Respect de l'environnement

Le projet du complexe de la Romaine a fait l'objet d'une importante étude d'impact sur l'environnement. Les composantes des milieux physique, biologique et humain susceptibles d'être touchées par le projet ont été analysées. Hydro-Québec présente ici les mesures élaborées pour protéger l'équilibre écologique et permettre aux utilisateurs du territoire de poursuivre leurs activités.

Protéger le milieu humain et le patrimoine

Utilisation du territoire par les Minganois

Notre suivi

Hydro-Québec s'est engagée à suivre les incidences du projet sur l'utilisation du territoire par les Minganois jusqu'en 2024. L'ouverture du territoire engendrée par la construction de la route de la Romaine constitue l'un des grands enjeux du projet. Après une première étude de suivi en 2012-2013, le suivi se poursuit en 2015 pour déterminer les impacts sur la pratique de la motoneige de la mise en service de la centrale de Romaine 2 et l'efficacité des mesures mises en place. Il se poursuivra en 2017.

Les principales activités menées au cours de ce suivi sont :

  • des rencontres avec l'Association de chasse et de pêche de Havre-St-Pierre;
  • des entrevues avec une douzaine de motoneigistes;
  • un comptage automatisé des passages de motoneige sur la passerelle du Pk 30,5

Nos actions

La pratique de la motoneige est une activité de grande importance pour les Minganois. La portion de la rivière Romaine située en aval de la Grande Chute (PK 0-52,5) était utilisée par de nombreux motoneigistes pour se déplacer sur la rivière et traverser d'une rive à l'autre. La mise en service de la centrale de la Romaine 2, en décembre 2014, a modifié les conditions de glace dans ce secteur. La principale mesure mise en oeuvre pour atténuer cet impact a été la construction, au PK 30,5, d'une passerelle permettant une traversée sécuritaire de la rivière.

Couverture de glace

La pratique de la motoneige est liée à la couverture de glace et de neige ainsi qu'aux conditions météorologiques. L'hiver 2014-2015 a été le plus rigoureux depuis l'hiver 1992-1993. À partir du 30 décembre 2014, la couverture de glace a été présente sans interruption jusqu'à la fin de mars 2015 dans le secteur du sentier provincial de motoneige (sentier Trans-Québec no 3). Durant ces trois mois, aucune altération de la couverture de glace n'est survenue dans ce secteur.

La couverture de glace s'est étendue jusqu'au PK 45 de la Romaine. La rivière a été dégagée de glace en amont de ce point. En aval du PK 35, les éclaircies présentes sur la rivière étaient semblables à celles des inventaires précédents, effectués en conditions naturelles, mais elles occupaient une superficie accrue.

Parcours de motoneige et traversées de la Romaine

Selon les inventaires précédents, avant la modification des conditions de glace, la traversée la plus fréquentée était celle du PK 26, suivie de celle du PK 3 (sentier provincial) surtout utilisée par les membres du Club de motoneigistes Le Blizzard. La traversée du PK 16 était empruntée par un faible nombre de motoneigistes, tandis que celle du PK 64 était très peu fréquentée.

Depuis l'hiver 2010-2011, plusieurs motoneigistes empruntent la route de la Romaine plutôt que de traverser la rivière pour accéder à leurs lieux d'activité. Selon l'étude de suivi de l'utilisation du territoire de 2012, un motoneigiste sur deux a utilisé au moins une des aires de stationnement aménagées le long de la route de la Romaine pour y laisser son véhicule et poursuivre son trajet en motoneige.

Hydro-Québec a recommandé aux motoneigistes de ne traverser la rivière Romaine qu'au sentier provincial et à la passerelle. Du 28 janvier au 20 avril 2015, 2 335 passages de motoneiges ont été comptabilisés sur la passerelle construite au PK 30,5, soit une moyenne de 28 passages par jour.

La moyenne journalière de traversées pendant l'hiver 2014-2015 (28 passages) est légèrement supérieure à la moyenne obtenue en 2009 par l'enquête menée auprès des motoneigistes, qui évaluait le nombre de traversées à environ 26 par jour au PK 26 de la Romaine.

Parmi les douze motoneigistes rencontrés en mars 2015, trois avaient traversé la Romaine à un autre endroit que la passerelle du PK 30,5, soit au PK 18,5. Pour les motoneigistes qui traversaient habituellement en aval du PK 30,5, l'utilisation de la passerelle est un changement négatif puisque le trajet pour se rendre à leurs chalets situés plus au nord est allongé de 60 km (aller-retour).

Les motoneigistes ont commencé à utiliser le sentier Trans-Québec no 3 à la mi-février 2015. Le Club de motoneigistes Le Blizzard a cessé ses activités saisonnières le 29 mars 2015, y compris l'entretien du sentier provincial.

Les mesures d'atténuation

Selon les informations obtenues lors des rencontres avec les motoneigistes, la présence de la route de la Romaine et des aires de stationnement a modifié leur pratique de la motoneige. Ces parcours plus courts en motoneige favorisent la venue des familles aux chalets.

Tous les motoneigistes rencontrés ont reçu le bulletin d'information et ont vu ou entendu les messages diffusés dans les médiaux locaux. Ils se disent généralement satisfaits de l'information reçue. La majorité des répondants ont vu les panneaux de signalisation. Ils suggèrent de déplacer certains d'entre eux et de compléter la signalisation entre les sentiers existants et la passerelle du PK 30,5.

La mise en place de la passerelle modifie sensiblement les conditions de traversée de la Romaine puisque la date de formation de la couverture de glace sur la rivière n'est plus une contrainte au début ni à la fin de la saison. Selon les motoneigistes rencontrés, c'est uniquement la qualité de la couverture de neige au sol qui est désormais déterminante pour la pratique de la motoneige dans le secteur de la Romaine.

Ils soulignent que la passerelle constitue une amélioration majeure sur le plan de la sécurité.

Nos raisons d'agir

  • Suivre l'évolution des activités sur le territoire afin de mettre en place les mesures nécessaires à la sécurité des utilisateurs.
  • Déterminer les mesures à prendre pour que les utilisateurs puissent continuer de pratiquer leurs activités dans les meilleures conditions possibles pendant la construction du complexe de la Romaine.

Approche en rive gauche de la passerelle. Panneaux de signalisation destinés aux motoneigistes [PDF 4,6 Mo]

Utilisation du territoire et savoir innu

Notre suivi

Le programme de suivi couvre une période d'environ 15 ans (2009-2024). En plus de suivre l'évolution d'activités telles que la chasse, le piégeage et la cueillette, il inclut l'acquisition de connaissances issues du savoir innu.

Nos actions

De 2011 à 2014, Hydro-Québec a collaboré avec la communauté d'Ekuanitshit à la cueillette de plantes médicinales. En 2015, l'entreprise a produit une étude synthèse faisant état des activités menées au cours de ces quatre années, en ce qui touche tant les récoltes que les autres activités effectuées à la même occasion.

Quatre séjours de cueillette de plantes médicinales ont eu lieu de 2011 à 2014. Les deux premiers, en 2011 et en 2012, se sont déroulés dans le secteur du réservoir de la Romaine 1 et les deux derniers, en 2013 et en 2014, dans le secteur de la Romaine 4.

Chaque année, la composition de l'équipe de travail était définie par les responsables de la pharmacie communautaire d'Ekuanitshit. On y retrouvait généralement de deux à quatre cueilleuses et deux aides de campement innus de même que la conseillère en environnement d'Hydro-Québec.

En plus des activités de cueillette, les cueilleuses innues ont lu et commenté, avant leur publication, l'ensemble des textes et documents visuels produits à la suite des différents séjours. Le conseiller scientifique de la communauté a également participé à ces travaux documentaires. Ce processus a été mis en place dès le début du projet en raison de l'importance accordée par les aînées de la pharmacie communautaire à la protection du savoir lié aux propriétés médicinales des plantes. Ainsi, aucune diffusion de connaissances ni de documents ne s'est produite sans le consentement de l'équipe de la pharmacie communautaire.

Préparation de la racine de savoyane.
Cônes d'épinette noire.

Chasse à l'orignal [PDF 322 Ko]

De 2011 à 2014, seize espèces de plantes médicinales ont été cueillies, dont cinq dans le secteur de la Romaine 4 et treize dans le secteur de la Romaine 1. Toutes les plantes ont été transformées pour le traitement d'une variété de problèmes de santé : maux de tête, de gorge et de ventre, rhume, toux, infection oculaire, maladies de peau, rhumatisme, etc.

Au cours des différents séjours à la Romaine, l'activité de cueillette de plantes médicinales s'est aussi ouverte à un champ plus large, lié à la conception innue selon laquelle l'être humain est en relation avec l'ensemble des éléments qui l'entourent. Cet élan est devenu manifeste en forêt, où cueilleuses et aides de camp étaient spontanément portés à pratiquer toute activité qui leur semblait opportune.

Le piégeage et la chasse sont surtout l'affaire des hommes, tandis que la préparation et la cuisson des animaux relèvent habituellement des femmes. Ces tâches ont donc accaparé les cueilleuses une bonne partie de la journée chaque fois qu'une bête était capturée ou abattue.

Préparation du castor [PDF 832 ko]

Somme toute, la mesure qui visait à récolter des plantes médicinales et à documenter cette cueillette a également permis de documenter la pratique d'Innu Aitun, qui désigne « la vie innue », soit toutes les activités rattachées à la culture, aux valeurs fondamentales et au mode de vie traditionnel des Innus ainsi que le lien particulier qu'ils entretiennent avec le territoire. On a ainsi pu observer que les pratiques d'hier, même si elles ont évolué au fil du temps, appartiennent encore au présent.

Nos raisons d'agir

Reconnaître cette ressource valorisée par les Innus qui sera ennoyée par les nouveaux plans d'eau de Romaine-1 et Romaine-4.

La rivière Romaine a une valeur patrimoniale pour les Innus, en particulier pour les habitants d'Ekuanitshit, dont les ancêtres ont nommé les différentes composantes du territoire environnant.

La construction de la route de la Romaine facilitera l'accès au territoire, ce qui aura pour effet de favoriser la pratique d'Innu Aitun.

Suivi des activités de chasse et de pêche des travailleurs

Notre suivi

Hydro-Québec fait un suivi annuel des activités de chasse et de pêche sportives des travailleurs du chantier de la Romaine en collaboration avec la Société Tshitassinu, et ce jusqu'en 2020. L'objectif : vérifier l'efficacité des mesures d'encadrement mises en place pour assurer la conservation des ressources fauniques et apporter des correctifs au besoin.

Nos actions

Lors de l'étude d'impact, les Innus d'Ekuanitshit et les Minganois ont exprimé des préoccupations à l'égard de la pratique des activités de chasse, de pêche et de piégeage dans le territoire rendu accessible par le projet du complexe de la Romaine.

En 2010, Hydro-Québec a participé à la création de la Société Tshitassinu (Notre territoire), dont la mission consiste à collaborer avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) pour la gestion des ressources fauniques d'un territoire de 2 071 km2 qui englobe les campements de travailleurs du Mista et des Murailles. La Société Tshitassinu réunit des représentants de la communauté innue d'Ekuanitshit, de la MRC de Minganie et d'Hydro-Québec.

La route de la Romaine est ouverte au public jusqu'au kilomètre 112. Les travailleurs du complexe ne sont pas autorisés à utiliser leur véhicule au-delà de cette limite pour la pratique de la pêche ou de la chasse.

Avis aux utilisateurs du territoire [PDF 588 Ko]

De plus, à leur arrivée, les travailleurs sont informés de la réglementation. Un feuillet destiné à informer les travailleurs sur l'obligation de déclarer leurs prises et sur le respect des autres utilisateurs du territoire (Minganois et Innus) est disponible dans les campements (l'inclure). De même, une affiche placée à différents endroits rappelle aux travailleurs l'étendue de la zone de déclaration et les limites quotidiennes de prises.

Les efforts de la Société Tshitassinu et l'obligation d'obtenir un droit d'accès ont porté leurs fruits puisque le nombre de déclarations par des travailleurs a augmenté de 191 en 2013 à 252 en 2014 et à 567 en 2015. Le nombre de déclarations remplies par d'autres pêcheurs (villégiateurs minganois, visiteurs, etc.) est passé de 56 en 2013 à 123 en 2014 puis à 104 en 2015. Le nombre moyen d'excursions est de 2,2 par travailleur déclarant, comparativement à 1,9 l'année précédente.

En 2014 et en 2015, un total de 3 458 ombles de fontaine ont été ajoutés dans le lac 181 (voir la carte 13), le principal plan d'eau fréquenté par les travailleurs du campement des Murailles. À partir du campement du Mista, les travailleurs avaient accès à différents plans d'eau et pouvaient utiliser certaines embarcations sur le ruisseau Mista.

Les 263 travailleurs ayant déclaré des captures représentent 6 % de l'ensemble des personnes qui ont séjourné au moins une nuit aux campements de travailleurs pendant la saison de pêche. La proximité de lacs ensemencés a favorisé leur utilisation par les travailleurs, puisque 60 % des excursions y ont eu lieu. La proportion des excursions augmente à 86 % si on considère l'ensemble des plans d'eau situés à proximité des campements, tandis que les lacs situés dans le secteur de la route de la Romaine ouverte au public (kilomètres 0 32) suscitaient 5 % des excursions.

Pendant la saison de chasse à l'orignal, quatre travailleurs ont déposé une arme à la Sécurité industrielle d'Hydro-Québec et l'ont retirée pour l'utiliser. Selon l'information recueillie, trois orignaux ont été abattus dans le secteur du lac Puyjalon par des chasseurs qui ne résident pas en Minganie, possiblement des travailleurs.

Travailleur pratiquant la pêche au ruisseau Mista.
Équipement et infrastructure mis à la disposition des travailleurs.

Nos raisons d'agir

Le suivi des activités de chasse et de pêche sportives des travailleurs du chantier de la Romaine vise à protéger les ressources fauniques, à permettre aux Minganois et aux Innus de poursuivre leurs activités et à favoriser un dialogue constructif entre les différents utilisateurs du territoire.

Plans d'eau fréquentés pour la pêche par les travailleurs durant leurs loisirs en 2015 [PDF 1,4 Mo]

Incidences sociales pour les Minganois

Notre suivi

Hydro-Québec s'est engagé à faire le suivi des incidences sociales du projet sur la population minganoise jusqu'en 2024. Les activités réalisées en 2012 et en 2013 ont permis de documenter les effets du projet sur la Minganie.

Méthodes utilisées :

  • recherche documentaire ;
  • entrevues avec des intervenants de différents horizons (santé, éducation, social, municipal, etc.) et des représentants d'entreprises ;
  • enquête auprès de nouveaux propriétaires à Havre-Saint-Pierre (84 répondants) ;
  • sondage auprès de la population adulte de la MRC de Minganie (769 répondants).

Nos actions

Les activités réalisées – particulièrement le sondage de 2013 – ont mis en lumière les changements suivants :

  • La hausse du coût de la vie est perçue comme le principal impact négatif du projet, surtout sur les plans de l'alimentation et de l'habitation. Toutefois, on attribue principalement la croissance du coût du panier d'épicerie à l'augmentation du prix des denrées et à l'absence de concurrence. L'augmentation des loyers est similaire à celle des autres communautés de la Côte-Nord.
  • Les fonds versés par Hydro-Québec sont considérés comme le principal impact positif pour la communauté alors que l'emploi est le principal impact positif pour les personnes.
  • Comme en 2010, la plupart des Minganois demeurent heureux de vivre dans leur municipalité ou localité (92 %) et ils s'y sentent en sécurité (88 %).
  • Les acquéreurs de résidences (constructions neuves et existantes) sont surtout à l'emploi de Rio Tinto, Fer et Titane (RTFT) et des services publics (surtout le CSSSM). Une minorité de propriétaires ont un emploi relié au complexe de la Romaine.
  • La construction d'infrastructures pour les nouveaux secteurs résidentiels de Havre-Saint-Pierre a été financée grâce aux fonds liés au projet du complexe de la Romaine.
  • Comme les travailleurs du chantier de la Romaine sont hébergés dans des campements, leur présence n'a pas d'effet déterminant sur la demande de logements locatifs.
  • La fréquentation des établissements d'hébergement commerciaux et le nombre de nuitées touristiques en été étaient surtout liés aux activités de RTFT en 2011 et en 2012.
  • Malgré l'ajout de 31 places au centre de la petite enfance (CPE) Picassou en 2012, la liste d'attente comptait 183 noms au début de 2013. La demande de nouvelles places en garderie provient d'autres travailleurs que ceux du chantier de la Romaine.
  • Au début des travaux, le nombre de visites à l'urgence du Centre de santé et des services sociaux de la Minganie (CSSM) a augmenté, mais la situation est revenue à la normale depuis. En 2012, seulement 2,5 visites par semaine étaient effectuées par des travailleurs du chantier.
  • La demande de main-d'œuvre, qui est notamment stimulée par Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) et par le chantier de la Romaine, a entraîné une amélioration de la rémunération et des conditions de travail ainsi qu'un roulement accru des effectifs dans certaines entreprises.
  • Des formations professionnelles sont données pour les catégories d'emplois en demande sur le chantier de la Romaine.
  • Le chantier de la Romaine et les activités de RTFT contribuent à la croissance de l'emploi et à l'augmentation des revenus des ménages dans la MRC de Minganie.

Il est à noter que la présence de travailleurs n'a pas eu de répercussions sur la sécurité publique.

Nos raisons d'agir

  • Connaître les préoccupations et les enjeux soulevés par le projet et fournir des réponses ou mettre en œuvre des solutions appropriées le plus rapidement possible.
  • Sensibiliser les acteurs du milieu et les comités de liaison mis en place dans le cadre du projet afin d'orienter leur action au mieux.
  • Suivre les incidences du projet pour favoriser une intégration harmonieuse dans le milieu.
Nouvel ensemble résidentiel à Havre-Saint-Pierre

Incidences sociales pour les communautés innues

Notre suivi

Hydro-Québec s'est engagée à faire le suivi des incidences sociales du projet sur les communautés innues d'Ekuanitshit, de Nutashkuan, d'Unamen-shipu et de Pakua-shipi. Les activités réalisées en 2012 et en 2013 ont permis de documenter les répercussions socioéconomiques et sanitaires du chantier dans ces communautés.

Les méthodes utilisées sont les suivantes :

  • recherche documentaire ;
  • entrevues avec des gestionnaires de différents services (santé, éducation, conseil de bande) ;
  • sondage auprès de la population adulte des 4 communautés (651 répondants).

Le suivi prévoit aussi la réalisation d'enquêtes périodiques (sondages ou entrevues) auprès des travailleurs innus du chantier de la Romaine. L'objectif est de connaître la façon dont les Innus vivent cette expérience, d'évaluer l'efficacité des mesures mises en place pour faciliter leur intégration et, à terme, de déterminer les conséquences de leur séjour sur le chantier. En 2015, des entrevues ont été réalisées auprès des travailleurs des quatre communautés innues signataires d'ententes avec Hydro-Québec.

Nos actions

Incidences sociales

Les activités réalisées – particulièrement le sondage de 2013 – ont mis en évidences les changements suivants :

  • Plus des deux tiers des Innus ont eu accès à de l'information sur le projet de la Romaine. L'emploi et la formation constituent les deux principaux sujets sur lesquels ils souhaitent être informés.
  • Le principal impact négatif du projet, selon un peu plus de la moitié des répondants au sondage, est celui des difficultés que l'éloignement des travailleurs cause pour leur famille (voir la section suivante sur les travailleurs innus).
  • La création d'emplois est perçue comme le principal impact positif du projet bien que le nombre d'emplois occupés par les Innus est considéré par plusieurs comme insatisfaisant. De 2009 à 2012, en moyenne 49 Innus des 4 communautés visées étaient présents sur le chantier (37 provenaient des autres communautés innues de la région). Pour la même période, la masse salariale des travailleurs de ces 4 communautés est estimée à 18,9 M$.
  • Une grande majorité des répondants se disent satisfaits de leur qualité de vie personnelle. Les principaux facteurs influant sur la qualité de vie sont les problèmes sociaux, le manque d'infrastructures de loisirs et le manque d'emplois. Les répondants définissent sensiblement ces mêmes facteurs comme déterminant la qualité de vie dans la communauté.
  • Les fonds versés aux communautés ont permis la construction d'infrastructures communautaires et, à Ekuantishit, de maisons.
  • Le nombre d'Innus qui détiennent des certificats de compétence dans un métier de la construction est passé de 21 à 72 entre 2009 et 2012. Le métier de charpentier-menuisier est celui qui a connu la plus forte hausse. Les fonds de formation ont été largement utilisés par les communautés pour soutenir la formation, notamment dans le domaine de la construction.

On ne constate pas de baisse de la pratique d'Innu Aitun dans les communautés. Le soutien à Innu Aitun est le deuxième impact positif du projet sur la communauté selon les répondants. Les fonds destinés à soutenir ces activités ont permis des déplacements et la construction de camps.

Travailleurs innus

Un total de 108 travailleurs innus ont été interviewés au chantier et dans les communautés au sujet de leur expérience au chantier.

Travailler au chantier de la Romaine constitue un changement de vie significatif pour les travailleurs innus puisque plus de la moitié (55 %) des répondants en étaient à leur première expérience de travail à l'extérieur de leur communauté lorsqu'ils ont obtenu leur premier emploi au chantier, et 14 % à leur premier emploi à vie.

L'éloignement des travailleurs de leurs familles, particulièrement de leurs enfants, est une préoccupation souvent exprimée par les Innus. L'enquête indique que la majorité des répondants (61 %) sont mariés ou vivent en couple et que plus de la moitié des participants (56 %) n'ont pas d'enfants à charge. La principale raison de quitter le chantier évoquée par les travailleurs - qui ont déjà quitté leur emploi pour ensuite revenir travailler au chantier - est la fin de l'emploi (50 % des mentions) suivi par les raisons familiales (26 % des mentions). Entre 2012 et 2015, la proportion de travailleurs qui ont quitté leur emploi au chantier pour revenir y travailler a augmenté, passant de 27 % (12 sur 44) à 46 % (50 sur 108).

Menuisiers innus

Une majorité des répondants (56 %) n'ont pas rencontré de difficulté au travail. Les principales difficultés rencontrées ont trait aux relations avec un supérieur (33 % des mentions) ou les autres travailleurs (31 %). Près de la moitié de ceux qui ont connu des difficultés (46 %) ont demandé de l'aide, et ce surtout à un supérieur. Une majorité de ces répondants (78 %) se sont dits satisfaits de l'aide reçue. Une majorité de répondants évaluent les conditions et les relations de travail positivement.

Suite à des indications de tensions entre travailleurs innus et allochtones et entre travailleurs innus, ce sujet a été abordé de façon plus détaillée dans cette l'enquête. 42% répondants ont indiqué avoir vécu de l'intimidation, de la discrimination ou du racisme au chantier.

Une proportion de 13 % de répondants au questionnaire a donc indiqué avoir vécu (parfois ou très souvent) de l'intimidation, de la discrimination ou du racisme de la part d'un non-autochtone, incluant trois cas d'intimidation ou de harcèlement à caractère sexuel. Cette proportion est de 7 % dans le cas d'intimidation ou de discrimination par un autre innu.

Suite aux indications de tensions entre travailleurs innus et non autochtones, les administrations des campements ont intensifié les messages du programme Discrimination et harcèlement : tolérance zéro.

Les difficultés vécues au chantier constituent sans doute un frein pour certains à poursuivre leur expérience. Toutefois, une majorité de travailleurs innus affirment vouloir y poursuivre leur expérience.

Parmi les différentes mesures mises en oeuvre pour favoriser l'intégration des travailleurs innus, le shaputuan - lieu de rencontre des Innus - est fréquenté par un peu moins de la moitié des répondants (48 %) et l'internet - qui permet de rejoindre les familles - est utilisé par près des deux tiers (61 %) des répondants. Entre 2012 et 2015, la proportion des travailleurs qui utilisent Internet pour communiquer avec la famille proche a augmenté, passant de 39 % (17 sur 44) à 61 % (66 sur 108).

Le shaputuan du campement du Mista : un lieu de rencontre pour les Innus qui travaillent sur le chantier de la Romaine.

Nos raisons d'agir

  • Connaître les préoccupations et les enjeux soulevés par le projet et fournir des réponses ou mettre en œuvre des solutions appropriées.
  • Suivre les incidences du projet pour favoriser une intégration harmonieuse dans le milieu.
  • Aider les travailleurs innus à s'adapter à la vie de chantier, qui est très différente de la vie dans leur communauté.
  • Maximiser les incidences sociales favorables du chantier de la Romaine pour les communautés innues.
Résidences construites grâce à l'appui du Fonds de développement économique et communautaire

Mercure et santé

Notre suivi

Cycle du mercure [PDF 1,4 Mo]

Malgré les hausses temporaires prévues des teneurs en mercure dans les poissons des réservoirs, le niveau d'exposition au mercure des populations locales demeurera faible et bien inférieur aux niveaux pouvant entraîner des effets sur la santé.

Le programme de suivi d'Hydro-Québec vise à s'assurer que les populations locales puissent continuer à profiter des bienfaits pour la santé que procure la consommation de poissons, en évitant tout risque à leur santé lié à la présence de mercure. Ces activités sont réalisées en collaboration avec les organismes régionaux de santé publique.

Ce suivi comprend trois volets :

Le suivi du mercure dans la chair des poissons des réservoirs de La Romaine sera suivi jusqu'au retour à la normale (probablement vers 2039).

Nos actions

Comme le mercure est présent naturellement dans tout le Nord du Québec, il est déjà recommandé aux habitants de la région de respecter des limites de consommation, surtout pour les espèces qui consomment d'autres poissons. La création des réservoirs de la Romaine nécessitera l'abaissement de ces limites pendant un certain nombre d'années. Durant cette période, des recommandations de consommation seront communiquées régulièrement aux populations concernées.

Hydro-Québec et les organismes de santé publique de la région détermineront conjointement quels moyens utiliser pour informer les populations locales des risques et avantages associés à la consommation de poissons.

Des rencontres ont eu lieu en décembre 2013, en avril 2014 et en février 2015 entre les représentants d'Hydro-Québec et ceux du Centre de santé d'Ekuanitshit pour déterminer les outils de communication qui seraient les plus appropriés pour informer la population. Vous trouverez certains outils déjà diffusés au lien suivant : http://www.hydroquebec.com/developpement-durable/centre-documentation/mercure.html

Les poissons et les fruits de mer, c'est bon pour la santé !

Hydro-Québec a analysé le risque potentiel pour la santé lié à la consommation de poissons pêchés dans les réservoirs de la Romaine de concert avec l'Agence de la santé et des services sociaux de la Côte-Nord et Santé Canada. Les résultats de cette analyse se résument comme suit :

  • Actuellement, l'exposition des populations locales au mercure est faible et ne présente pas de risque pour la santé.
  • Les poissons chez lesquels les teneurs en mercure augmenteront suivant la création des réservoirs de la Romaine représentent de 0 à 3 % de tous les poissons et fruits de mer actuellement consommés par les trois populations concernées (Ekuanitshit, Longue-Pointe-de-Mingan et Havre-Saint-Pierre).
  • Malgré les hausses prévues des teneurs en mercure dans la chair des poissons, le niveau d'exposition des populations locales demeurera faible et largement inférieur aux niveaux susceptibles d'affecter la santé.
Brochet – Relevé de la teneur en mercure

Nos raisons d'agir

À l'état naturel, le mercure est présent sous plusieurs formes dans la végétation et dans les sols forestiers. Sous sa forme inorganique, le mercure est difficilement assimilé par les organismes aquatiques, dont les poissons.

Pour se retrouver dans la chaîne alimentaire, le mercure inorganique doit d'abord être transformé en méthylmercure (mercure organique), ce qui se produit quand se décomposent des matières végétales submergées : feuilles, aiguilles, mousses, humus, etc. Très résistants au pourrissement, les arbres submergés ne participent pas à cette transformation.

Le niveau d'augmentation du mercure dans la chair des poissons après la mise en eau d'un réservoir dépend non pas de la quantité de mercure inorganique déjà présent dans le sol, mais plutôt de la quantité de matière végétale submergée. Cette augmentation est temporaire, car les matières végétales se décomposent rapidement.

Le suivi des teneurs en mercure dans les poissons des réservoirs montre un retour aux teneurs naturelles de 10 à 30 ans après la mise en eau, selon les espèces.

Relevé de la teneur en mercure
L'analyse des cheveux est un excellent moyen pour déterminer l'exposition d'une personne au mercure pendant toute une année ou une saison de pêche. En effet, le mercure se dépose à la racine des cheveux et s'y fixe de façon permanente. Puisque les cheveux poussent d'environ un centimètre par mois, la concentration de mercure mesurée sur un centimètre de cheveu reflète la concentration moyenne au cours d'un mois.

Messages d'intérêt public sur le mercure

La présence du mercure dans l'environnement

Écouter

Le mercure est toujours présent dans l'environnement. Il est partout dans l'air, le sol, les lacs et les rivières.

C'est pourquoi, tous les poissons contiennent naturellement du mercure.

Lors de la mise en eau d'un réservoir, la végétation du sol est recouverte d'eau et se décompose ce qui augmente la transformation du mercure qui entre ensuite dans la chaîne alimentaire par les poissons.

C'est l'alimentation d'un poisson qui détermine sa teneur en mercure. Les poissons qui mangent d'autres poissons, contiennent donc plus de mercure que ceux qui mangent des insectes.

On est ce que l'on mange.

Pour ce qui est du saumon, il se reproduit en rivière. Durant cette période, il ne mange pas et donc, sa teneur en mercure ne change pas et reste faible.

Fait important : 8 à 10 ans après la mise en eau des réservoirs, la teneur en mercure des poissons des réservoirs redescend. Elle revient à un niveau naturel après 20 ans chez les poissons qui ne mangent pas de poisson et, entre 20 et 35 ans pour les poissons qui en mangent d'autres.

Écouter

Ka mishituepanitakanit aimun ashinikanapui e uauitakanit

Nanitam takuan ashinikanapui ute assit. Mishue anite takuan. Anite tshishikut, assit, shakaikanit/nipit kie shipit.

Eukuannu uet takuakannit uiashuat ashinikanapunu nutim nameshat.

Shikunakaniti neme nipi ka mautshitakanit, nipisha, mashkushua kie assi ka takuak anite kassinu nissipatakanua ekue pitshishkapaueti. Ne petshishkapauet tshekuan ekute uetshipanit ne ashinikanapui, eukuannu nenu nameshat umitshimuau.

Nenu tshekuannu matshit namesh ekute uet tshissenitakannit tan eshpishanit nenu ashinikanapunu anite uiat. Anitshenat nameshat kutaka namesha mueuat, kie nenua uemuaht namesha anu mishanu anite ashinikanapunu mak at anitshenat nameshat ka muaht manitusha.

Tshitishinakushinan miam ne tshekuan miatshiaku

Eku ne utshashumeku, nete shipit iamut. Nenu iamuti, apu tshekuannu mitshit. Apu mishkutshipannit kie apu mishannit ashinikanapunu anite uiashit.

Ne tshekuan iapatak tshetshi tshissenitakanit : nishuaush-tatupipuna nuash peikunnuepipuna/kutunnuepipuna katshi shikunakaniti neme nipi ka mautshitakanit, neme ashinikanapui nashipanu anite nameshit eshpish takuak. Katshi nishunnepipuna kau ekue minushtenit anitshenat nameshat eka ka muaht kutaka namesha. Eku anitshenat kutakat iat ka ishi-mitshishuht patush katshi nishunnepipuna kie ma nishtunnepipuna ashu patetat.

Le taux de mercure dans les poissons et le déboisement des réservoirs

Écouter

Des questions ont été soulevées quant à l'impact du déboisement des réservoirs et le taux de mercure dans la Romaine. La réponse est claire : réduire les superficies déboisées ne change pas de manière significative les teneurs en mercure dans la chair des poissons.

L'augmentation des teneurs en mercure est reliée à la décomposition de la végétation inondée tel que le couvre-sol, les feuilles et les mousses.

Les troncs ou les branches d'arbres ne se décomposent à peu près pas et n'influencent pas les teneurs en mercure dans les poissons.

Le taux de mercure dans les poissons n'est donc pas lié au déboisement des réservoirs.

Écouter

Kukuetshimunanuipan, neme tshe ishpanit tuashkuaitshenanuti mak neme tshe ishpishat ashinikanapui nete shipit Unaman-shipu. Mishta-nishtutakuan ne ka ishi-tshiuenakanit : atshunakaniti neme tshe ishpish tuashkuaitshenanut apu tshika ut mishkutshipanit neme tshe ishpishanit ashinikanapunu anite nameshat uiashuat.

Amatshuepaniti neme ashinikanapui eshpishat nete utshipanu ka pitshishkapaueti mashkushua, nipisha, massekushkamiku kie assi ka nissipatakaniti apu shashish.

Namaieuat anitshenat ka tshimikauakaniht mishtikuat kie utikuna ka pitshishkapaueti anite nipit uet nameshat mishanit ashinikanapunu, tanite nipit anite kie uinuau tauat.

Nenu eshpishanit ashinikanapunu anitshenat nameshat uiashuat apu utshipanit anite ka tuashkuaitshenanut nete ka mautshitakanit nipi.

Manger du poisson, c'est bon !

Écouter

Le poisson est excellent pour la santé.

Il contient entre autres des omégas-3 qu'on ne trouve pas dans la viande rouge. La consommation régulière de poisson permet même de réduire le risque de maladies cardio-vasculaires.

Puisque tous les poissons contiennent naturellement de petites quantités de mercure, il est recommandé de suivre les guides de consommation à cet égard.

Il n'est donc pas dangereux de manger du poisson de la rivière Romaine et des nouveaux réservoirs tant qu'on respecte les recommandations de consommation.

Écouter

Mishta-minushiu namesh e muakanit tshetshi minuinniunanut

Anite nameshit takuana neni eshinikateti oméga-3, apu takuak anite uiashit. Tshissenitakanu namesh muakaniti ekue eka shuku utei-akushit ne auen ka muat mitshetuau namesha.

Kassinu anitshenat nameshat kanuenitamuat nenu apishish ashinikanapunu, tshipa ui nashatakanu neme ka itashtet mashinaikanit tan tshe ui ishi-mitshishunanut.

Apu kushtikuak tshetshi muakanit namesh ka tat nete shipit Unaman-shipu mak nete ka tat anite ka tuashkuaitshenanut tshetshi shikunakanit nipi, tshika ui nakatuapatakanu neme ka ishi-uauetishuenanut tshe ishi-muakanit namesh.

Minuanu tshetshi muakaniht nameshat!

Archéologie

Les sites archéologiques qui ont été découverts dans le cadre du programme de fouilles ont permis d'approfondir les connaissances sur l'occupation du bassin de la Romaine. Rappelons que les Amérindiens sont présents sur la Côte-Nord depuis plus de 6 000 ans.

Les sites archéologiques qui ont été découverts dans le cadre du programme de fouilles mis sur pied en 2009, ont permis d'approfondir les connaissances sur l'occupation du bassin de la Romaine. Dans le secteur du réservoir de la Romaine-4, on a entre autre réalisé la fouille d'un site vieux de 6 635 ans, ce qui représente une découverte exceptionnelle, le territoire n'étant accessible que depuis 7 000 ans.

Les sites anciens repérés le long de la Romaine recèlent notamment des signes d'activités de chasse à la sauvagine et de pêche ainsi que des traces d'habitations temporaires. Deux lieux de sépulture d'une centaine d'années ont également été répertoriés.

La présence d'objets tels que des chaudrons, couteaux, fusils et perles de verre témoigne du développement des échanges entre Amérindiens et Européens à partir des XVIe et XVIIe siècles.

Ces fouilles sont réalisées grâce à l'aide précieuse des travailleurs innus. Leur connaissance du territoire permet d'ajouter de nombreuses informations complémentaires à celles recueillies lors des interventions archéologiques.

Nos actions

En tout, 354 zones à potentiel archéologique ont été inventoriées. Ces zones ont été visitées et sondées, ce qui a permis de mettre au jour 78 sites archéologiques, dont 21 remontent à plus de 500 ans et certains ont plus de 6 000 ans.

Activités archéologiques au réservoir de la Romaine 4 [PDF 1,1 Mo]

La fouille archéologique d'un site consiste à dégager la surface du sol et à recueillir de façon minutieuse tous les indices laissés par les occupants. On analyse ces indices dans le but de comprendre la fonction du site et d'établir qui l'a occupé et à quel moment.

De 2009 à 2011 les activités de fouille ont porté sur six sites liés aux trois premiers aménagements de la Romaine. Une datation au radiocarbone a montré que le premier site, au PK 60 de la Romaine, avait été occupé entre 1670 et 1770. Pour cette période, il s'agit de la seule occupation connue entre l'embouchure et le bassin supérieur de la Romaine.

Sur le deuxième site, au bassin des Murailles, plus de 9 000 éclats et 70 outils de pierre taillée ont été récupérés. Il a été établi que l'occupation du site était antérieure à l'arrivée des Européens.

La fouille d'un troisième site, au PK 115 de la Romaine, a permis de dégager deux structures de combustion et de nombreuses traces de piquets, des perches et un poêle de tôle associés à des structures de tente relativement récentes (moins de 50 ans).

Un quatrième site, au PK 135 de la Romaine, comprend une cabane de trappeur de la première moitié du XXe siècle. De nombreux objets, outils et instruments ont été laissés sur place à une époque qu'on situe à la fin des années 1940.

Les cinquième et sixième sites, découverts le long du tracé de la route de la Romaine entre les km 50 et 120, ont aussi été fouillés. Au premier, situé près d'un sentier de portage, la présence d'un foyer et d'outils de pierre taillée attestent une occupation datant de plus de 4 200 ans. Des indices d'occupation plus récents ont également été trouvés. Le second site, repéré à la hauteur du ruisseau Mista, aurait été occupé il y a près de 2 400 ans. Une structure de combustion, un éclat de quartzite de Ramah, ainsi que des traces d'ocre rouge ont été mis au jour.

Sondage manuel sur un site archéologique repéré en 2005.

Depuis 2013, nos efforts se concentrent sur le réservoir de la Romaine 4. Les 19 sites touchés et visés par les fouilles ont donc été revisités. Les relevés sont maintenant terminés pour treize de ces sites, trois sites exigeront de nouveaux efforts et des fouilles ont été entreprises sur trois autres sites en 2016.

Les fouilles au réservoir Romaine-4 ont permis de récupérer des milliers d’artéfacts lithiques, dont plusieurs outils, ainsi que quelques milliers de vestiges osseux et quelques artéfacts historiques et récents. Plusieurs éléments structuraux ont été dégagés, tels que des structures de combustion, de petites fosses charbonneuses et de nombreuses traces de piquets. Plusieurs de ces structures ont pu être datées grâce à la prise d’échantillons de charbon de bois. Les occurrences de dates anciennes sont notables (au moins sept occupations de plus de 4 000 ans, dont deux de plus de 6 300 ans). L’ancienneté de ces occupations complique la fouille puisqu’elle multiplie les niveaux excavés et force les archéologues à se questionner au sujet des schémas établis d’utilisation du territoire.

Notons entre autes la présence d'un site vieux de 6 635, situé sur la rive droite de la Romaine à la hauteur d'un rapide important (PK 263), qui compterait au moins quatre niveaux distincts d'occupation. En rive gauche de la Romaine, (PK 274) on a découvert une centaine de tessons de céramique, une première dans ce bassin versant. Vraisemblablement d'origine huronne la présence de ces vases, illustre l'envergure des réseaux d'échanges qui s'étendent du Labrador aux Grands Lacs.

L’archéologie nord-américaine subdivise la préhistoire en trois grandes périodes dans lesquelles s’insèrent des systèmes culturels d’apparence distincts. La période paléoindienne (12 000 8 000 ans AA) correspond à l’intrusion de groupes amérindiens sur le territoire québécois. Suit la période archaïque (8 000 3 000 ans AA), où les groupes se répandent à l’intérieur des nombreuses vallées pour atteindre de nouveaux territoires délivrés des glaces. Le Sylvicole (3 000 450 AA) correspond à l’introduction de nouvelles technologies dans la portion méridionale du territoire québécois (poterie, horticulture, etc.). Celles-ci entraîneront un changement majeur dans le mode de vie de nombreux groupes amérindiens du sud du Québec, qui deviendront progressivement plus sédentaires. Cependant, sur la Côte-Nord et au Labrador, ces changements n’ont pas connu le même écho à l’intérieur des terres, compte tenu de la nature différente du milieu.

À la période archaïque, les archéologues conviennent de façon générale de l’origine des groupes qui s’approprient l’intérieur du territoire. Il s’agit de groupes en provenance des côtes du Labrador dans un mouvement est-ouest. La découverte d’occupations aussi anciennes dans la haute vallée de la rivière Romaine pourrait indiquer un autre mouvement, cette fois dans un axe nord-sud, depuis la Minganie.

Sceaux à tabac de fer en forme de cœur qui retenaient les feuilles de tabac en paquets.
Objets liés à la chasse et au piégeage (pierre à fusil, plombs, cartouches, fil de laiton) associés à la dernière période d'occupation de ce site.
Exemples d'objets trouvés et leurs dimensions respectives
Site EiCv-001 au PK 199 de la rivière. Fouille en cours. Dégagement d’un foyer.
Activités prévues en 2016 [PDF 535 Ko]

Nos raisons d'agir

Les recherches archéologiques menées depuis 1999 visent à repérer, à identifier et à enregistrer des traces matérielles qui témoignent de la vie des groupes ou sociétés qui ont occupé le territoire.

Dans le but de préserver le patrimoine archéologique de la rivière Romaine, des archéologues ont analysé la zone d'étude et déterminé les endroits où des groupes amérindiens et des trappeurs de la côte étaient susceptibles d'avoir séjourné. Les sites mis au jour dans les secteurs touchés par le projet de la Romaine font l'objet de relevés et de fouilles.

Fouille d'un site archéologique –- Les fouilles portent sur des unités de 1 m2 subdivisées en quadrants. On décape les différents horizons de sol afin d'isoler les périodes d'occupation.
Fouille d'un site archéologique.
Fouilles archéologiques réservoir la Romaine
Fouilles archéologiques réservoir la Romaine
Instruments de positionnement utilisés pour les fouilles archéologiques [PDF 773 Ko]
Fouilles archéologiques dans le secteur de la Romaine-4 [PDF 583 Ko]

Protéger la diversité des espèces et le milieu naturel

Saumon atlantique

Notre suivi

Le saumon atlantique est en déclin dans la rivière Romaine, et sa situation est préoccupante sur la côte Est de l'Amérique du Nord. Le programme de suivi d'Hydro-Québec, combiné aux programmes de mise en valeur des habitats du saumon de la Romaine et de la Côte-Nord, contribuera à améliorer la situation de l'espèce.

Le suivi mené par Hydro-Québec dans la rivière Romaine et ses affluents comporte plusieurs volets :

  • suivi de la population de saumons atlantiques par différents moyens ;
  • évaluation de la fréquentation des frayères naturelles du saumon atlantique ;
  • évaluation de la fréquentation et de la qualité des frayères et des aires d'élevage aménagées en amont des chutes à Charlie ;
  • vérification de la production annuelle de saumoneaux (smolts) de la rivière Romaine quittant vers la mer.

Ces activités se dérouleront sur une période d'au moins 20 ans. Les différentes études de 2015 constituent la première année du suivi après la mise en exploitation de la centrale de la Romaine 2.

Nos actions

La dévalaison des smolts au PK 5 de la Romaine s'est déroulée du 5 juin au 14 juillet 2015, soit environ deux semaines plus tard que les deux années précédentes. La population de smolts de la Romaine se subdivise en deux sous-populations : l'une provient de l'affluent Puyjalon et l'autre, du cours principal de la Romaine. En 2015, la plus grande part de la dévalaison de smolts dans le cours principal de la Romaine est survenue plus tard que dans la Puyjalon, alors qu'elle survenait légèrement plus tôt les années précédentes. Ce décalage est possiblement causé par le réchauffement plus tardif de l'eau dans le cours inférieur de la Romaine comparativement aux années précédentes. Ce phénomène est lié à la présence du réservoir de la Romaine 2 à l'amont, dont la mise en eau s'est achevée au cours de l'automne 2014.

Dévalaison 2015

La population en dévalaison dans la Romaine en 2015 est évaluée à 12 300 smolts, dont 31 % proviennent de la population Romaine et 69 %, de la population Puyjalon. Cette dévalaison est assez faible comparativement aux deux années précédentes, mais s'explique possiblement par des difficultés d'échantillonnage particulières rencontrées cette année.

Montaison du saumon [PDF 291 Ko]

En 2015, un dénombrement des saumons adultes a été réalisé de la même façon qu'en 2010 et 2013, soit à l'aide d'une barrière flottante et d'un système de comptage automatisé IchtyoS. Le premier saumon est passé le 13 juin à la barrière de comptage et le dernier, le 26 août. La plus grande partie des saumons (85 %) ont migré en juillet, nettement plus tardivement que les années précédentes (2010 et 2013). Le dénombrement en 2015 atteint 172 saumons en montaison, dont 35 % de madeleineaux et 65 % de rédibermarins. Cette proportion est similaire à celles de 2010 et de 2013. Le dispositif de comptage avait permis de repérer 53 saumons en montaison en 2010 et 142 en 2013.

Aux 172 saumons ayant franchi la barrière de comptage, il faut ajouter les 14 captures à des fins alimentaires de la communauté d'Ekuanitshit et les 2 de la SSRR en aval de la barrière, pour une montaison totale estimée à 188 saumons en 2015.

La fraie du saumon dans le cours principal de la Romaine s'est déroulée du 18 au 28 octobre 2015 à une température de l'eau comprise entre 10 et 8 °C. Un pic d'activité a eu lieu du 24 au 26 octobre (température de l'eau de l'ordre de 8,5 °C). Ces observations indiquent qu'en dépit de températures plus chaudes de l'eau à cette période de l'année causées par la présence des réservoirs de la Romaine 2 et de la Romaine 1, le saumon a frayé sensiblement aux mêmes dates qu'en conditions naturelles dans le cours principal de la Romaine.

Un total de 151 nids de saumon ont été relevés au cours de l'automne 2015, soit 138 sur le cours principal de la Romaine (dont 49 sur les frayères aménagées), 9 dans la Puyjalon et 4 dans la rivière Allard. Il s'agit du nombre total le plus élevé obtenu depuis le début des suivis annuels (2010) et d'une augmentation de 65% comparativement à la moyenne des 3 années précédentes. Toutefois, le nombre de nids dans la Puyjalon et ses tributaires est en baisse pour la même période (100 nids en 2010 contre 13 en 2015), ce qui demeure préoccupant.

Répartition des nids de saumon dans le bassin de la Romaine en 2015 [PDF 886 Ko]

Pour une deuxième année consécutive, plus de la moitié des nids (58 %) du cours principal de la Romaine ont été dénombrés en amont des chutes à Charlie en 2015, où se retrouvent les meilleurs habitats pour les juvéniles. Ce constat semble indiquer que le patron de débit réservé à l'aval de la Romaine-1 permet de faciliter le franchissement de cet obstacle par le saumon et donne ainsi accès aux meilleurs habitats.

Comité de mise en valeur du saumon de la Côte-Nord

Formé de représentants d'Hydro-Québec, du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique (FQSA), le Comité de mise en valeur des habitats du saumon atlantique de la Côte-Nord (CMVSCN), responsable du Programme de Mise en Valeur du Saumon de la Côte Nord, a investi plus de 2,5 M$ en 2015.

Différents projets financés par le CMVSCN ont été réalisés en 2015.

Parmi les projets majeurs du programme, les travaux de réfection de la passe migratoire sur la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est se sont poursuivis avec l'installation d'une cage de rétention. De plus, dans le cadre d'un projet de recherche de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), 26 saumons ont été transportés dans un secteur actuellement inaccessible. Cette étude permet de mesurer la distribution spatiale du saumon dans un nouveau secteur, de situer les aires de fraie et d'évaluer la productivité du secteur.

Sur la rivière Moisie, la réparation d'un muret et l'installation d'une nouvelle vanne en sections à la passe migratoire Katchapahun permettra d'en optimiser l'opération, puisqu'elle sera ainsi adaptée à une plus grande variété de débits.

Sur la rivière de la Petite Trinité, l'aménagement d'une passe migratoire à la troisième chute, actuellement infranchissable, a été réalisé. Cette passe permettra d'augmenter jusqu'à 40 % le potentiel de reproduction de l'espèce dans cette rivière.

Sur la rivière Sheldrake, une entente a été signée avec le MFFP et la municipalité de Rivière-au-Tonnerre en vue de restaurer le saumon dans cette rivière à partir de géniteurs provenant de la station piscicole de Tadoussac. En 2015, le MFFP y a introduit 88 500 alevins et transféré 50 000 œufs dans des incubateurs installés dans la centrale hydroélectrique de Sheldrake. En parallèle, 100 smolts ont été capturés et sont gardés au Laboratoire de recherche en sciences aquatiques (LARSA) de l'Université Laval pour fins de reproduction.

Le réaménagement d'une passe migratoire à la première chute de la rivière Mingan a débuté en 2015 et se poursuivront en 2016. Le saumon aura alors facilement accès à 69 km de rivière, lesquels contribuent à 84 % du potentiel salmonicole de cette rivière.

Quatre projets communautaires ont par ailleurs été approuvés :

  • création d'une table de concertation régionale sur la gestion (protection) participative du saumon atlantique par les communautés innues sur douze rivières de la Côte-Nord ;
  • mise en place de six panneaux de réglementation pour assurer une meilleure protection de la ressource sur cinq rivières à saumon de Manicouagan ;
  • achat d'équipement pour l'escouade régionale en protection de la faune de la Côte-Nord ;
  • travaux correcteurs aux chutes du Seize sur la Sainte-Marguerite pour réduire les blessures, parfois mortelles, infligées aux saumons.

Nos raisons d'agir

Le saumon atlantique fréquente le tronçon de la Romaine compris entre l'embouchure de la rivière et la Grande Chute (PK 52,5), un obstacle naturellement infranchissable où est maintenant situé le barrage de la Romaine 1. Le projet du Complexe de la Romaine entraîne des changements au régime thermique et au patron annuel de débit de la rivière qui modifient ainsi l'habitat du saumon dans cette rivière.

C'est pourquoi celui-ci a fait l'objet d'une attention particulière dans le cadre de l'étude d'impact du projet de la Romaine, car il s'agit d'une espèce hautement valorisée dans la région, tant par les Innus que par les Minganois.

Mise en valeur de la ouananiche

Notre suivi

Notre suivi des populations de poissons et de leur habitat s'étalera jusqu'en 2035. Il nous permettra d'évaluer le maintien de la diversité et de l'abondance des espèces dans les réservoirs et dans les tronçons de la rivière Romaine. Dans l'étude d'impact, Hydro-Québec s'est engagée à mettre en œuvre un programme d'amélioration des populations de ouananiches dans le futur réservoir de la Romaine 4.

Nos actions

En 2015, les activités relatives à la mise en valeur de la ouananiche visaient les objectifs suivants :

  • évaluer l'accessibilité et le potentiel de production des tributaires du secteur de la Romaine 4 pour la ouananiche ;
  • déterminer les sources possibles de géniteurs de ouananiche et établir des scénarios d'implantation ;
  • élaborer un plan global de mise en valeur de la ouananiche dans le réservoir de la Romaine 4 ;
  • évaluer la nécessité de mettre en place des obstacles pour protéger les ombles de fontaine dans certains tributaires qui deviendront accessibles aux poissons prédateurs ou compétiteurs après la création du réservoir de la Romaine 4.
Ouananiche juvénile (smolt) capturée en aout 2015

On a choisi des tributaires offrant un potentiel de production pour la ouananiche, soit la Petite rivière Romaine et le ruisseau Katahtauatshupunan. Quelques endroits ont été ciblés pour la capture des géniteurs qui fourniront des alevins pour l'ensemencement du réservoir. Des études ultérieures permettront de préciser un plan global de mise en valeur.

Nos raisons d'agir

En amont de la Grande Chute, la production globale de poissons sera maintenue. Dans les réservoirs, il y aura une diminution de l'abondance relative des poissons plus vulnérables aux conditions lacustres, en particulier l'omble de fontaine, alors que d'autres espèces, comme le grand corégone, seront favorisées par les conditions qui seront observées en réservoir.

Dans le réservoir de la Romaine 4, on favorisera l'implantation de la ouananiche, une espèce déjà présente dans le secteur.

Habitat de taconnage, ruisseau Katatauatshupunan
Adulte de ouananiche capturé en aout 2015

Autres poissons

Notre suivi

Notre suivi des populations de poissons et de leur habitat s'étalera jusqu'en 2035. Il nous permettra d'évaluer le maintien de la diversité et de l'abondance des espèces dans les réservoirs et dans les tronçons de la rivière Romaine. Il permettra aussi de décrire l'utilisation de l'habitat du poisson en réservoir et d'évaluer les succès des ensemencements et des aménagements destinés à améliorer l'abondance des poissons.

Nos actions

  • Déplacement de deux populations d'ombles chevaliers vers des lacs situés hors des zones ennoyées afin d'assurer la conservation génétique de l'omble chevalier de la région qui représente une sous-espèce rare (oquassa). Au total, 85 ombles ont été transférés dans deux lacs situés en dehors de la zone d'ennoiement.

    Déplacement de populations d'ombles chevaliers [PDF 1,2 Mo]
    Omble chevalier (truite rouge).

Nos raisons d'agir

En amont de la Grande Chute, la production globale de poissons sera maintenue. Dans les réservoirs, il y aura une diminution de l'abondance relative des poissons plus vulnérables aux conditions lacustres, en particulier l'omble de fontaine, alors que d'autres espèces, comme le grand corégone, seront favorisées par les conditions qui seront observées en réservoir.

Omble de fontaine (truite mouchetée).
Grand corégone.
Répartition actuelle des espèces de poissons d'intérêt. [PDF 2,3 Mo]

Production de touladis et aménagement de frayères au réservoir de la Romaine 1

Notre suivi

Notre suivi des populations de poissons et de leur habitat s'étalera jusqu'en 2035. Il nous permettra d'évaluer le maintien de la diversité et de l'abondance des espèces dans les réservoirs et dans les tronçons de la rivière Romaine.

Nos actions

Hydro-Québec s'est engagé à implanter une population de touladis dans le réservoir de la Romaine 1. Le scénario retenu s'appuie sur un effort d'ensemencement qui prévoit l'introduction chaque année d'environ 10 000 jeunes touladis de 2016 à 2022.

La production de touladis a commencé en 2014 par le transfert en station piscicole de géniteurs originaires du bassin versant de la Romaine

La reproduction artificielle de ces géniteurs à l'automne permet d'engendrer à chaque année une nouvelle cohorte de touladis. En pisciculture, l'éclosion des oeufs a lieu au cours de l'hiver et les juvéniles produits poursuivent leur développement jusqu'au moment de leur ensemencement dans le réservoir.

Les premiers ensemencements ont eu lieu au printemps 2016, où près de 15 000 touladis âgées entre 0 et 1 ans ont été introduits dans le réservoir.

Afin de permettre aux touladis de s'y reproduire, des frayères ont été aménagées en rive du réservoir Romaine 1. L'une de ces frayères est située dans la partie aval du réservoir (PK 54,8) et l'autre, dans sa partie amont (PK 62,4).

La première phase des travaux d'aménagement a été complétée à l'été 2015, soit avant la mise en eau du réservoir, par la construction de l'assise rocheuse de ces frayères. Les aménagements seront complétés au courant de l'été 2020, par la mise en place du substrat de fraie.

Nos raisons d'agir

En amont de la Grande Chute, la production globale de poissons sera maintenue. Dans les réservoirs, les communautés de poissons des cours d'eau et des lacs qui seront ennoyés auront à s'adapter au nouvel environnement créé par les réservoirs, ce qui favorisera certaines espèces au détriment des autres.

L'implantation d'une population de touladis dans le réservoir Romaine 1 vise à mettre en valeur un salmonidé à forte valeur récréative et de subsistance.

Caribou forestier

Remise en liberté d'un caribou forestier femelle après la pose d'un collier émetteur.

Notre suivi

En 2009, Hydro-Québec a amorcé un suivi du caribou forestier qui se poursuivra jusqu'en 2025. L'objectif : évaluer les effets de la construction et de l'exploitation du complexe de la Romaine sur cet animal. En plus des centrales, des réservoirs et des ouvrages connexes, la zone d'étude englobe la route de la Romaine ainsi qu'une portion des lignes de transport qui raccorderont le complexe au réseau d'Hydro-Québec.

Le suivi du caribou comprend trois volets : des inventaires aériens périodiques, un suivi télémétrique et une évaluation de la qualité de l'habitat.

Nos actions

L'inventaire aérien effectué en 2015 indique un déclin de population, qui se traduit par une faible densité dans la zone d'étude (1,06 caribou par 100 km2), une mesure en baisse depuis 2009. La proportion de faons (14 %) et le nombre de faons par 100 femelles (27) sont considérés comme faibles. Différents paramètres situent à 21 % le taux de décroissance de la population depuis 2014 et confirment la tendance à la baisse observée au cours des dernières années. Des indices suggèrent aussi une augmentation de la prédation.

L'analyse de données recueillies entre 2009 et 2013 confirme l'effet des travaux de construction et de la présence des infrastructures sur la dynamique et la répartition de la population de caribous forestiers fréquentant la zone d'étude. La route de la Romaine, notamment, modifie les déplacements des caribous et risque de favoriser le déclin des populations en facilitant l'accès au territoire des loups et des chasseurs.

Caribou femelle portant un collier émetteur
<
Capture d’un caribou à l’'aide d’un lance-filet

Nos raisons d'agir

Le caribou forestier est une espèce valorisée par les Innus. L'espèce est désignée vulnérable au Québec et menacée au Canada. Le caribou forestier est particulièrement sensible au dérangement humain. Les aménagements du complexe de la Romaine pourraient donc modifier sa répartition sur le territoire. Ainsi, les réservoirs pourraient faciliter les déplacements de l'espèce alors que la route pourrait contribuer à son dérangement.

Individu portant un collier télémétrique.

Surveillance de la faune durant le remplissage du réservoir de la Romaine 1

Notre suivi

Hydro-Québec fait un suivi de la faune terrestre durant le remplissage des réservoirs de la Romaine. L'objectif : surveiller les rives et en particulier certaines zones jugées à risque au cas où des bêtes se trouveraient menacées par la montée des eaux. Le suivi portait principalement sur la grande faune, le castor et d'autres espèces d'intérêt.

Nos actions

Pour la mise en eau du réservoir de la Romaine 1, Hydro-Québec s'est basée sur la modélisation de la mise en eau du réservoir et sur des inventaires récents de la faune terrestre pour délimiter les secteurs où des animaux risquaient d'être piégés par la montée des eaux. Trois visites de surveillance, totalisant huit jours, se sont étendues du 22 septembre au 8 octobre 2015, à raison d'une visite par semaine.

L'équipe de surveillance des déplacements de la faune a cumulé 30 observations fauniques portant sur 29 signes de présence et sur 1 animal. Certaines observations se rapportaient au même animal, repéré plus d'une fois. Le plus grand nombre d'observations (14) ont été faites au cours de la deuxième visite. Le nombre d'observations a été relativement faible en comparaison de la surveillance de la mise en eau du réservoir de la Romaine 2, qui a suscité 70 observations. Cet écart s'explique principalement par l'absence de couverture de neige durant le remplissage de même que par la faible superficie du réservoir de la Romaine 1 et la courte durée de sa mise en eau.

Parmi les 30 observations fauniques, 8 signes de présence ou animaux correspondaient à des individus distincts (voir le tableau 23). Les observations ont porté sur deux espèces, soit le castor et l'orignal, alors qu'elles avaient touché six espèces au réservoir de la Romaine 2. Déjà en 2001, le secteur du réservoir de la Romaine 1 était moins fréquenté par la petite faune que les secteurs situés plus au nord. La presque totalité des observations fauniques (27) ont nécessité un suivi.

Surveillance de la faune lors du remplissage de Romaine 1 [PDF 769 Ko]

Au final, il n’a pas été nécessaire de procéder à la capture de bêtes en détresse durant le remplissage du réservoir de la Romaine 1.

Nos raisons d'agir

Pendant le remplissage d’un réservoir, des animaux peuvent se retrouver piégés sur de petites îles temporaires ou permanentes.

Castor

Notre suivi

Hydro-Québec a entrepris un suivi du castor sur le tracé de la route de la Romaine. L'information obtenue sera prise en compte dans la conception, la construction et la gestion de la route.

En vue de valoriser les castors qui seront dérangés par la mise en eau des réservoirs, un programme de piégeage intensif a été mis en place avec les Innus.

Nos actions

En 2009, on a amorcé l'inventaire des barrages et des colonies de castors à proximité des traversées de cours d'eau du réseau routier du complexe de la Romaine. Cet inventaire progresse au même rythme que la construction de la route.

Aux fins de l'évaluation, les traversées sont classées selon le degré de priorité et la nature des interventions recommandées.

Plusieurs moyens peuvent être utilisés pour protéger les traversées de cours d'eau : piégeage des castors, démantèlement des barrages, surdimensionnement des ponceaux ou installation de dispositifs spéciaux pour assurer l'écoulement de l'eau.

En 2014, on a inventorié 546 traversées de cours d'eau par la route de la Romaine ou des accès secondaires. Cet inventaire a permis de guider les relevés aériens de 2015 de manière à établir les interventions prioritaires. Ainsi, à l'été 2015, trois barrages de castor ont été touchés et quatre castors piégés. À l'automne, un barrage a été démantelé en plus de piéger dix castors.

Nos raisons d'agir

La réalisation du complexe de la Romaine exige la construction d'une route d'environ 150 km qui donnera accès aux différents ouvrages. Le castor peut causer des dommages à ce réseau routier en obstruant les ponceaux ou en construisant des barrages susceptibles d'entraîner l'inondation de la route.

Barrage de castor en amont d'une traversée
Lorsque les castors risquent de causer des dommages à la route, différentes interventions sont possibles : création de brèches dans les barrages piégeage des colonies, etc. [PDF 301 Ko]
Capture d’un castor adulte
Installation d’un piège

Valorisation du castor par des Innus dans le cadre du suivi environnemental du projet de la Romaine. De la relève des pièges au tannage de la peau, en passant par la récupération de la viande, des Innus expliquent les méthodes ancestrales liées à la préparation de cet animal prisé par la communauté.

Oiseaux

Notre suivi

Le suivi des populations d'oiseaux vise plusieurs objectifs. Il s'agit de valider l'impact des réservoirs sur la sauvagine. On vérifiera également l'utilisation d'autres installations, soit des plateformes à balbuzard et des nichoirs à canard arboricole. De plus, un nid d'aigle royal situé près d'un dépôt de carburant sera surveillé. S'il vient à être utilisé, on fermera le dépôt pour ne pas déranger le couple. Le calendrier du suivi varie selon les espèces, mais l'ensemble du programme sera terminé en 2025.

Nos actions

Sauvagine

  • Nous avons amorcé le suivi environnemental visant à vérifier les effets de la création des réservoirs sur la sauvagine. Les inventaires de 2015 montrent une diminution de la densité des couples nicheurs et des couvées par rapport aux inventaires précédents dans les réservoirs de la Romaine 2 et de la Romaine 3, mais une augmentation dans le réservoir de la Romaine 1.
  • Cette situation est transitoire car plusieurs mesures d'atténuation sont mises en œuvre pour compenser la perte de milieux humides, telles que l'aménagement de milieux humides et le déboisement extensif des rives des réservoirs. Selon le suivi de la sauvagine effectué au réservoir de la Sainte-Marguerite 3, l'utilisation du nouveau plan d'eau par la sauvagine pourrait augmenter au cours des prochaines années.
  • On prévoit installer 60 nichoirs et préserver des chicots dans les zones déboisées pour les canards nichant dans les arbres. L'installation débutera à l'automne 2016.

Nos raisons d'agir

La création des réservoirs entraînera la perte de milieux humides qui constituent des habitats de reproduction pour les canards et d'autres espèces d'oiseaux. Les grands plans d'eau formés semblent toutefois favorables à l'élevage des couvées.

Fuligules à collier

La création des réservoirs va également entraîner la disparition d'arbres favorables à la nidification de canards arboricoles, tels que le garrot à œil d'or et les harles. Cette perte d'habitats sera compensée par l'installation de nichoirs et par la préservation de chicots.

Couples de grands harles

Quelques nichoirs seront installés spécifiquement pour le garrot d'Islande, une espèce protégée.

Garrot d'Islande

Oiseaux de proie

  • Pendant la période de reproduction des oiseaux de proie, le déboisement a été interdit dans un rayon de 500 mètres autour de deux nids de balbuzard situés dans le périmètre des réservoirs de la Romaine 2 et de la Romaine 3. Une plateforme a également été installée au Lac Bernard et sur les rives du réservoir de Romaine-2 pour offrir un support à nidification.
  • Aucune des deux plateformes aménagées n'a été utilisée. Toutefois, un nouveau nid a été découvert dans le même secteur en 2015. Un couple reproducteur était présent et la présence d'un aiglon au nid a été confirmée. L'étude d'impact mentionnait que des habitats de remplacement étaient disponibles sur le pourtour du réservoir de la Romaine 2. Il appert que la présence de grands arbres répond aux besoins des balbuzards pêcheurs, puisqu'on a observé un second nid près d'un petit lac voisin.
    Plateforme de nidification - lac Bernard.

Le déboisement des réservoirs touchera huit nids d'oiseaux de proie, dont deux nids de balbuzards pêcheurs. L'interdiction de déboiser en période de reproduction et l'installation de plateformes de nidification permettront d'atténuer cet impact. Les travaux de construction et en particulier les opérations de dynamitage auraient pu déranger les activités de nidification du couple de balbuzards.

Balbuzard pêcheur.
  • Depuis 2010, l'aigle royal fait l'objet d'un suivi. Il n'y a pas eu de nidification aux nids d'aigle royal qui sont situés à proximité du dépôt à carburant de Romaine 3 et qui font l'objet de mesures d'atténuation. Des branches de conifères avaient toutefois été déposées, ce qui témoigne d'une certaine présence des aigles à ces endroits.
  • En collaboration avec le MFFP, nous avons capturé en 2013 le mâle du couple pour l'équiper d'un émetteur-satellite. Le suivi télémétrique nous permettra de suivre les déplacements de l'aigle.
    Aigle royal - pose d'émetteur [PDF 377 Ko]
  • Le suivi télémétrique montre que le mâle utilise un territoire très vaste de quelques dizaines de kilomètres. Le domaine vital essentiel (50 % des localisations) de 2015 est beaucoup plus petit que celui des années précédentes (près de 24 km2 comparativement à 47 km2 en 2013 et à 33 km2 en 2014). Les raisons de ce changement nous sont inconnues.
    Le suivi télémétrique. [PDF 6,8 Mo]
  • Peu d'infrastructures permanentes d'Hydro-Québec sont présentes dans le domaine vital essentiel de l'aigle. L'aigle préfère éviter la vallée du campement du Mista et le site de construction des ouvrages de la Romaine 3. Le futur réservoir de la Romaine 3 demeure à l'extérieur de son domaine vital. L'aigle fréquente surtout la vallée située au sud-ouest et au sud du lac 806 de même que la vallée de la rivière Mingan Nord-Ouest.
  • L'établissement du domaine vital de l'aigle a permis de positionner une nouvelle tour de télécommunications à l'extérieur du domaine essentiel.
  • L'aigle migre le long de la côte nord du St-Laurent et passe l'hiver au Vermont et dans l'état de New York.

Le suivi a pour but de déterminer si les nids d'aigle royal à proximité de l'aménagement de Romaine-3 sont utilisés. Si le nid situé à proximité du dépôt de carburant vient à être utilisé, le dépôt de carburant sera fermé pour éviter que le couple soit dérangé.

Nid d'aigle royal.

L'étude réalisée en collaboration avec le MDDEFP contribuera à l'acquisition de connaissances sur l'aigle royal.

Oiseaux forestiers

  • Les sites utilisés à des fins temporaires pendant la construction (campements, bancs d'emprunt, etc.) seront reboisés.
  • En 2015, Hydro-Québec a créé quelque 20 ha d'habitats riverains dans des baies du réservoir de la Romaine 1. Elle a déboisé une bande supplémentaire de 12 m de largeur en bordure du réservoir afin de favoriser l'implantation d'arbustaies, alors que des arbres et arbustes fruitiers ont été plantés dans quatre baies aménagées afin d'attirer les oiseaux forestiers frugivores.

L'aménagement des réservoirs, des ouvrages et des voies d'accès entraînera des pertes d'habitats pour les oiseaux forestiers.

Grive à dos olive

Espèces végétales rares

Notre suivi

Deux populations de matteuccies fougère-à-l'autruche (Matteuccia struthiopteris) et cinq populations d'hudsonies tomenteuses (Hudsonia tomentosa) ont été recensées dans la zone d'étude du projet. Hydro-Québec a réalisé un programme de transplantation pour ces deux espèces rares.

Nos actions

Hydro-Québec a réalisé de 2009 à 2011 un programme de transplantation visant le maintien des populations de ces deux espèces.

Dans le cas de la matteuccie, on a opté pour la transplantation, une méthode couramment utilisée.

Dans le cas de l'hudsonie, on a également procédé à des transplantations tout en menant des travaux exploratoires avec le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques afin d'évaluer l'efficacité d'autres méthodes de propagation. Ainsi, on a réalisé des études et des essais en serre afin de mieux connaître le mode de reproduction de l'hudsonie. Ces travaux ont permis d'améliorer les connaissances sur l'espèce et de déterminer les précautions nécessaires au succès de la transplantation et de la production de semis. Des essais de transplantation ont été effectués dans les secteurs de la Romaine-1 et de la Romaine-4. Les sites choisis abritent des dunes actives, qui représentent l'habitat type de l'hudsonie tomenteuse.

Résultats du bouturage.

La survie des plants d'hudsonie tomenteuse a varié selon les techniques de transplantation retenues. Les ensemencements n'ont donné aucun résultat et la plantation de boutures sur tourbe a connu le plus faible succès. Les résultats des autres techniques sont davantage positifs, soit les boutures cultivées sur substrat sableux, les plants divisés et les plants entiers. Certains plants d'hudsonie ont fructifié et produit des semis.

Au total, sur les 201 plants d'hudsonie tomenteuse transplantés par boutures sur sable ou par plants entiers ou divisés, 122 ont survécu en 2015, soit un taux de survie de 61 %, et 70 % des plants ont fructifié. Une proportion de 3 % de la population provient de semences de plants qui ont réussi à germer et à croître.

À la lumière de ces résultats, il semble que les plants qui ont réussi à survivre au choc de la transplantation sont en mesure de fleurir et de produire des semis. Le nombre de plants et le nombre de sites sont en apparence suffisants. Ces résultats démontrent que la persistance de l'hudsonie tomenteuse est assurée dans le bassin versant de la rivière Romaine.

Au total, 24 plants (couronnes) de matteucie fougère-à-l'autruche ont été transplantés à l'automne 2009 dans deux sites rapprochés, situés en bordure de méandres de la rivière Romaine Sud-Est. Le suivi montre que la diminution du nombre et de la vitalité des plants amorcée en 2013 s'est poursuivie jusqu'en 2015. Aucun signe de reproduction de la plante n'a été observé dans les sites de transplantation. Les résultats sont donc incertains quant à cette espèce, qui est à la limite de son aire de distribution.

Nos raisons d'agir

La création du réservoir de la Romaine 2 entraînera la perte des deux populations de matteuccies de la zone d'étude, tandis que la création du réservoir de la Romaine 4 fera disparaître quatre des cinq populations d'hudsonie.

Carte des travaux et de suivi de l'hudsonie tomenteuse et de la matteuccie fougère-à-l'autruche en 2010. [PDF 15,2 Mo]
La transplantation de la matteuccie et de l'hudsonie tomenteuse nécessite énormément de rigueur. Le prélèvement, le choix du milieu récepteur et la plantation doivent en effet se faire avec beaucoup de minutie.[PDF 42,9 Mo]

Océanographie

Embouchure de la rivière Romaine
Mye commune

Notre suivi

Embouchure de la Romaine

Le suivi dans le secteur de l'embouchure de la Romaine couvrira :

  • la nature des fonds et la bathymétrie ;
  • les conditions de température et de salinité, selon les saisons ;
  • la couverture de glace ;
  • la superficie et la répartition, par classe de densité, d'une plante marine, la zostère ;
  • la densité de la mye commune de taille non commerciale ;
  • le suivi du substrat de deux frayères à capelan.
Chenal de Mingan

Un suivi de la production planctonique et de physico-chimie de l'embouchure et du chenal de Mingan a été réalisé en 2015. Ce suivi a permis de comparer les conditions actuelles avec celles correspondant à l'état de référence, établi en 2013, mais aussi de mieux comprendre la dynamique planctonique et les facteurs qui la contrôlent. De plus, le programme comprenait un volet complémentaire visant à réaliser un modèle hydrodynamique, basé sur le suivi du front salin. Ce modèle a permis d'étudier l'effet des marées et des apports d'eau de la rivière Romaine sur la dynamique des masses d'eaux dans la zone de l'embouchure et du chenal de Mingan.

Nos actions

Embouchure de la Romaine
  • En 2015, les caractéristiques physiques de la zone de l'embouchure ont été analysées, plus particulièrement pour le suivi de la zostère marine, des frayères à capelan et de la mye commune. On a caractérisé des paramètres physiques comme l'altimétrie, le substrat de même que la température et la salinité de l'eau.
  • Sur le plan des caractéristiques physiques, les analyses relatives à la morphologie et au substrat donnent globalement des résultats semblables à ceux de l'état de référence (2013).
  • Pour ce qui est de la température de l'eau dans l'embouchure, la valeur moyenne printanière de 2015 reste proche de celle de l'état de référence. On a par contre observé des valeurs en été et au début de l'automne plus élevées qu'en 2013.
  • La salinité de l'eau enregistrée près du fond a varié de 0 à 32 psu en fonction des facteurs dominants (marées, apports d'eau douce de la Romaine, etc.), comme en 2013. Les variations de débit attribuables à l'exploitation (débit plus élevé en été et un peu plus faible au printemps) ont eu des répercussions sur les apports d'eau douce dans la zone de l'embouchure, respectivement plus grands en été et moindres au printemps qu'en 2013.
  • La prise des glaces dans l'embouchure de la Romaine s'est produite à la même période qu'à l'hiver de référence (2013-2014), soit à la mi-janvier. L'emprise des glaces a toutefois été plus extensive en 2015, alors que le départ des glaces a été plus hâtif. Les données sur l'épaisseur de la glace dans la partie intérieure de l'embouchure de la Romaine sont comparables à celles de l'hiver de référence.
  • Hydro-Québec s'est penchée sur certaines composantes biologiques de la zone de l'embouchure. Dans l'ensemble, le suivi indique que la répartition des herbiers de zostère en 2015 est semblable à celle de 2013, bien que des modifications (avancées et retraits) aient été observées, surtout sur le pourtour des herbiers.
    Inventaire de zostère
  • Pour ce qui est de la mye commune, on note que l'espèce est moins abondante dans l'embouchure de la Romaine par rapport à 2013, mais c'est également le cas à deux sites témoins (baie des Trilobites et embouchure de la Mingan, quoique de façon moins marquée dans ce dernier cas). Aux trois endroits, les myes de moins de 20 mm sont aussi moins abondantes en 2015, signe d'une reproduction moins fructueuse au cours des trois dernières années.
  • Relevés de mye commune
  • Le prochain suivi des composantes physiques et biologiques de la zone de l’embouchure se fera en 2017.

Nos raisons d'agir

 

Les habitats fauniques de la zone de l'embouchure seront conservés.

Chenal de Mingan

En 2015, des campagnes sur le terrain ont permis d'analyser les paramètres physicochimiques et biologiques de l'eau dans l'embouchure de la Romaine et le chenal de Mingan. La méthodologie utilisée pour établir l'état de référence de 2013 a été reproduite en 2015 bien que des modifications aient été apportées au plan d'échantillonnage pour en bonifier certains aspects. Des mesures ont été ajoutées à même la rivière Romaine pour en connaître la signature. Contrairement à l'hypothèse de départ, l'apport en éléments nutritifs et en biomasse planctonique provenant de la rivière Romaine n'était pas significatif. C'est plutôt la masse d'eau en provenance du large, donc du détroit de Jacques-Cartier, qui détermine les teneurs en éléments nutritifs et l'abondance planctonique de la zone d'étude. Compte tenu de l'apport d'eau particulièrement important en 2015, ces résultats indiquent que la rivière Romaine a très peu d'influence sur la production planctonique du chenal de Mingan. En effet, la quantité d'organismes et la composition spécifique de la communauté planctonique relevées en 2015 correspondent à la situation de 2013.

 

Les ressources halieutiques comme le crabe des neiges et le pétoncle d'Islande seront conservées.

Sédimentologie

Notre suivi

Le suivi de la dynamique sédimentaire dans le bassin de la rivière Romaine comporte trois volets :

  • Suivi des apports sableux issus de l'érosion des rives.
  • Suivi du transit sédimentaire (zones temporaires de déposition et d'érosion).
  • Suivi des charges sédimentaires de fond et en suspension livrées à l'embouchure de la Romaine.

En août 2009, Hydro-Québec a entrepris une étude complémentaire sur la qualité des substrats de fraie du saumon atlantique en conditions naturelles. L'objectif était de documenter la dynamique sédimentaire aux sites des frayères afin d'assurer le maintien de la qualité de ces habitats en conditions futures. Le prochain suivi en phase exploitation débutera en 2016.

Nos actions

Dynamique sédimentaire en aval de la Romaine-1

  • Le suivi de l'érosion des quelque 134 km de rives en aval de la centrale de la Romaine 1 depuis la mise en service de l'aménagement de la Romaine 2 indique que la longueur des rives instables a diminué par rapport à 2013 (10 % des rives en érosion en 2015 comparativement à 12 % en 2013) et que l'érosion touche sensiblement les mêmes rives. Comme prévu, l'érosion se manifeste par de nouveaux glissements ponctuels sur des rives déjà instables et ne semble pas liée à l'activité hydrodynamique de la rivière, mais plutôt à d'autres processus d'érosion tels que le ruissellement de surface et les cycles de gel et dégel.
    Coupe type érosion [PDF 3,2 Mo]
  • Des relevés bathymétriques et topographiques effectués en 2015 entre les PK 6,1 et 3,8 indiquent qu'il n'y a pas eu de changement majeur de la morphologie du lit de la rivière dans ce secteur depuis 2013. Les observations faites (étirement d'un banc de sable et accumulations locales de sable) correspondent à ce qui avait été prévu par l'étude d'impact. À noter que, comme ce tronçon est le seul endroit de la Romaine où on prévoyait que la capacité de transport serait plus faible que la charge disponible, il constitue le site principal de l'étude du transit sédimentaire entre l'aménagement de la Romaine 1 et l'embouchure de la Romaine.
  • Une analyse préliminaire des données recueillies sur la charge de fond, sur la charge en suspension et sur la turbidité mène à des résultats semblables à ceux de 2013. La charge de fond transportée par la rivière augmente avec le débit, mais le transport devient négligeable sous un débit inférieur à 300 m3/s. La corrélation entre charge en suspension et turbidité est toujours effective.

Suivi des frayères utilisées par les saumons

Les résultats de l'étude complémentaire sont les suivants :

  • La couche superficielle du lit de la rivière aux sites des frayères est constituée de substrats grossiers de composition variable et présentant une forte teneur en sable.
  • Sur la frayère principale, au PK 34,5, le substrat granulaire où le saumon creuse son nid est mince (de 10 à 50 cm) et repose sur des silts argileux.
  • Les galets traceurs disposés sur le lit des frayères en septembre 2009 et à l'hiver 2011 ont été faiblement mobilisés et seulement sur de courtes distances, malgré des événements hydrologiques variés et de grande intensité (ex. les crues de décembre 2010 et les crues printanières). À la fin de l'étude, les substrats surveillés s'apparentaient au reste du lit des frayères et présentaient davantage de sédiments fins (ex. sables) qu'au début.
  • La proportion moyenne de sédiments de moins de 2 mm de diamètre dans les nids artificiels a augmenté entre le début et la fin des deux périodes de suivi (de septembre 2009 à juillet 2010 et de septembre 2010 à août 2011). Ce constat confirme que les crues naturelles de la Romaine ne suffisent pas à éliminer complètement les sédiments fins qui s'infiltrent dans le substrat de fraie. Les deux frayères principales ne présentent pas une dynamique sédimentaire homogène en raison de différences dans leur structure, la profondeur et les conditions hydrauliques (vitesse des courants).
Sonomètre : instrument de mesure du bruit

Les mêmes paramètres, soit la teneur en sédiments fins dans le substrat de fraie, le transit sédimentaire et la granulométrie du substrat, seront évalués après la mise en eau des réservoirs de la Romaine 2 et de la Romaine 1.

Nos raisons d'agir

Le suivi de la dynamique sédimentaire dans le tronçon aval de l'aménagement de la Romaine-1 permettra de vérifier si la diminution de la fraction sableuse du lit et des bancs riverains entraînera des pertes d'habitat notables.

Afin de mieux connaître les frayères utilisées par les saumons, Hydro-Québec effectue un suivi de leur qualité granulométrique.

Afin de mieux connaître les frayères utilisées par les saumons, Hydro-Québec effectue un suivi de leur qualité granulométrique. [PDF 665 Ko]

Milieux humides

Notre suivi

Nous vérifierons l'établissement de milieux riverains sur les pourtours des réservoirs et aménagerons des milieux humides au complexe de la Romaine afin de compenser les pertes. Le suivi du développement de la végétation dans les milieux aménagés permettra d'évaluer le succès de l'évolution de milieux riverains et de l'application des mesures de compensation.

Nos actions

Milieux humides

Un suivi du développement naturel des milieux humides riverains a débuté en 2015, après la mise en eau du réservoir de la Romaine 2. Le suivi s'étendra ensuite aux réservoirs de la Romaine 1, de la Romaine 3 et de la Romaine 4. L'objectif est de vérifier le développement naturel de milieux riverains.

Les inventaires en aval de la centrale de la Romaine 1 ont révélé 211,1 ha de milieux humides (169,9 ha de marécages et marais, et 41,2 ha d'herbiers aquatiques), La mise en eau des réservoirs de Romaine-1 et de Romaine-2 n'a donc pas modifié les superficies des milieux humides présents en aval de Romaine-1.

Nous avons également commencé à aménager des milieux humides dans des sablières désaffectés.

Quelques 36 (35,8) ha de milieux humides ont ainsi été aménagés à cinq endroits différents dans le cadre du plan de compensation des milieux humides. Hydro-Québec a créé des plans d'eau, des marais et des marécages arbustifs. Ces milieux humides sont alimentés soit via la nappe phréatique ou soit par la construction d'ouvrages permettant de retenir l'eau.

Des plantes herbacées ont été semées et près de 5 540 arbustes ont été plantés en bosquet. Des arbres fruitiers ont également été plantés pour attirer les oiseaux forestiers frugivores. Des transplantations de plantes aquatiques ont été réalisées à partir de marais qui seront inondés par le réservoir. Des transplantations de scirpe à ceinture noire ont aussi été réalisées. Ces plantes permettront d'amorcer la colonisation des plans d'eau qui ne sont pas alimentés par des cours d'eau.

Des aménagements fauniques ont aussi été réalisés pour les petits mammifères et les amphibiens : des troncs au sol pour offrir des insectes lors de la décomposition ont été installés, des amas de pierres pour la protection ou des pierres plates pour la thermorégulation ont été construits. Une tanière a également été installée à titre expérimental.

Finalement, un dépôt à carburant utilisé par les hélicoptères lors de l'étude d'impact a été restauré et transformé en milieu humide (1,2 ha). Des canaux et un petit étang ont été aménagés près de la rive.

À plus long terme, Hydro-Québec souhaite atteindre l'objectif de création de 60 hectares de milieux humides qui pourront constituer des habitats fauniques pour différents animaux.

Des baies (4) ont également été déboisées dans le réservoir de la Romaine 1 (pour un total de 5,6 ha) afin de favoriser la création d'habitats riverains. Des ensemencements et des plantations également été réalisés.

Aménagement d'habitats riverains au réservoir de la Romaine 1 [PDF 1,7 Mo]

Enfin, nous avons financé une étude menée par l'Université Laval et Canards Illimités, sous l'égide du MDDELCC, pour la réalisation d'un atlas de conservation des milieux humides en Minganie et une évaluation monétaire des services écologiques rendus par les milieux humides.

Travaux d’aménagement de milieux humides effectués en 2015 [PDF 422 Ko]

Nos raisons d'agir

La création des réservoirs de la Romaine entraînera la perte de milieux humides. Des habitats riverains se développeront sur le pourtour des réservoirs. Toutefois, la superficie des milieux humides ennoyés sera plus grande celle des milieux riverains créés.

Différentes mesures ont été prévues afin de compenser ces pertes, notamment la création de milieux humides à l'intérieur de sablière.