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Image : Effets des champs magnétiques sur le cancer
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Les études in vitro n'ont pas montré d'effets génétiques ni de mécanismes qui puissent expliquer comment les champs magnétiques pourraient transformer une cellule normale en cellule cancéreuse. Les études expérimentales de longue durée sur les animaux n'ont pas rapporté non plus d'effet cancérogène des champs magnétiques. Les études épidémiologiques ont des résultats moins tranchés, mais les plus importantes d'entre elles n'ont pas observé de lien entre l'exposition résidentielle ou professionnelle aux champs magnétiques et le risque de cancer.
 
  Études expérimentales sur les animaux

Les études expérimentales sur les rongeurs, utilisant des protocoles standardisés d'évaluation de la cancérogénicité, ont été réalisées sur des rats et des souris des deux sexes. Les niveaux d'exposition maximaux allaient jusqu'à 1 000 ou 5 000 µT et les durées d'exposition variaient de 18 à 22 heures par jour pour des périodes allant jusqu'à 2 ans. Toutes ces études ont procédé à des analyses histopathologiques complètes pour la détection des tumeurs dans les divers organes. Aucune étude n'a mis en évidence une activité cancérogène significative des champs magnétiques.

Une autre hypothèse est que les champs magnétiques n'augmenteraient pas en soi le cancer mais pourraient modifier l'action d'un autre produit cancérogène. Plus de vingt expériences animales ont été réalisées pour tester cette hypothèse, soumettant les animaux à un produit cancérogène connu puis aux champs magnétiques. Leurs résultats, dans l'ensemble, étaient négatifs.

Pour en savoir plus sur les études expérimentales sur les animaux portant sur la cancérogénicité des champs magnétiques
   

Depuis 1997, quatre études animales de longue durée comportant au total sept expériences distinctes ont été publiées sur les champs magnétiques. La première a été réalisée au Québec (Canada) par une équipe de l'Institut Armand-Frappier dirigée par le chercheur R. Mandeville (Mandeville et coll., 1997). Dans cette étude, quatre groupes de rats femelles ont été exposés 20 heures par jour et pendant toute leur vie à des niveaux de champs magnétiques de 2, 20, 200 et 2 000 µT (cette dernière intensité équivaut à environ 13 000 fois le niveau de champ magnétique ambiant d'une maison). Ces groupes de rats ont été comparés à des groupes témoins vivant dans les mêmes conditions de laboratoire, mais sans exposition significative au champ magnétique. À la fin de la période d'exposition des rats, près d'une cinquantaine d'organes et de tissus biologiques ont fait l'objet d'une analyse, dans le but de repérer les tumeurs bénignes et malignes (cancers). Aucune augmentation de tumeurs n'a été observée chez les animaux les plus exposés aux champs magnétiques par rapport aux animaux non exposés.

La seconde étude, publiée elle aussi en 1997, a été réalisée au Japon par une équipe de l'Institut Mitsubishi Kasei des sciences toxicologiques et environnementales dirigée par Y. Otaka. Elle portait à la fois sur des rats mâles et femelles (Yasui et coll., 1997). Le niveau maximal d'exposition dans cette étude était plus élevé que ceux de l'étude québécoise, soit 5 000 µT. Ici non plus, aucune augmentation de tumeurs n'a été observée chez les animaux exposés comparativement aux animaux témoins.

Les deux autres études, publiées en 1999, ont été réalisées aux États-Unis en collaboration avec le National Institute of Environmental Health Sciences et ont utilisé les protocoles traditionnels pour évaluer la cancérogénicité (Boorman et coll., 1999; McCormick et coll., 1999). Les niveaux d'exposition maximaux étaient de 1 000 µT. L'une a utilisé des rats, mâles et femelles, et l'autre, des souris, également mâles et femelles. Les résultats montrent encore une fois peu ou pas d'indices que ces expositions augmentent le risque de tumeurs.

(toutes les références bibliographiques sont en anglais seulement)

 
 
Études épidémiologiques

Champs magnétiques et cancers chez l'enfant

En ce qui concerne les champs magnétiques et la leucémie infantile, certaines études épidémiologiques ont rapporté un risque relatif de l'ordre de 1,5 à 2,5, en particulier quand l'exposition des enfants était basée sur la présence de lignes électriques au voisinage de la maison. Cependant, d'autres études, qui ont rapporté des résultats basés sur la mesure réelle des champs magnétiques dans les domiciles des enfants, n'ont pas observé une telle association. Toutefois, les analyses combinées d'études épidémiologiques de bonne qualité indiqueraient que le risque de leucémie augmenterait chez les enfants exposés en milieu résidentiel à un champ magnétique de plus de 0,3 µT ou de 0,4 µT. Les auteurs de ces analyses ont cependant exprimé de sérieuses réserves quant au choix des méthodes qu'ils ont utilisées pour examiner ces études et combiner leurs résultats.


Champs magnétiques et cancers chez l'adulte

Plus d'une centaine d'études épidémiologiques ont été publiées sur cette question. En général, ces études n'ont pas rapporté d'augmentation attribuable à l'exposition aux champs magnétiques en milieu professionnel. Cependant, certaines études suggèrent que les travailleurs les plus exposés seraient davantage à risque pour la leucémie et le cancer du cerveau. Toutefois, les résultats ne concordent pas d'une étude à l'autre et le risque présumé serait relativement faible. En ce qui concerne les cancers de l'adulte liés à l'exposition aux champs magnétiques en milieu résidentiel, les études publiées jusqu'à présent ne rapportent généralement pas de risque plus élevé chez les adultes habitant près des lignes à haute tension.


Pour en savoir plus sur les études épidémiologiques sur l'exposition aux champs magnétiques et
le cancer
   
Cancers chez l'enfant

Vingt-six études épidémiologiques portant sur l'exposition aux champs magnétiques et les cancers infantiles ont été réalisées. Elles ne sont pas toutes de qualité égale, mais les plus récentes ont utilisé les meilleures méthodologies disponibles et ont porté sur de très grandes populations dans le but d'arriver à des résultats plus précis. Ce sont principalement la leucémie et le cancer du cerveau qui ont fait l'objet de ces études. Chez l'enfant, ces cancers sont parmi les plus fréquents.

Les plus grosses études, effectuées aux États-Unis ainsi qu'au Canada et en Grande-Bretagne, n'ont pas démontré de risque plus élevé de leucémie chez les enfants les plus exposés aux champs magnétiques. Les résultats rapportant un risque plus élevé proviennent surtout d'études où l'exposition des enfants est basée sur la présence de lignes électriques au voisinage de la maison, alors que les études qui ont rapporté des résultats basés sur la mesure réelle des champs magnétiques dans les domiciles des enfants n'ont pu mettre en évidence une telle association.

L'étude américaine a été réalisée dans neuf États américains sous la direction de Martha Linet, du National Cancer Institute (Linet et coll., 1997). Elle a porté sur 638 cas de leucémie lymphoblastique, le type de leucémie le plus fréquent chez l'enfant. Les chercheurs ont utilisé deux approches pour évaluer l'exposition aux champs magnétiques. La première consistait à comparer directement les niveaux de champs magnétiques mesurés dans les maisons des enfants. La deuxième approche comparait la densité des lignes électriques (proximité, nombre et taille des conducteurs) au voisinage des maisons, comme dans les études mentionnées plus haut. Le codage des conducteurs utilisé était celui qu'avait conçu Nancy Wertheimer, auteur de la première étude sur le sujet, publiée en 1979 (Wertheimer et Leeper, 1979). Contrairement à plusieurs observations précédentes, cette étude n'a montré aucune association entre la densité de lignes électriques autour de la maison et le risque de leucémie [risque relatif (RR) = 0,88 ; intervalle de confiance (IC) = 0,48-1,63, pour la catégorie de densité la plus élevée]. Sur la base des champs mesurés dans les maisons, aucune association statistiquement significative n'a été observée entre le risque de leucémie et la moyenne pondérée d'exposition au champ magnétique des enfants, pour les catégories d'exposition qui avaient été définies au départ de l'étude. Pour la catégorie des enfants exposés à plus de 0,2 µT, le risque relatif est de 1,24 (IC = 0,86-1,79). Une augmentation significative de risque a été observée à un niveau d'exposition plus élevé (0,4-5 µT), mais le risque diminue au niveau d'exposition supérieure. Les auteurs concluent que leurs résultats apportent peu d'indices permettant de soutenir l'hypothèse que l'exposition aux champs magnétiques résidentiels de 60 Hz augmente le risque de leucémie chez l'enfant.

L'étude canadienne, dirigée par Mary McBride du British Columbia Cancer Agency, est une étude similaire basée sur 399 cas de leucémies recrutés chez les enfants de cinq provinces canadiennes, dont le Québec (McBride et coll., 1999). Les chercheurs ont utilisé les deux mêmes approches que dans l'étude précédente pour estimer l'exposition des cas et du groupe témoin, soit la densité de lignes électriques autour du domicile et la mesure réelle des champs magnétiques, mais cette fois en faisant porter un appareil de mesure par chaque enfant pendant 48 heures. Les résultats n'indiquent pas de lien avec la leucémie : les mesures directes montrent que le risque de développer la leucémie n'augmente pas en fonction du niveau croissant de champ magnétique (RR = 0,95 ; IC: 0,72-1,26). Le risque n'augmente pas non plus lorsque la densité du réseau électrique est élevée autour du domicile (RR = 1,16 ; IC: 0,58-2,3).

L'étude britannique, elle aussi publiée en 1999, a été réalisée par un grand nombre de chercheurs réunis pour l'occasion sous la bannière des UK Childhood Cancer Study Investigators (UKCCSI). Elle portait sur 995 cas de leucémies recrutés chez les enfants d'Angleterre, du Pays de Galles et d'Écosse (Cheng et coll., 1999). Les chercheurs ont utilisé les mêmes approches que dans l'étude de Linet pour estimer l'exposition des cas et du groupe témoin. Les résultats de cette étude sont similaires à ceux des études américaine et canadienne.

Il est intéressant de noter que les sept études disponibles qui ont examiné le risque de leucémie chez l'enfant au regard des champs magnétiques réels mesurés dans les résidences offrent dans l'ensemble très peu d'indices que les champs magnétiques seraient un facteur de risque de la maladie (Feychting et Ahlbom, 1993; Green et coll., 1999; Linet et coll., 1997; London et coll., 1991; McBride et coll., 1999; Michaelis et coll., 1997; Savitz et coll., 1988). Puisque la mesure du champ magnétique dans la résidence représente non seulement le champ produit par les lignes électriques extérieures à la maison mais également les champs produits par toutes les sources qui se trouvent à l'intérieur de celle-ci, les risques calculés sur cette base sont probablement plus précis que les risques établis uniquement en fonction de la présence de conducteurs autour des maisons.

Quelques études ont examiné l'effet de l'utilisation d'appareils domestiques sur le risque de leucémie. Dans l'ensemble, les résultats sont négatifs. Toutefois, comme ces expositions sont généralement marginales, ces études ne peuvent véritablement servir à réfuter la présence d'un effet lié à une exposition chronique. Leurs résultats ont une portée nettement plus limitée que les études mentionnées plus haut.

L'effet de l'exposition aux champs magnétiques sur le risque de cancer du cerveau chez l'enfant a également fait l'objet de plusieurs travaux. Les premières recherches avaient conduit à des résultats plutôt contradictoires. Les études les plus récentes ne montrent aucune association avec cette maladie.

Cancers chez l'adulte


Les données recueillies auprès des travailleurs des entreprises d'électricité montrent qu'en moyenne les niveaux d'exposition aux champs magnétiques pour les métiers exposés sont de 10 à 15 fois supérieurs à ceux que l'on trouve en milieu résidentiel. Plusieurs dizaines d'études ont été réalisées auprès de ces populations. La leucémie et le cancer du cerveau ont fait l'objet d'une attention particulière en raison des indices suggérés par les études des années 1980 et des études menées chez l'enfant.

La vaste majorité de ces études étaient exploratoires par nature et utilisaient simplement le titre d'emploi pour établir le niveau d'exposition des travailleurs. Cependant, six d'entre elles ont utilisé des méthodologies de très bonne qualité, incluant notamment des mesures de champs à l'aide de dosimètres conçus spécialement pour cet usage et l'utilisation d'une population relativement homogène de travailleurs des entreprises d'électricité (Floderus et coll., 1993; Sahl et coll., 1993; Thériault et coll., 1994; Savitz et Loomis, 1995; Harrington et coll., 1997; Johansen et Olsen, 1998). Les quatre dernières études sont particulièrement importantes en raison du grand nombre de cas étudiés. Elles s'intéressaient à des travailleurs de l'électricité du Canada, de France, des États-Unis, du Royaume-Uni et du Danemark.

Le chercheur Gilles Thériault, du Département de santé au travail de l'Université McGill, assurait la coordination scientifique de l'enquête franco-canadienne. Cette dernière a été réalisée auprès des travailleurs d'Hydro-Québec, d'Ontario Hydro et d'Électricité de France. Le professeur David A. Savitz, de l'Université de la Caroline du Nord, a coordonné l'étude américaine effectuée auprès des travailleurs de cinq entreprises. L'étude britannique dirigée par James M. Harrington a porté sur les employés de la CEGB, la société nationale d'électricité de la Grande-Bretagne (entreprise maintenant dissoute et privatisée). Le chercheur C. Johansen de la Société danoise du cancer a dirigé l'étude portant sur 99 entreprises d'électricité au Danemark. Malgré leur ampleur peu commune et une nette amélioration dans l'évaluation des niveaux d'exposition des groupes comparés, ces études n'ont pas permis d'apporter de réponse définitive aux questions posées.

Ainsi, pour ce qui est du cancer du cerveau, seule l'étude de Savitz a rapporté un risque relatif statistiquement significatif pour les travailleurs les plus exposés (RR = 2,29), avec un intervalle de confiance (IC) de 1,15 à 4,56. Ce résultat est semblable à celui de Thériault (RR = 1,95 ; IC = 0,76-5,00) mais ne concorde pas avec ceux de Sahl (RR = 0,84 ; IC = 0,54-1,33) ni avec ceux de Harrington (RR = 0,95 ; IC = 0,54-1,69) et de Johansen (RR = 0,79 ; IC = 0,6-1,0,) qui n'observent aucune augmentation de risque.

Pour la leucémie, les résultats sont également discordants. Thériault rapporte un risque non significatif de 1,75 (IC = 0,77-3,96) chez le groupe de travailleurs le plus exposé pour l'ensemble des leucémies et un risque statistiquement significatif de 3,15 (IC = 1,20-8,27) pour la leucémie myéloïde aiguë chez les travailleurs exposés au-dessus de la médiane des expositions. Cependant, Sahl et Savitz ne rapportent aucune augmentation significative.

Quelques études ont également été effectuées auprès des adultes résidant au voisinage de lignes à haute tension. Une étude a rapporté une augmentation de leucémie (RR = 1,4 ; IC = 1,0-1,9) et une absence de risque de cancer du cerveau et du sein dans une population de Taiwan (Li et coll., 1997). La majorité des autres études ne montrent pas de risque significatif. La principale faiblesse de ces études est la méthode utilisée pour estimer l'exposition des sujets aux champs magnétiques.

 
Opinions d'experts sur la question des champs magnétiques et du cancer

Au Québec et au Canada, la question des CEM et du risque de cancer a interpellé les autorités de santé publique. Voici leurs opinions :

  Comité fédéral-provincial-territorial de la radioprotection (2008)
   
Le Comité fédéral-provincial-territorial de la radioprotection est un organisme fédéral qui, sous l'égide de Santé Canada, est chargé de veiller au développement et à l'harmonisation des pratiques et des normes de radioprotection au sein des instances fédérales, provinciales et territorialesest. Dans son site Internet, ce comité a mis en ligne sa position face aux inquiétudes de la population à l'égard des CEM des lignes de transport et de distribution d'électricité. On peut y lire :
 
«...il n'y a pas assez de preuves scientifiques pour montrer qu'une exposition aux CEM émis par les lignes de transport peut causer des effets nuisibles sur la santé, comme le cancer. Par conséquent, il n'est pas nécessaire d'émettre d'avertissement à l'intention des personnes qui vivent ou passent des périodes de temps à proximité des lignes de transport. »
 
Page de l'Internet d'où a été tiré cet extrait (Santé Canada)
 
Institut national de santé publique du Québec (2000)
   

L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est un organisme dépendant du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) qui a pour mission de donner des services de conseils et d'assistance spécialisée, y compris des services de laboratoire, de réaliser des activités de recherche ou de développement de connaissances nouvelles et de faire des activités de formation et d'information. En 2001, le MSSS a chargé l'INSPQ de mettre à jour l'information scientifique sur les risques associés aux CEM et d'en tirer une conclusion. Il lui a également demandé de décider de la pertinence de recommander des niveaux limites d'exposition aux CEM de fréquences extrêmement basses et de préciser des scénarios de gestion prudente. Pour mener à bien ce mandat, l'INSPQ a constitué un groupe d'experts. Dans le rapport présenté par ces derniers, on peut lire :
 
« [...] le risque d'effet à la santé lié à l'exposition chronique demeure incertain. Le groupe de travail, après analyse de la preuve scientifique, considère que le lien causal entre l'exposition chronique aux CEM et l'apparition de cancers (leucémie chez l'enfant et chez l'adulte) n'est pas établi. Néanmoins, compte tenu de l'absence d'explication évidente des résultats inconstants des études épidémiologiques, on ne peut exclure l'existence d'un tel risque. »
 
Document original du groupe de travail sous l'égide de l'INSPQ

 
Santé Canada (2004)
   

Santé Canada est le ministère fédéral qui est chargé de la santé au Canada. Dans son site Internet, Santé Canada a mis en ligne une série de pages d'information sur un certain nombre de questions de santé et de sécurité qui touchent le grand public. Une de ces pages est consacrée aux CEM de fréquences extrêmement basses. On peut y lire :

« Il y a eu de nombreuses études sur les effets de l'exposition aux champs électriques et magnétiques de fréquences extrêmement basses. Les scientifiques de Santé Canada sont conscients que certaines études ont suggéré qu'il existe un lien possible entre l'exposition aux [CEM] et certains types de cancers infantiles. Cependant, lorsqu'on évalue toutes les études, la preuve semble être très faible. »

Page de l'Internet d'où a été tiré cet extrait (dans le site de Santé Canada)

 
Organisation mondiale de la santé (2004)
   

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est un organisme des Nations Unies spécialisé dans les questions touchant la santé. En 1996, l'OMS a lancé le programme Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques dans le but d'évaluer les effets sur la santé et sur l'environnement de l'exposition aux CEM en collaboration avec des agences et des instituts de recherche nationaux et internationaux. Dans les pages Internet consacrées à ce programme, l'OMS affirme :

« Malgré de multiples études, les données relatives à d'éventuels effets soulèvent beaucoup de controverses. Cela étant, il est clair que s'il est prouvé que les champs électromagnétiques ont un effet sur le cancer, l'accroissement correspondant du risque ne peut être qu'extrêmement faible. Les résultats obtenus jusqu'ici présentent de nombreuses incohérences, mais quoi qu'il en soit, aucune augmentation importante du risque n'a été mise en évidence chez l'adulte ou l'enfant quel que soit le type de cancer [..] Selon quelques études épidémiologiques, il y aurait une légère augmentation du risque de leucémie chez l'enfant en cas d'exposition aux champs électromagnétiques de basse fréquence générés dans la maison. Toutefois, les scientifiques ne sont généralement pas d'avis que ces résultats indiquent l'existence d'une relation de cause à effet entre l'exposition à ces champs et la maladie (contrairement à certains artefacts de ces études ou à des effets sans rapport avec l'exposition aux champs en question). Si l'on est parvenu à cette conclusion, c'est en partie du fait que l'expérimentation animale et les études en laboratoire ont été incapables de mettre en évidence le moindre effet reproductible à l'appui de l'hypothèse selon laquelle les champs électromagnétiques sont la cause ou agissent comme promoteurs de certains cancers. Les études de grande envergure qui sont actuellement en cours dans plusieurs pays pourraient apporter un élément de réponse à ces problèmes. »

Page Internet d'où a été tiré cet extrait (l'OMS)


 
Centre international de recherche sur le cancer (2002)
   
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est un organisme de l'OMS mandaté pour mener et coordonner des études expérimentales et épidémiologiques sur les causes du cancer. Les objectifs de ce centre de recherche sont de suivre l'incidence globale du cancer, d'en déterminer les causes, d'élucider les mécanismes de cancérisation et de trouver des stratégies scientifiques pour prévenir le cancer. En 2001, le CIRC a passé en revue les études disponibles sur la question du cancer et des CEM de 50 et de 60 Hz ainsi que des CEM statiques. Au terme de son évaluation, le CIRC a placé les CEM statiques de même que les champs électriques alternatifs de 50 et de 60 Hz dans la catégorie « ne peut pas être classé quant à sa cancérogénicité pour l'homme ». Pour les champs magnétiques de 50 et de 60 Hz, le CIRC a retenu la catégorie 2B intitulée « peut-être cancérogène pour l'homme ».

Résumé de l'évaluation (document du CIRC) (en anglais seulement)
Critères d'évaluation utilisés par le CIRC pour évaluer la cancérogénicité (document du CIRC)
Liste des autres agents placés dans la catégorie 2B du CIRC (document du CIRC)

 
International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection (1998)
   
L'International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection (ICNIRP) est un organisme non gouvernemental, collaborateur de l'OMS, dont la mission est d'analyser les risques sur la santé humaine des rayonnements non ionisants et de formuler des recommandations quant aux limites d'exposition tant pour les travailleurs que pour le public. Ces dernières doivent être approuvées par l'International Radiation Protection Association. En 1998, l'ICNIRP a mis à jour ses recommandations sur les limites d'exposition pour les CEM de 50 et de 60 Hz. Dans les nouvelles recommandations, l'ICNIRP affirme :

« Dans le cas des effets potentiels à long terme des expositions, tels qu'une augmentation du risque de cancer, l'ICNIRP conclu que les données disponibles sont insuffisantes pour servir de base à l'établissement de limites d'exposition, bien que les études épidémiologique suggèrent, mais non de façon convaincante, la présence d'une association entre des effets cancérogènes possibles et l'exposition à des densités de flux magnétiques de 50/60 Hz sensiblement inférieures à celles recommandées dans ses recommandations. »

Document original de l'ICNIRP (en anglais seulement)

 
Commission européenne (2001)
   
La Commission européenne (CE) défend l'intérêt général des pays membres de l'Union européenne (UE). Elle constitue le moteur de son système institutionnel. Pour la CE, la santé est une priorité essentielle. Le programme de santé publique de la CE vise à prévenir les maladies et les affections humaines ainsi que les causes de danger pour la santé humaine dans l'UE. Un des déterminants de la santé retenu par ce programme est l'environnement, à l'intérieur duquel on trouve la question des CEM. Au début de l'année 2001, la CE a demandé au Comité scientifique pour la toxicologie, l'écotoxicologie et l'environnement une mise à jour de l'évaluation des risques pour la santé liés à l'exposition aux CEM. À la fin de la même année, le comité a formulé l'avis suivant sur le sujet :

« Les analyses combinées des études épidémiologiques sur l'association entre l'exposition aux CEM et la leucémie infantile ont renforcé les preuves d'une association. Cependant, étant donné les inconsistances des mesures d'exposition et l'absence des autres critères utilisés habituellement dans l'évaluation des liens de causalité (en particulier, l'explication d'un mécanisme d'action biologiquement plausible [...]), l'association ne semble pas rencontrer les critères adéquats pour être considéré causale. De ce fait, l'ensemble des preuves que les champs magnétiques de 50/60 Hz provoquent la leucémie infantile doit être considéré comme limité [...] Il n'y a pas de suggestions convaincantes sur d'autres effets cancérogènes des CEM sur les enfants ou les adultes. »

Document original du groupe d'experts de la Commission Européenne (en anglais seulement)

 

Certains pays ont aussi mandaté des groupes d'experts pour se pencher sur la question. Voici les opinions de certains d'entre eux :

National Institute of Environmental Health Sciences (1999)
   
Le National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) fait partie des instituts nationaux de la santé (National Institutes of Health) qui sont sous la juridiction du ministère de la Santé et des Services sociaux des États-Unis (Department of Health and Human Services). En 1992, le Congrès des États-Unis a demandé à cet organisme, dans le cadre du Electric and Magnetic Fields Research and Public Information Dissemination Program (EMF-RAPID), de mener une évaluation du risque sur les effets que pourraient avoir les CEM de fréquence extrêmement basse sur la santé. En 1999, le NIEHS a rendu public un document officiel sur cette question. Ce document présente la conclusion suivante :

« La preuve scientifique suggérant que l'exposition aux champs électromagnétiques de fréquences extrêmement basses pose un risque pour la santé est faible. Les indices les plus probants, quant aux effets sur la santé, proviennent d'associations observées chez l'humain en rapport à deux types de cancer : la leucémie infantile et la leucémie lymphocytaire chronique chez les adultes exposés en milieu de travail. Alors que les preuves apportées par les études, prises individuellement, sont faibles, les études épidémiologiques utilisant certaines méthodes de mesure observent de façon relativement constante une faible augmentation du risque aux niveaux d'exposition élevés. Ce risque est généralement plus faible pour la leucémie lymphocytaire chronique que pour la leucémie infantile. Toutefois, l'étude des mécanismes d'interaction et les études toxicologiques sur des animaux de laboratoire n'ont pas réussi à produire de résultats concluants, même si quelques effets (dont une augmentation du nombre de cancers chez l'animal) ont été rapportés de façon sporadique. Aucun indice, quant à l'augmentation du risque de leucémie, n'a été observé chez l'animal de laboratoire. »

Document original du NIEHS (en anglais seulement)

 
Health Protection Agency (2005)
   
La Health Protection Agency (HPA) est un organisme dépendant du ministère de la Santé du Royaume-Uni dont la mission est de procurer une meilleure protection contre les maladies infectieuses et les autres dangers pour la santé, tels que les risques chimiques, les poisons et les radiations. À l'origine, son influence se limitait à l'Angleterre et au Pays de Galles. Après sa fusion avec le National Radiological Protection Board (NRPB) en 2005, la HPA a désormais autorité sur tout le territoire du Royaume-Uni. La mission de sa division de protection contre les radiations est d'entreprendre des recherches scientifiques pour faire progresser les connaissances sur la protection contre les risques des radiations ionisantes et non ionisantes, d'offrir des services d'analyses en laboratoire et des services techniques, de donner des cours de formation ainsi que de fournir des avis d'expert-conseil. Elle joue un important rôle consultatif au Royaume-Uni. Dans son site Internet, on peut lire, dans le rapport consacré aux risques de cancer liés aux CEM de fréquences extrêmement basses (rédigé en 2001 sous l'égide du NRPB):

« Les études expérimentales n'ont pas montré d'indices que les champs électromagnétiques d'extrêmement basse fréquence puissent causer le cancer. Les études épidémiologiques ne suggèrent pas non plus que ces champs puissent augmenter le risque de cancer en général. Toutefois, il existe des données épidémiologiques qui montrent une association entre un faible risque de leucémie chez l'enfant et l'exposition prolongée aux champs magnétiques de la fréquence des réseaux électriques[...]Devant l'absence de preuve d'un effet cancérogène chez l'adulte et d'explication plausible en provenance des études expérimentales réalisées chez l'animal ou des cellules isolées, les preuves épidémiologiques sont actuellement insuffisantes pour conclure de façon ferme que ces champs causent la leucémie chez l'enfant. »

Document original du groupe d'experts du NRPB (en anglais seulement)
 

Bibliographie des études sur les effets des CEM sur le cancer :





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