exposition qui lui sont propres. Regrouper les sujets de ces neuf études a permis de comparer les niveaux d'exposition de 3 203 enfants atteints de leucémie à ceux de 10 338 enfants exempts de cette maladie. Les résultats montrent que l'exposition des enfants à des champs magnétiques inférieurs à 0,4 µT n'augmente pas le risque de leucémie, alors que l'exposition à 0,4 µT et plus double ce risque. Cependant, les auteurs de cette analyse n'excluent pas la possibilité qu'un mauvais regroupement des cas de leucémie et des témoins puisse exister dans au moins une des neuf études, ce qui expliquerait en partie les résultats de l'analyse combinée.

Résumé de l'analyse dans PubMed [En anglais seulement]

Analyse de S. Greenland
La même année, S. Greenland a effectué une analyse combinée sur le même sujet. Cette dernière portait sur douze études épidémiologiques, dont celles de Linet (1997) et de McBride (1999). L'ensemble des douze études couvrait les mêmes pays que les études utilisées par Ahlbom. Regrouper ces études a permis de comparer les niveaux d'exposition de 2 656 enfants atteints de leucémie à ceux de 7 084 enfants exempts de cette maladie. Cette analyse a fait ressortir que l'exposition des enfants à des champs magnétiques inférieurs à 0,3 µT n'augmente pas le risque de leucémie, alors que l'exposition à 0,3 µT et plus augmente ce risque. Ici non plus, les auteurs n'excluent pas la possibilité que le choix arbitraire et la nature différente des mesures de champs magnétiques retenues pour l'analyse combinée fassent varier directement ces résultats.

Résumé de l'analyse dans PubMed [En anglais seulement]

Analyse de G. Mezei
Une méta-analyse sur le lien possible entre le cancer du cerveau chez les enfants et l'exposition aux champs magnétiques a été réalisée en 2008 sous la direction de G. Mezei. Elle portait sur 13 études épidémiologiques dans lesquelles l'exposition au champ magnétique avait été soit mesurée, soit calculée. Ces études ont été menées dans divers pays (États-Unis, Royaume-Uni, Norvège, Suède, Danemark, Finlande, Taiwan, Japon) dont chacun présente des situations d'expositions qui lui sont propres. Le fait de regrouper les sujets de ces 13 études revenait à comparer les niveaux d'exposition de 9 196 enfants atteints d'un cancer du cerveau à ceux de 12 348 enfants exempts de cette maladie. Le résultat de cette analyse a montré que l'exposition des enfants aux champs magnétiques n'augmentait pas le risque de cancer du cerveau.

Résumé de l'analyse dans PubMed [En anglais seulement]
Pour en savoir plus sur les études épidémiologiques sur l'exposition aux champs magnétiques et le cancer chez l'enfant

Vingt-six études épidémiologiques portant sur l'exposition aux champs magnétiques et les cancers infantiles ont été réalisées. Elles ne sont pas toutes de qualité égale, mais les plus récentes ont utilisé les meilleures méthodes connues et ont porté sur de très grandes populations, ce qui devait produire des résultats plus précis. Ce sont principalement la leucémie et le cancer du cerveau qui ont fait l'objet de ces études. Chez l'enfant, ces cancers sont parmi les plus fréquents.

Les plus importantes études, effectuées aux États-Unis ainsi qu'au Canada et en Grande-Bretagne, n'ont pas démontré de risque plus élevé de leucémie chez les enfants les plus exposés aux champs magnétiques. Les résultats indiquant un risque plus élevé proviennent surtout d'études dans lesquelles l'exposition des enfants est basée sur la présence de lignes électriques dans le voisinage du domicile, alors que les études dont les résultats sont basés sur la mesure réelle des champs magnétiques dans les domiciles des enfants n'ont pu mettre en évidence une telle association.

L'étude américaine a été réalisée dans neuf États américains sous la direction de M. Linet, du National Cancer Institute (Linet et coll., 1997). Elle a porté sur 638 cas de leucémie lymphoblastique, le type de leucémie le plus fréquent chez l'enfant. Les chercheurs ont utilisé deux approches pour évaluer l'exposition aux champs magnétiques. La première consistait à comparer directement les niveaux de champs magnétiques mesurés dans les maisons des enfants. La deuxième approche comparait la densité des lignes électriques (proximité, nombre et taille des conducteurs) dans le voisinage des maisons, comme dans les études mentionnées plus haut. Le codage des conducteurs utilisé était celui qu'avait conçu Nancy Wertheimer, auteure de la première étude sur le sujet, publiée en 1979 (Wertheimer et Leeper, 1979). Contrairement à plusieurs études antérieures, cette étude n'a montré aucune association entre la densité de lignes électriques autour du domicile et le risque de leucémie [risque relatif (RR) = 0,88 ; intervalle de confiance (IC) = 0,48-1,63, pour la catégorie de densité la plus élevée]. Sur la base des champs mesurés dans les maisons, aucune association statistiquement significative n'a été observée entre le risque de leucémie et la moyenne pondérée d'exposition aux champs magnétiques des enfants, pour les catégories d'exposition qui avaient été définies au début de l'étude. Pour la catégorie des enfants exposés à plus de 0,2 µT, le risque relatif est de 1,24 (IC = 0,86-1,79). Une augmentation significative du risque a été observée à un niveau d'exposition plus élevé (0,4-5 µT), mais le risque diminue au niveau d'exposition supérieur. Les auteurs concluent que leurs résultats apportent peu d'indices permettant de soutenir l'hypothèse que l'exposition aux champs magnétiques résidentiels de 60 Hz augmente le risque de leucémie chez l'enfant.

L'étude canadienne, dirigée par M. McBride du British Columbia Cancer Agency, est une étude similaire basée sur 399 cas de leucémies recrutés parmi les enfants de cinq provinces canadiennes, dont le Québec (McBride et coll., 1999). Les chercheurs ont utilisé les deux mêmes approches que dans l'étude ci-dessus pour estimer l'exposition des cas et du groupe témoin, soit la densité de lignes électriques autour du domicile et la mesure réelle des champs magnétiques, mais cette fois en faisant porter un appareil de mesure par chaque enfant pendant 48 heures. Les résultats n'indiquent pas de lien avec la leucémie : les mesures directes montrent que le risque de leucémie n'augmente pas en fonction du niveau croissant des champs magnétiques (RR = 0,95 ; IC = 0,72-1,26). Le risque n'augmente pas non plus lorsque la densité du réseau électrique est élevée autour du domicile (RR = 1,16 ; IC = 0,58-2,3).

L'étude britannique, elle aussi publiée en 1999, a été réalisée par un grand nombre de chercheurs réunis pour l'occasion sous la bannière des UK Childhood Cancer Study Investigators (UKCCSI). Elle portait sur 995 cas de leucémie infantile recrutés en Angleterre, au Pays de Galles et en Écosse (Cheng et coll., 1999). Les chercheurs ont utilisé les mêmes approches que dans l'étude de Linet pour estimer l'exposition des enfants atteints de la maladie et du groupe témoin. Les résultats de cette étude sont similaires à ceux des études américaine et canadienne.

Il est intéressant de noter que les sept études disponibles qui ont examiné le risque de leucémie chez l'enfant au regard des champs magnétiques réels mesurés dans les résidences offrent dans l'ensemble très peu d'indices que les champs magnétiques seraient un facteur de risque de la maladie (Feychting et Ahlbom, 1993 ; Green et coll., 1999 ; Linet et coll., 1997 ; London et coll., 1991 ; McBride et coll., 1999 ; Michaelis et coll., 1997 ; Savitz et coll., 1988). Puisque la mesure des champs magnétiques dans la résidence représente non seulement le champ produit par les lignes électriques extérieures à la maison, mais également les champs produits par toutes les sources qui se trouvent à l'intérieur de celle-ci, les risques calculés sur cette base sont probablement plus précis que les risques établis uniquement en fonction de la présence de conducteurs autour des domiciles.

Quelques études ont examiné l'effet de l'utilisation d'appareils domestiques sur le risque de leucémie. Dans l'ensemble, les résultats sont négatifs. Toutefois, comme ces expositions sont généralement marginales, ces études ne peuvent véritablement servir à réfuter la présence d'un effet lié à une exposition chronique. Leurs résultats ont une portée nettement plus limitée que ceux des études mentionnées plus haut.

L'effet de l'exposition aux champs magnétiques sur le risque de cancer du cerveau chez l'enfant a également fait l'objet de plusieurs travaux. Les premières recherches avaient conduit à des résultats plutôt contradictoires. Les études les plus récentes ne montrent aucune association avec cette maladie.


Études épidémiologiques - Champs magnétiques et cancers chez l'adulte

Plus d'une centaine d'études épidémiologiques ont été publiées sur cette question. En général, ces études n'ont pas rapporté d'augmentation attribuable à l'exposition aux champs magnétiques en milieu professionnel. Cependant, certaines études suggèrent que le risque de leucémie et de cancer du cerveau des travailleurs les plus exposés seraient plus élevé. Toutefois, les résultats ne concordent pas d'une étude à l'autre et le risque présumé serait relativement faible. En ce qui concerne les cancers de l'adulte liés à l'exposition aux champs magnétiques en milieu résidentiel, les études publiées jusqu'à présent ne font généralement pas état d'un risque plus élevé chez les adultes habitant près des lignes à haute tension.

Pour en savoir plus sur les études épidémiologiques sur l'exposition aux champs magnétiques et le cancer chez l'adulte

Les données recueillies auprès des travailleurs des entreprises d'électricité montrent qu'en moyenne, les niveaux d'exposition aux champs magnétiques pour les métiers exposés sont de 10 à 15 fois supérieurs à ceux que l'on trouve en milieu résidentiel. Plusieurs dizaines d'études ont porté sur ces populations. La leucémie et le cancer du cerveau ont fait l'objet d'une attention particulière en raison des indices suggérés par les études des années 1980 et des études menées chez l'enfant.

La vaste majorité de ces études étaient de type exploratoire et utilisaient simplement le titre d'emploi pour établir le niveau d'exposition des travailleurs. Cependant, six d'entre elles ont bénéficié de méthodes de très bonne qualité, y compris des mesures de champs à l'aide de dosimètres conçus expressément pour cet usage et l'utilisation d'une population relativement homogène de travailleurs des entreprises d'électricité (Floderus et coll., 1993 ; Sahl et coll., 1993 ; Thériault et coll., 1994 ; Savitz et Loomis, 1995 ; Harrington et coll., 1997 ; Johansen et Olsen, 1998). Les quatre dernières études sont particulièrement importantes en raison du grand nombre de cas étudiés. Elles s'intéressaient à des travailleurs de l'électricité du Canada, de la France, des États-Unis, du Royaume-Uni et du Danemark.

Le chercheur G. Thériault, du Département de santé au travail de l'Université McGill, assurait la coordination scientifique de l'enquête franco-canadienne. Cette dernière a été réalisée auprès de travailleurs d'Hydro-Québec, d'Ontario Hydro et d'Électricité de France. Le professeur D.A. Savitz, de l'Université de la Caroline du Nord, a coordonné l'étude américaine effectuée auprès des travailleurs de cinq entreprises. L'étude britannique dirigée par J.M. Harrington a porté sur les employés de la CEGB, la société nationale d'électricité de la Grande-Bretagne (entreprise maintenant dissoute et remplacée par des entreprises privatisées). Le chercheur C. Johansen de la société danoise du cancer a dirigé l'étude portant sur 99 entreprises d'électricité au Danemark. Malgré leur ampleur peu commune et une nette amélioration dans l'évaluation des niveaux d'exposition des groupes comparés, ces études n'ont pas permis d'apporter de réponse définitive aux questions posées.

Ainsi, pour ce qui est du cancer du cerveau, seule l'étude de Savitz a fait état d'un risque relatif statistiquement significatif pour les travailleurs les plus exposés (RR = 2,29), avec un intervalle de confiance (IC) de 1,15 à 4,56. Ce résultat est semblable à celui de Thériault (RR = 1,95 ; IC = 0,76-5,00), mais ne concorde pas avec ceux de Sahl (RR = 0,84 ; IC = 0,54-1,33) ni avec ceux de Harrington (RR = 0,95 ; IC = 0,54-1,69) et de Johansen (RR = 0,79 ; IC = 0,6-1,0) qui n'observent aucune augmentation de risque.

Pour la leucémie, les résultats sont également discordants. Thériault signale un risque non significatif de 1,75 (IC = 0,77-3,96) chez le groupe de travailleurs le plus exposé pour l'ensemble des leucémies et un risque statistiquement significatif de 3,15 (IC = 1,20-8,27) pour la leucémie myéloïde aiguë chez les travailleurs exposés à des niveaux supérieurs à la médiane des expositions. Cependant, Sahl et Savitz ne mentionnent aucune augmentation significative.

Quelques études ont également été effectuées auprès des adultes résidant dans le voisinage de lignes à haute tension. Une étude fait état d'une augmentation du risque de leucémie (RR = 1,4 ; IC = 1,0-1,9) et d'une absence de risque de cancer du cerveau et du sein dans une population de Taiwan (Li et coll., 1997). La majorité des autres études ne montrent pas de risque significatif. La principale faiblesse de ces études est la méthode utilisée pour estimer l'exposition des sujets aux champs magnétiques.


Opinions d'experts sur la question des champs magnétiques et du cancer

Au Québec et au Canada, la question des CÉM et du risque de cancer a interpellé les autorités de santé publique. Voici leurs opinions :

Comité fédéral-provincial-territorial de la radioprotection (2008)

Le Comité fédéral-provincial-territorial de la radioprotection est un organisme fédéral qui, sous l'égide de Santé Canada, est chargé de veiller au développement et à l'harmonisation des pratiques et des normes de radioprotection au sein des instances fédérales, provinciales et territoriales. Dans son site Web, ce comité a mis en ligne sa position face aux inquiétudes de la population à l'égard des CÉM associés aux lignes de transport et de distribution d'électricité. On peut y lire :

« ... il n'y a pas assez de preuves scientifiques pour montrer qu'une exposition aux CÉM émis par les lignes de transport peut causer des effets nuisibles sur la santé, comme le cancer. Par conséquent, il n'est pas nécessaire d'émettre d'avertissement à l'intention des personnes qui vivent ou passent des périodes de temps à proximité des lignes de transport. »

Institut national de santé publique du Québec (2000)

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est un organisme relevant du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), qui a pour mission de fournir des conseils et une assistance spécialisée, y compris sous forme de services de laboratoire, de réaliser des activités de recherche ou de développement de connaissances nouvelles et de tenir des activités de formation et d'information. En 2001, le MSSS a chargé l'INSPQ de mettre à jour l'information scientifique sur les risques associés aux CÉM et d'en tirer une conclusion. Il lui a également demandé de décider de la pertinence de recommander des niveaux limites d'exposition aux CÉM de fréquences extrêmement basses et de préciser des scénarios de gestion prudente. Pour mener à bien ce mandat, l'INSPQ a constitué un groupe d'experts. Dans le rapport présenté par ces derniers, on peut lire :

« [...] le risque d'effet à la santé lié à l'exposition chronique demeure incertain. Le groupe de travail, après analyse de la preuve scientifique, considère que le lien causal entre l'exposition chronique aux CÉM et l'apparition de cancers (leucémie chez l'enfant et chez l'adulte) n'est pas établi. Néanmoins, compte tenu de l'absence d'explication évidente des résultats inconstants des études épidémiologiques, on ne peut exclure l'existence d'un tel risque. »

Santé Canada (2004)

Santé Canada est le ministère fédéral qui est chargé de la santé au Canada. Dans son site Web, Santé Canada a mis en ligne une série de pages d'information sur un certain nombre de questions de santé et de sécurité qui touchent le grand public. Une de ces pages est consacrée aux CÉM de fréquences extrêmement basses. On peut y lire :

« Il y a eu de nombreuses études sur les effets de l'exposition aux champs électriques et magnétiques de fréquences extrêmement basses. Les scientifiques de Santé Canada sont conscients que certaines études ont suggéré qu'il existe un lien possible entre l'exposition aux [CÉM] et certains types de cancers infantiles. Cependant, lorsqu'on évalue toutes les études, la preuve semble être très faible. »

Organisation mondiale de la santé (2004)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est un organisme des Nations Unies spécialisé dans les questions touchant la santé. En 1996, l'OMS a lancé le programme Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques dans le but d'évaluer les effets sur la santé et sur l'environnement de l'exposition aux CÉM en collaboration avec des agences et des instituts de recherche nationaux et internationaux. Dans les pages Web consacrées à ce programme, l'OMS affirme :

« Malgré de multiples études, les données relatives à d'éventuels effets soulèvent beaucoup de controverses. Cela étant, il est clair que s'il est prouvé que les champs électromagnétiques ont un effet sur le cancer, l'accroissement correspondant du risque ne peut être qu'extrêmement faible. Les résultats obtenus jusqu'ici présentent de nombreuses incohérences, mais quoi qu'il en soit, aucune augmentation importante du risque n'a été mise en évidence chez l'adulte ou l'enfant quel que soit le type de cancer [..] Selon quelques études épidémiologiques, il y aurait une légère augmentation du risque de leucémie chez l'enfant en cas d'exposition aux champs électromagnétiques de basse fréquence générés dans la maison. Toutefois, les scientifiques ne sont généralement pas d'avis que ces résultats indiquent l'existence d'une relation de cause à effet entre l'exposition à ces champs et la maladie (contrairement à certains artefacts de ces études ou à des effets sans rapport avec l'exposition aux champs en question). Si l'on est parvenu à cette conclusion, c'est en partie du fait que l'expérimentation animale et les études en laboratoire ont été incapables de mettre en évidence le moindre effet reproductible à l'appui de l'hypothèse selon laquelle les champs électromagnétiques sont la cause ou agissent comme promoteurs de certains cancers. Les études de grande envergure qui sont actuellement en cours dans plusieurs pays pourraient apporter un élément de réponse à ces problèmes. »

Centre international de recherche sur le cancer (2002)

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est un organisme de l'OMS mandaté pour mener et coordonner des études expérimentales et épidémiologiques sur les causes du cancer. Les objectifs de ce centre de recherche sont de suivre l'incidence globale du cancer, d'en déterminer les causes, d'élucider les mécanismes de cancérisation et de trouver des stratégies scientifiques pour prévenir le cancer. En 2001, le CIRC a passé en revue les études disponibles sur la question du cancer et des CÉM de 50 et de 60 Hz ainsi que des CÉM statiques. Au terme de son évaluation, le CIRC a placé les CÉM statiques de même que les champs électriques alternatifs de 50 et de 60 Hz dans la catégorie « ne peut pas être classé quant à sa cancérogénicité pour l'homme ». Pour les champs magnétiques de 50 et de 60 Hz, le CIRC a retenu la catégorie 2B intitulée « peut-être cancérogène pour l'homme ».

Résumé de l'évaluation [En anglais seulement]
International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection (1998)

L'International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection (ICNIRP) est un organisme non gouvernemental, collaborateur de l'OMS, dont la mission est d'analyser les risques pour la santé humaine des rayonnements non ionisants et de formuler des recommandations quant aux limites d'exposition tant pour les travailleurs que pour le public. Ces dernières doivent être approuvées par l'International Radiation Protection Association. En 1998, l'ICNIRP a mis à jour ses recommandations sur les limites d'exposition pour les CÉM de 50 et de 60 Hz. Dans les nouvelles recommandations, l'ICNIRP affirme :

« Dans le cas des effets potentiels à long terme des expositions, tels qu'une augmentation du risque de cancer, l'ICNIRP conclut que les données disponibles sont insuffisantes pour servir de base à l'établissement de limites d'exposition, bien que les études épidémiologique suggèrent, mais non de façon convaincante, la présence d'une association entre des effets cancérogènes possibles et l'exposition à des densités de flux magnétiques de 50 ou 60 Hz sensiblement inférieures à celles indiquées dans ses recommandations. »

Commission européenne (2001)

La Commission européenne (CE) défend l'intérêt général des pays membres de l'Union européenne (UE). Elle constitue le moteur de son système institutionnel. Pour la CE, la santé est une priorité essentielle. Le programme de santé publique de la CE vise à prévenir les maladies et les affections humaines ainsi que les causes de danger pour la santé humaine dans l'UE. Un des déterminants de la santé retenu par ce programme est l'environnement, à l'intérieur duquel on trouve la question des CÉM. Au début de l'année 2001, la CE a demandé au Comité scientifique pour la toxicologie, l'écotoxicologie et l'environnement une mise à jour de l'évaluation des risques pour la santé liés à l'exposition aux CÉM. À la fin de la même année, le comité a formulé l'avis suivant sur le sujet :

« Les analyses combinées des études épidémiologiques sur l'association entre l'exposition aux CÉM et la leucémie infantile ont renforcé les preuves d'une association. Cependant, étant donné les inconsistances des mesures d'exposition et l'absence des autres critères utilisés habituellement dans l'évaluation des liens de causalité (en particulier, l'explication d'un mécanisme d'action biologiquement plausible [...]), l'association ne semble pas respecter les critères adéquats pour être considéré causale. De ce fait, l'ensemble des preuves que les champs magnétiques de 50 ou 60 Hz provoquent la leucémie infantile doit être considéré comme limité [...]. Il n'y a pas d'indications convaincantes quant à d'autres effets cancérogènes des CÉM sur les enfants ou les adultes. »

Certains pays ont aussi mandaté des groupes d'experts pour se pencher sur la question. Voici les opinions de certains d'entre eux :

National Institute of Environmental Health Science (1999)

Le National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) fait partie des instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health) relevant du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (Department of Health and Human Services). En 1992, le Congrès des États-Unis a demandé à cet organisme, dans le cadre de l'Electric and Magnetic Fields Research and Public Information Dissemination Program (EMF-RAPID), de mener une évaluation du risque sur les effets que pourraient avoir les CÉM de fréquences extrêmement basses sur la santé. En 1999, le NIEHS a rendu public un document officiel sur cette question. Ce document présente la conclusion suivante :

« La preuve scientifique suggérant que l'exposition aux champs électromagnétiques de fréquences extrêmement basses pose un risque pour la santé est faible. Les indices les plus probants, quant aux effets sur la santé, proviennent d'associations observées chez l'humain en rapport avec deux types de cancer : la leucémie infantile et la leucémie lymphocytaire chronique chez les adultes exposés en milieu de travail. Alors que les preuves apportées par les études, prises individuellement, sont faibles, les études épidémiologiques utilisant certaines méthodes de mesure montrent de façon relativement constante une faible augmentation du risque aux niveaux d'exposition élevés. Ce risque est généralement plus faible pour la leucémie lymphocytaire chronique que pour la leucémie infantile. Toutefois, l'étude des mécanismes d'interaction et les études toxicologiques sur des animaux de laboratoire n'ont pas réussi à produire de résultats concluants, même si quelques effets (dont une augmentation du nombre de cancers chez l'animal) ont été signalés de façon sporadique. Aucun indice, quant à l'augmentation du risque de leucémie, n'a été observé chez l'animal de laboratoire. »

Document du NIEHS [PDF – En anglais seulement]
Health Protection Agency (2005)

La Health Protection Agency (HPA) est un organisme relevant du ministère de la Santé du Royaume-Uni dont la mission est de procurer une meilleure protection contre les maladies infectieuses et les autres dangers pour la santé, tels que les risques chimiques, les poisons et les radiations. À l'origine, son influence se limitait à l'Angleterre et au Pays de Galles. Depuis sa fusion avec le National Radiological Protection Board (NRPB) en 2005, la HPA a autorité sur tout le territoire du Royaume-Uni. La mission de sa division de protection contre les radiations est d'entreprendre des recherches scientifiques pour faire progresser les connaissances sur la protection contre les risques des radiations ionisantes et non ionisantes, d'offrir des services d'analyses en laboratoire et des services techniques, de donner des cours de formation ainsi que de fournir des avis d'expert-conseil. Elle joue un important rôle consultatif au Royaume-Uni. Dans son site Web, on peut lire, dans le rapport co sacré aux risques de cancer liés aux CÉM de fréquences extrêmement basses (rédigé en 2001 sous l'égide du NRPB) :

« Les études expérimentales n'ont pas montré d'indices que les champs électromagnétiques d'extrêmement basses fréquences puissent causer le cancer. Les études épidémiologiques ne suggèrent pas non plus que ces champs puissent augmenter le risque de cancer en général. Toutefois, il existe des données épidémiologiques qui montrent une association entre un faible risque de leucémie chez l'enfant et l'exposition prolongée aux champs magnétiques de la fréquence des réseaux électriques [...]. Devant l'absence de preuve d'un effet cancérogène chez l'adulte et d'explication plausible en provenance des études expérimentales réalisées chez l'animal ou sur des cellules isolées, les preuves épidémiologiques sont actuellement insuffisantes pour conclure de façon ferme que ces champs causent la leucémie chez l'enfant. »

Document du groupe d'experts du NRPB [PDF – En anglais seulement]

Les résultats des études expérimentales in vitro et des études sur les animaux sont largement négatifs. L'ensemble des études épidémiologiques dont les résultats sont actuellement disponibles n'ont pas démontré d'effets marquants des champs magnétiques sur la reproduction ou sur la grossesse aux niveaux d'exposition expérimentés habituellement par la population. Certaines de ces études ont fait état de quelques effets des champs magnétiques sur la grossesse, mais plusieurs d'entre elles présentaient des faiblesses méthodologiques importantes.

Une quarantaine d'études sur les animaux et une trentaine d'études épidémiologiques ont traité des effets des champs magnétiques de fréquences extrêmement basses sur le déroulement de la grossesse et sur le développement du fœtus.

De façon générale, les résultats des études expérimentales in vitro et des études sur les animaux n'ont pas révélé d'effets toxiques à des niveaux d'exposition aux champs magnétiques très élevés. De plus, les études classiques de cancérogenèse sur les rongeurs exposés toute leur vie à des champs magnétiques d'une intensité allant jusqu'à 5 000 µT se sont toutes révélées négatives. Cela indique que les champs magnétiques n'interfèrent pas de façon sensible avec les systèmes de régulation de la division cellulaire (mitose), un mécanisme sollicité lors de l'entretien des tissus et du développement des tumeurs.

Les quelques études épidémiologiques qui se sont intéressées aux effets des champs magnétiques sur la grossesse ont montré quelques associations statistiques. Ces observations ne sont cependant pas constantes d'une étude à l'autre et reflètent souvent des faiblesses méthodologiques liées à la sélection ou au taux de participation des sujets ainsi qu'au mauvais contrôle de facteurs influant sur le déroulement de la grossesse lors de l'analyse des données. De plus, elles ne correspondent pas aux résultats des études expérimentales, qui n'ont rien recensé de significatif à des niveaux d'exposition beaucoup plus élevés. Par ailleurs, les connaissances actuelles sur les effets mutagènes ou génotoxiques des champs magnétiques de fréquences extrêmement basses semblent indiquer que ces derniers ne provoquent pas d'effet sur les cellules germinales, ce qui limite d'autant plus la plausibilité biologique des effets observés par certaines études épidémiologiques. Ainsi, même si des études épidémiologiques ont montré des associations entre le risque de leucémie chez l'enfant et l'exposition professionnelle du père aux champs magnétiques, ces données sont difficilement conciliables avec les résultats négatifs des études de cancérogénicité chez des souris dont les parents avaient été exposés avant et pendant l'accouplement, donc durant la période de spermatogenèse du mâle, à des champs magnétiques allant jusqu'à 5 000 µT, pas plus qu'avec les résultats des tests de génotoxicité sur des mammifères dans lesquels l'exposition de souris mâles à 10 000 µT ou à 20 kV/m n'a eu aucun effet mutagène sur la progéniture.

Opinion d'experts sur la question des champs électriques et magnétiques et de la reproduction
Organisation mondiale de la santé (2004)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est un organisme des Nations Unies spécialisé dans les questions touchant la santé. En 1996, l'OMS a lancé le programme Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques dans le but d'évaluer les effets sur la santé et l'environnement de l'exposition aux CÉM en collaboration avec des agences et des instituts de recherche nationaux et internationaux. Dans les pages Web consacrées à ce programme, l'OMS affirme :

« L'OMS et d'autres organismes ont procédé à une étude portant sur des sources nombreuses et variées de champs électromagnétiques présentes sur le lieu de résidence ou de travail : écrans d'ordinateurs, matelas d'eau, couvertures électriques, machines à souder à radiofréquence, matériel de diathermie, radars, etc. Il apparaît d'une façon générale que l'exposition aux champs le plus souvent présents dans l'environnement n'accroît pas le risque d'une quelconque issue sanitaire défavorable telle qu'avortement spontané, malformations ou maladies congénitales ou encore faible poids de naissance. On a parfois fait état d'un lien entre une exposition supposée à un champ électromagnétique et certains problèmes de santé : c'est ainsi que l'on a constaté des cas de prématurité et de faible poids de naissance parmi les enfants de personnes travaillant dans l'industrie électronique, mais selon la communauté scientifique, ces cas ne sont pas forcément à mettre au compte d'une exposition à des champs électromagnétiques (contrairement à d'autres facteurs comme l'exposition à des solvants). »


Les études épidémiologiques, dans leur ensemble, n'ont pas observé de lien entre l'exposition aux champs magnétiques et l'augmentation du risque de dépression et de suicide.

La plupart des études épidémiologiques menées soit en milieu résidentiel, soit en milieu professionnel n'ont pas montré de lien entre la proximité des lignes électriques ou l'exposition aux champs magnétiques et le risque de suicide. Les quelques études qui ont signalé une association comportaient des faiblesses méthodologiques, notamment dans le fait de ne pas avoir tenu compte, lors de l'analyse des données, des facteurs qui sont reconnus comme menant au suicide, tels que la dépression nerveuse, la présence d'une dépendance, un environnement familial inadéquat ou un dysfonctionnement du système sérotoninergique.

La cause la plus fréquente du suicide est la dépression nerveuse. À l'heure actuelle, le lien possible entre l'exposition aux champs magnétiques et la dépression a fait l'objet de très peu d'études et les résultats de ces dernières sont partagés.

Par ailleurs, une synthèse de plusieurs études a conclu que le lien entre l'exposition aux champs magnétiques et le risque de suicide ou de dépression était mince.

Pour en savoir plus sur cette méta-analyse

Analyse de A. Ahlbom
En 2001, A. Ahlbom a entrepris plusieurs méta-analyses pour caractériser le lien possible entre l'exposition aux CÉM et les maladies neurodégénératives ou les troubles psychologiques. Ces analyses portaient sur la sclérose latérale amyotrophique (sept études), la maladie d'Alzheimer (cinq études), la dépression (six études) et le suicide (sept études). L'ensemble de ces études couvrait divers pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Suède, Danemark et Finlande). Les populations étudiées étaient, dans le cas des maladies neurodégénératives, principalement des travailleurs exposés professionnellement aux CÉM, alors que, pour la dépression et le suicide, l'effectif était composé de la population générale et de travailleurs exposés professionnellement aux CÉM.

La méta-analyse des sept études traitant de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) a permis de regrouper 1 803 cas de cette maladie. Cette analyse a révélé que le fait de travailler dans une entreprise d'électricité augmentait le risque de SLA. Le chercheur a conclu que l'exposition aux CÉM était une explication possible parmi d'autres. La méta-analyse des cinq études concernant la maladie d'Alzheimer (MA) a permis de rassembler 1 039 cas de cette maladie. Les résultats ne permettent cependant pas, selon l'auteur, de discerner un effet clair des CÉM sur l'incidence de la MA.

En ce qui concerne la dépression et le suicide, A. Ahlbom a considéré que le regroupement des effectifs des études concernées n'était pas pertinent à cause des grandes différences entre les protocoles expérimentaux. Il a alors entrepris une analyse globale des résultats et a conclu que le lien entre l'exposition aux CÉM et le risque de dépression ou de suicide était plutôt ténu.

Résumé de l'analyse dans PubMed [En anglais seulement]

Opinion d'experts sur la question des champs magnétiques, de la dépression et du suicide
Organisation mondiale de la santé (2004)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est un organisme des Nations Unies spécialisé dans les questions touchant la santé. En 1996, l'OMS a lancé le programme Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques dans le but d'évaluer les effets sur la santé et l'environnement de l'exposition aux CÉM en collaboration avec des agences et des instituts de recherche nationaux et internationaux. Dans les pages Web consacrées à ce programme, l'OMS affirme :

« Certaines personnes qui se plaignent d'un ensemble diffus de symptômes les attribuent à une légère exposition aux champs électromagnétiques produits sur leur lieu de résidence. Il s'agit notamment d'anxiété, de céphalées, de tendances dépressives voire suicidaires, de fatigue et d'une réduction de la libido. Jusqu'à présent, les données scientifiques ne confirment pas l'existence d'un lien entre cette symptomatologie et l'exposition à des champs électromagnétiques. Elle peut, au moins en partie, être attribuée au bruit et à d'autres facteurs environnementaux ou encore à l'anxiété suscitée par les nouvelles technologies. »



Certaines études épidémiologiques suggèrent un lien entre l'exposition aux champs magnétiques et les risques de sclérose latérale amyotrophique (SLA), de sclérose en plaques, de maladie d'Alzheimer (MA) ou de maladie de Parkinson. Cependant, l'ensemble des résultats ne permet pas de conclure à une augmentation de ces risques.

Les études épidémiologiques sur le lien possible entre l'exposition aux champs magnétiques et le risque de SLA ont principalement porté sur des employés d'entreprises d'électricité. La majorité des mesures de champs magnétiques réalisées dans le cadre de ces études étaient des mesures indirectes, effectuées généralement à l'aide de matrices emplois-expositions. Ces études, dans leur ensemble, donnent des résultats peu concluants. La plupart de celles qui font état d'un accroissement du risque sont rétrospectives, alors que celles qui ne montrent aucune augmentation sont presque toujours des études prospectives. Ces dernières consistaient en un suivi de cohortes de taille impressionnante, allant jusqu'à près de 5 millions d'individus, et ciblaient à la fois la SLA et la MA.

Comme les études sur la SLA, les études épidémiologiques sur le lien possible entre l'exposition aux champs magnétiques et le risque de MA ont principalement porté sur des travailleurs exposés aux champs magnétiques dans l'exercice de leurs fonctions. L'exposition des travailleurs aux champs magnétiques a été mesurée soit directement, à l'aide d'appareils de mesure, soit indirectement, généralement au moyen de matrices emplois-expositions. Malgré les moyens considérables déployés, ces études donnent aussi des résultats mitigés.

Les études épidémiologiques menées sur le lien possible entre l'exposition aux champs magnétiques et le risque de développer la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques n'ont jusqu'à présent pas rapporté d'association.

Par ailleurs, une méta-analyse a conclu que le fait de travailler dans une entreprise d'électricité augmentait le risque de SLA et que l'exposition aux champs magnétiques pourrait être une explication possible parmi bien d'autres. Une autre méta-analyse a évoqué une association entre l'exposition professionnelle aux CÉM et le risque de MA, bien que cela soit peu plausible étant donné que l'incidence de cette maladie n'augmente pas systématiquement lorsque l'exposition grandit.

Pour en savoir plus sur ces méta-analyses

Analyse de A. Ahlbom
En 2001, A. Ahlbom a entrepris plusieurs méta-analyses pour caractériser le lien possible entre l'exposition aux CÉM et les maladies neurodégénératives ou les troubles psychologiques. Ces analyses portaient sur la sclérose latérale amyotrophique (sept études), la maladie d'Alzheimer (cinq études), la dépression (six études) et le suicide (sept études). L'ensemble de ces études couvrait divers pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Suède, Danemark et Finlande). Les populations étudiées étaient, dans le cas des maladies neurodégénératives, principalement des travailleurs exposés professionnellement aux CÉM, alors que pour la dépression et le suicide l'effectif était composé de la population générale et des travailleurs exposés professionnellement aux CÉM.

La méta-analyse des sept études traitant de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) a permis de regrouper 1 803 cas de cette maladie. Cette analyse a révélé que le fait de travailler dans une entreprise d'électricité augmentait le risque de SLA. Le chercheur a conclu que l'exposition aux CÉM était une explication possible parmi d'autres. La méta-analyse des cinq études concernant la maladie d'Alzheimer (MA) a permis de rassembler 1 039 cas de cette maladie. Les résultats ne permettent cependant pas, selon l'auteur, de discerner un effet clair des CÉM sur l'incidence de la MA.

En ce qui concerne la dépression et le suicide, A. Ahlbom a considéré que le regroupement des effectifs des études concernées n'était pas pertinent à cause des grandes différences entre les protocoles expérimentaux. Il a alors entrepris une analyse globale des résultats et a conclu que le lien entre l'exposition aux CÉM et le risque de dépression ou de suicide était plutôt ténu.

Résumé de l'analyse dans PubMed [En anglais seulement]

Analyse d'A. Garcia
Une méta-analyse menée en 2008 par A. Garcia visait la caractérisation du lien possible entre l'exposition aux CÉM et la maladie d'Alzheimer (MA). Elle portait sur un total de 14 études (9 études rétrospectives et 5 études prospectives) réalisée dans divers pays (États-Unis, Suède, Danemark, Finlande, Turquie). Les populations étudiées étaient principalement des personnes exposées aux CÉM dans le cadre de leur travail.

La méta-analyse consistait à regrouper les 2 748 cas de cette maladie répertoriés dans les études rétrospectives, d'une part, et les 2 352 cas recensés dans les études prospectives, d'autre part. Les résultats de l'analyse, pour les études tant rétrospectives que prospectives, suggèrent que travailler dans une entreprise d'électricité augmenterait le risque de MA. Cependant, lorsque les expositions aux CÉM sont stratifiées en différentes classe (≥ 0,2 µT, ≥ 0,3 µT, ≥ 0,5 µT, ≥ 1 µT), le risque de MA n'est pas statistiquement significatif.

Résumé de l'analyse dans PubMed [En anglais seulement]


Les études épidémiologiques n'ont, dans leur ensemble, pas révélé de lien entre l'exposition aux champs magnétiques et l'augmentation des risques de maladies cardiovasculaires.

La majorité des études épidémiologiques ont montré que l'exposition aux champs magnétiques n'augmentait pas la mortalité due à ces maladies. Si certaines ont fait état du contraire, l'augmentation indiquée du risque n'était significative que d'un point de vue purement statistique et le risque résultant était de faible intensité, donc tout à fait comparable à celui du groupe témoin.

D'autres études se sont intéressées au risque d'infarctus du myocarde et d'arythmie grave chez les travailleurs exposés professionnellement aux champs magnétiques. Bien que ces études soient peu nombreuses, elles montrent dans l'ensemble que l'exposition aux champs magnétiques n'augmente pas le risque d'accidents cardiaques.

Quelques définitions

Risque relatif

Le risque relatif (RR) est le rapport entre le taux d'incidence de la maladie au sein d'un groupe exposé à un facteur de risque donné et le taux d'incidence de la même maladie dans un groupe non exposé. C'est l'indice le plus souvent utilisé dans les études de type cohortes prospectives. Un RR de valeur 1 signifie que l'incidence de la maladie est identique dans le groupe des personnes exposées et dans celui des personnes non exposées. Si le RR est de valeur 2, cela signifie que l'incidence de la maladie est deux fois plus importante dans le groupe des exposés que dans celui des non-exposés. Si, au contraire, le RR est de valeur 0,5, cela signifie que l'incidence de la maladie est deux fois moindre dans le groupe des exposés que dans celui des non-exposés.

Intervalle de confiance

L'intervalle de confiance (IC) représente la plage de valeurs où la vraie valeur de l'indice mesuré a 95 % de chance de se trouver. C'est un indicateur du degré de précision de la mesure, donc en quelque sorte de sa marge d'erreur. Plus l'IC est petit, plus la mesure effectuée a été précise. Dans les études épidémiologiques, si la plage de l'IC n'inclut pas la valeur 1, cela signifie que le risque mesuré (RC ou RR) n'est pas le fruit du hasard ; on parlera alors d'un risque significatif. Si, par contre, la plage de l'IC inclut la valeur 1, on ne peut pas exclure que le résultat mesuré soit dû au hasard ; on parlera alors d'un risque non significatif.

Rapport de cote

Le rapport de cote (RC) est un estimateur de risque issu de la comparaison de la proportion d'individus exposés par rapport aux non-exposés chez les individus malades (cas) et chez les individus non malades (témoins). Cet indice est utilisé dans les études rétrospectives de type cas-témoins. Un RC de valeur 1 signifie que la proportion des exposés et des non-exposés est la même chez les cas et chez les témoins. Si le RC est de valeur 2, cela signifie que la proportion des exposés est deux fois plus élevée chez les cas que chez les témoins. Si, au contraire, le RC est de valeur 0,5, cela signifie que la proportion des exposés chez les cas atteints de la maladie est deux fois moindre que chez les témoins.

Critères de causalité

Lorsqu'une association statistique est observée dans une étude épidémiologique, la nature causale de cette association sera d'autant plus probable que les conditions suivantes seront remplies (selon Hill, A. B., 1965, Proc R Soc Med 58, 295-300) :

  • L'exposition au facteur de risque a bien précédé la maladie étudiée.
  • Plus l'exposition est importante, plus l'incidence observée de la maladie est élevée.
  • Plus la mesure du risque est élevée, plus le lien de causalité est vraisemblable.
  • Le mécanisme biologique mis en évidence par l'association est plausible.
  • D'autres études, réunissant les mêmes conditions, ont déjà rapporté un résultat semblable.

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