Champs électriques et magnétiques

Effets sur la santé humaine

Voilà maintenant plus de 40 ans que la recherche se poursuit. À ce jour, plusieurs centaines d'études épidémiologiques ont été réalisées auprès de diverses populations exposées. Également, plusieurs études expérimentales en laboratoire ont exploré les effets des champs sur les cellules vivantes, diverses espèces animales et l'humain.

Ces études n'ont pas pu mettre en évidence un effet clair des champs pour les intensités mesurées dans l'environnement résidentiel ou au travail. Le doute quant à la possibilité qu'un champ magnétique puisse accroître le risque de leucémie chez l'enfant n'a pas été confirmé par les études plus récentes.


Avis du conseil Médical – Direction – Santé et sécurité d'Hydro-Québec
Les champs électriques et magnétiques de 60 Hz et la santé – 2013-06-13 [PDF]

Plusieurs autorités de santé publique ont mandaté des groupes d'experts pour faire le point sur les connaissances à ce sujet. Leurs principales conclusions apparaissent sous l'onglet « Santé », ci-dessous.

État de la recherche sur les effets des champs électriques et magnétiques à 60 Hz sur la santé humaine

Le principe des études réalisées dans le cadre de l'évaluation des risques pour la santé est d'observer des effets biologiques qui apparaissent chez un groupe exposé à une concentration donnée d'un agent chimique ou physique et de les comparer aux effets observés chez un groupe non exposé, couramment appelé « groupe témoin ».

Études expérimentales

Dans les études expérimentales, les facteurs environnementaux qui seraient susceptibles d'influer sur le métabolisme ou le comportement des sujets, tels que la nourriture, l'eau potable ainsi que la température ambiante et le cycle lumière/obscurité des salles d'expérimentation, sont ajustés de façon identique chez les individus exposés et les témoins. De plus, les concentrations de l'agent que l'on veut tester sont contrôlées au laboratoire même, ce qui permet d'exposer sélectivement des groupes à des niveaux différents de cet agent et de maintenir ces niveaux constants durant toute la durée de l'exposition. Cette façon de faire permet de constituer un groupe témoin et de s'assurer qu'il n'est pas exposé à l'agent que l'on teste.

Il y a trois types d'études expérimentales :

les études in vitro

Les études in vitro consistent à exposer des cellules issues d'une même culture cellulaire et ayant les mêmes caractéristiques génétiques au produit chimique ou à l'agent physique ciblé. Ces études ont l'avantage de permettre de vérifier si un élément cellulaire ou un type cellulaire est sensible au produit chimique ou à l'agent physique. Elles ont aussi un inconvénient : l'effet observé ne permet pas d'extrapoler les conséquences sur l'état de santé de l'organisme dans son ensemble et, à plus forte raison, sur l'humain.

les études sur les animaux

Des animaux issus de la même souche (par exemple des rats Sprague-Dawley) et qui ont généralement été fournis par le même élevage sont utilisés pour former les groupes exposés et le ou les groupes témoins. Les animaux dans les groupes exposés et dans les groupes témoins ont donc les mêmes caractéristiques génétiques. Les études sur les animaux permettent des niveaux d'exposition très élevés.

L'effet observé peut être extrapolé à l'humain, mais seulement à certaines conditions.
Il existe des différences entre l'exposition aux CÉM et celle à des produits chimiques. Un produit chimique peut pénétrer un organisme de différentes façon, soit par voie respiratoire, par voie orale ou par application cutanée. Selon la voie d'exposition utilisée, des organes différents peuvent être atteints (par exemple les poumons, l'estomac, le derme). De plus, un produit chimique qui entre dans l'organisme est généralement transformé en sous-produits, appelés métabolites, par les enzymes du foie. Ces métabolites varient selon les espèces et chacun a sa toxicité propre. Étant donné que la toxicité intrinsèque de ces métabolites dépend beaucoup de leur nature, on pourra parfois observer des différences importantes de la toxicité d'un produit selon que l'on se trouve chez l'animal ou chez l'humain.

Les CÉM n'étant pas de nature chimique, ils ne sont pas transformables en métabolites par les enzymes du foie. De plus, la nature physique des CÉM fait que, quelque soit l'organisme vivant considéré, tous les organes et cellules sont exposés à la même intensité de champ. Il n'y a donc pas de raison de penser que le potentiel de toxicité des CÉM soit différent chez les animaux de ce qu'il est chez les humains.

Donc, il y a de très fortes chances que les effets observés lors d'une exposition des animaux aux CÉM soient aussi observables, dans les mêmes conditions d'exposition, chez les humains. De même, s'il n' y a pas d'effets observés chez les animaux, il ne devrait pas y en avoir chez les humains.

les études sur les volontaires humains

Contrairement au règne animal, il est difficile de trouver chez les humains des individus qui ont le même patrimoine génétique, à moins de ne recruter exclusivement que des jumeaux identiques. Étant donné que cette solution est difficile à mettre en oeuvre, une manière de faire pour limiter les effets liés au patrimoine génétique est d'utiliser les volontaires recrutés à la fois comme sujets et comme témoins. Pour cela, les caractéristiques auxquelles on s'intéresse sont mesurées avant et après l'exposition à l'agent physique ou chimique étudié chez chacun des sujets pour détecter si l'exposition a modifié ces caractéristiques. Les études sur les humains ont l'avantage d'évaluer directement l'effet d'un agent donné sur la physiologie humaine en situation contrôlée de laboratoire. Ce type d'étude ne permet cependant pas de mesurer les effets de niveaux d'exposition très élevés.


Études épidémiologiques

Les études sur la santé des populations humaines, appelées études épidémiologiques, consistent à comparer le risque de maladie chez des individus exposés et chez des individus non exposés à un certain produit chimique ou agent physique dans l'environnement en général ou dans un lieu particulier (résidence, école, bureau, usine, etc.). Le nombre d'individus au sein de chaque groupe étudié peut être considérable, dans les milliers. Les données sur leur état de santé sont recueillies à partir de questionnaires adressés directement aux sujets, de dossiers médicaux conservés dans les entreprises ou les hôpitaux, ou encore de statistiques gouvernementales. Les données sur les niveaux d'exposition sont quant à elles récoltées à partir de questionnaires adressés aux sujets, d'informations recueillies en milieu de travail ou de mesures directes. Étant donné que les études épidémiologiques ne résultent pas d'une approche expérimentale, les associations observées ne sont pas toujours causales, car elles sont sujettes à des erreurs d'observation.

En effet, contrairement à ce qui se passe dans les études expérimentales, le chercheur qui effectue une étude épidémiologique ne peut pas contrôler les facteurs environnementaux qui seraient susceptibles d'influer sur l'apparition de la maladie étudiée. Ainsi, avec ce type d'étude, il est difficile d'isoler l'effet d'un produit chimique ou d'un agent physique de tous les autres facteurs susceptibles d'influer sur l'apparition de la maladie en question, à moins que l'on obtienne de l'information sur l'impact de ces facteurs confondants sur la santé de la population étudiée.

Il existe deux types d'études en épidémiologie :

les études rétrospectives

La plupart des études épidémiologiques sont rétrospectives lorsqu'il s'agit d'étudier des maladies rares et que ces maladies surviennent plusieurs années après l'exposition, comme c'est le cas du cancer. Leur principe est de déterminer les niveaux d'exposition présents ou passés à un agent dans des groupes d'individus souffrant d'une maladie ainsi que dans un groupe d'individus exempts de cette maladie. Pour cette raison, les études rétrospectives sont communément appelées « études cas-témoins ». L'association est quantifiée par le calcul d'un rapport de cote (RC). Si les individus qui sont les plus touchés par ce problème de santé sont aussi ceux qui sont ou qui ont été les plus exposés à l'agent en question (RC > 1), cela peut indiquer l'existence d'un lien entre la maladie étudiée et l'exposition à l'agent. Par contre, si les individus qui sont plus touchés par le problème de santé sont ceux qui sont ou qui ont été les moins exposés (RC ≤ 1), cela peut indiquer l'absence d'un tel lien.

les études prospectives

Les études prospectives sont plus difficiles à réaliser et durent plus longtemps que les études rétrospectives. Elles consistent à suivre pendant une longue période, pouvant aller jusqu'à plusieurs dizaines d'année, l'incidence d'une maladie particulière sur un groupe d'individus exposés à l'agent étudié et de la comparer à celle d'un groupe de personnes non exposées à l'agent en question, mais dont l'effectif, la répartition selon l'âge et le sexe de même que les origines sociale et géographique sont les mêmes. Si l'étude a cours au sein d'une entreprise, la plupart de ses employés sont généralement enrôlés dans le suivi soit à titre de personne exposée, soit à titre de personne non exposée (par exemple les monteurs de lignes et le personnel de bureau dans une entreprise d'électricité). Les études prospectives sont souvent appelées « études de cohortes prospectives ». L'association est quantifiée par le calcul d'un risque relatif (RR). Si les individus qui sont exposés sont, au cours du suivi, ceux qui sont aussi les plus atteints de la maladie (RR > 1), cela peut indiquer l'existence d'un lien de causalité entre l'exposition à l'agent en question et cette maladie. Par contre, si les individus non exposés sont les plus touchés par le problème de santé (RR ≤ 1), cela peut indiquer l'absence d'un tel lien.


Il existe deux techniques d'analyse des études épidémiologiques

Lors de l'évaluation d'un risque, les études épidémiologiques disponibles sont généralement analysées une par une. Depuis plusieurs années, cependant, certaines techniques d'analyse ont été proposées pour mettre en commun les résultats de plusieurs études ayant porté sur la même maladie. Les plus utilisées sont l'analyse combinée et la méta-analyse.

l'analyse combinée

Ce genre d'analyse consiste à regrouper et à analyser de nouveau les données brutes de diverses études épidémiologiques. Cette approche permet de déterminer et de quantifier un risque global dont l'importance serait peut-être passée inaperçue dans une comparaison des études une par une. Par contre, elle ne permet pas d'apprécier, de façon qualitative, les différences existant entre les études sélectionnées en ce qui concerne leur protocole expérimental ou la sélection des sujets. Les résultats obtenus à l'aide de cette technique ne reflètent donc pas les nuances relatives aux différents contextes dans lesquels se sont déroulées les études analysées.

la méta-analyse

Cette approche est similaire à l'analyse combinée, mais elle porte exclusivement sur les données publiées des études épidémiologiques regroupées.


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