Les changements climatiques peuvent affecter les activités d’Hydro-Québec de bien des façons : modification des apports naturels d’eau alimentant les centrales, transformation de la demande saisonnière d’électricité et conditions climatiques extrêmes pouvant causer des dommages aux équipements de production, de transport et de distribution. Membre fondateur du consortium Ouranos, Hydro-Québec s’intéresse depuis longtemps aux mesures à mettre en œuvre pour s’adapter aux changements climatiques.

Selon un scénario plausible d’émissions de GES étudié par Ouranos, la température pourrait augmenter de 2 à 4 °C d’ici 2050. D’ici la fin du siècle, l’augmentation pourrait atteindre de 4 à 7 °C dans le sud du Québec et de 5 à 10 °C dans le nord.

Du point de vue hydrologique, les études laissent présager, à l’horizon 2050, une augmentation des débits annuels moyens d’environ 12 % dans le nord du Québec (Baie-James) et de 5 % dans le sud (Outaouais). Hydro-Québec en tient compte dans la planification de son parc d’équipements et la réfection de certains ouvrages hydrauliques. En adoptant des mesures structurales (ajout de turbines ou redimensionnement d’équipements) et des mesures non structurales (adaptation des règles de gestion), Hydro-Québec pourrait tirer avantage des conditions hydrométéorologiques à venir.

La hausse des températures aurait également pour effet de modifier le profil annuel de la demande énergétique. L’hiver, la demande serait réduite suivant la diminution des besoins en chauffage ; l’été, elle augmenterait suivant les besoins accrus en climatisation. Globalement, la demande en énergie dans l’ensemble des secteurs (résidentiel, industriel, commercial et institutionnel) serait réduite de 2,7 % par rapport à ce qu’elle serait sans changements climatiques selon le scénario médian à l’horizon 2050.

Par ailleurs, nous anticipons les impacts des conditions météo extrêmes (vents, verglas, neige humide, etc.) sur nos équipements de production, de transport et de distribution. L’industrie de l’électricité québécoise et canadienne pourrait être l’une des plus directement touchées par les changements climatiques.

S’adapter aux changements climatiques

Lancé en 2011 par l’IREQ, Ouranos, Rio Tinto et le gouvernement du Québec, le projet (cQ)2 consiste à développer des outils et des pratiques de modélisation hydrologique pour l’évaluation des impacts des changements climatiques sur les régimes hydriques. Le rôle des chercheurs de l’IREQ est de mettre à jour tous les 2 ans les changements hydrologiques projetés de plus de 200 bassins versants. Nous utilisons les résultats de ces travaux pour adapter entre autres la prévision des apports en eau à nos installations et la gestion des systèmes hydriques. Les observations du passé n’étant plus nécessairement garantes de l’avenir, nous examinons la pertinence d’intégrer à notre processus prévisionnel les scénarios climatiques issus de ce projet.

Par ailleurs, nous avons contribué au développement d’un outil pour optimiser la gestion des ouvrages du complexe La Grande. Cet outil nous servira à évaluer les impacts des changements climatiques à long terme, jusqu’en 2100, et à en étudier les incidences sur la gestion du complexe.

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