Afin d’améliorer sa gouvernance en matière de biodiversité, Hydro-Québec s’est dotée d’une nouvelle stratégie d’entreprise et d’un plan d’action, et s’est engagée à diffuser une reddition de comptes publique en biodiversité.

Les changements climatiques, les échanges commerciaux et certaines de nos activités entraînent la prolifération d’espèces animales et végétales envahissantes ainsi que d’agents pathogènes. Une fois établies, ces espèces peuvent affecter la biodiversité et nuire aux secteurs agricole et forestier. Nos activités de construction, en particulier l’excavation, d’exploitation et de maîtrise de la végétation peuvent avoir pour effet de disperser ces espèces nuisibles.

Étude de la biosécurité dans le domaine de la maîtrise de la végétation

Hydro-Québec a étudié les effets potentiels de ses activités sur la propagation de neuf espèces nuisibles. Parmi celles-ci, l’agrile du bouleau, l’agrile du frêne, le puceron lanigère du sapin et la rouille couronnée sont les plus susceptibles d’engendrer des répercussions économiques pour nous ou pour des tiers. Ces quatre espèces génèrent 75 % des impacts les plus importants.

Selon l’étude, les activités les plus sujettes à accroître les risques de propagation sont le traitement des résidus de coupe et leur transport à l’intérieur ou à l’extérieur des sites. Nous voulons pousser plus loin l’analyse des agents pathogènes les plus à risque et dans certains milieux. Nous voulons ainsi raffiner notre connaissance des risques et des coûts associés et développer des outils simples, mais adaptés au contexte particulier de nos activités.

Hydro-Québec participe aux travaux de six équipes de rétablissement d’espèces en péril, coordonnés par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Elle contribue ainsi à protéger une quinzaine d’espèces fauniques en situation précaire au Québec.

Participation de nos experts à des équipes de rétablissement gouvernementales
Groupe Espèces
Poisson
  • Fouille-roche gris
  • Dard de sable
  • Méné d’herbe
  • Brochet vermiculé
  • Alose savoureuse
  • Esturgeon jaune
Amphibien et reptile
  • Rainette faux-grillon de l’Ouest
  • Tortue mouchetée
  • Tortue musquée
  • Tortue des bois
  • Tortue géographique
Oiseau
  • Pygargue à tête blanche
  • Aigle royal
  • Faucon pèlerin
  • Hibou des marais
Mammifère
  • Caribou forestier
Travaux de maîtrise de la végétation dans une emprise de ligne de transport à Lévis, près de Québec. Ils sont conçus de manière à préserver la biodiversité.

Faits saillants en 2016

  • Publication d’un deuxième Bilan des réalisations en biodiversité.
  • Aménagement de cinq hibernacles à couleuvres, une mesure pour compenser la perte de friches herbacées favorables aux couleuvres brunes, une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable, due à la construction du poste Henri-Bourassa. Les hibernacles servent à protéger ces reptiles du gel en hiver et des prédateurs en été.
  • Installation d’un système de guidage par ultrasons devant la centrale de la Rivière-des-Prairies pour en éloigner l'alose savoureuse. C’était en période de faible hydraulicité et donc de gestion de débits limités (entre 34 et 60 % des débits turbinés). En général, le nombre d’aloses aperçues en amont des prises d’eau a été peu élevé, probablement en raison à la fois de l’efficacité du système et des faibles débits turbinés.
  • Exploitation des deux passes à anguilles de la centrale de Beauharnois durant 133 jours. En rive gauche, 11 169 jeunes anguilles (6 200 de moins qu’en 2015) l’ont utilisée pour se rendre au lac Saint-François, mais en rive droite, aucune ne l’a empruntée. La raison de l’inégalité dans l’usage de ces dispositifs nous est inconnue. Au barrage de Chambly, la passe à anguilles, exploitée pendant 101 jours, a permis à 8 174 anguilles (6 000 de plus qu’en 2015) d'atteindre le lac Champlain.
  • Reboisement d’une superficie de 6 ha en bordure de l’échangeur Henri-Bourassa et d’une section de l’autoroute 40, une mesure pour compenser une perte de végétation due à l'agrandissement du poste du Bout-de-l’Île et au réaménagement des tracés de lignes. Diverses essences (chêne rouge et chêne à gros fruits, cerisier tardif et noyer noir) ont été choisies pour leur résistance à la pollution urbaine et leur capacité d’adaptation aux conditions bioclimatiques.
  • Remblaiement de 687 m2 de l’étang situé au pied de la digue Young du réservoir Dozois, que nous avons réhabilitée. Pour préserver la biodiversité, nous avons récupéré la couche de matière organique au fond de l’étang et l’avons déposée dans l’étang résiduel. Nous voulions conserver les invertébrés benthiques indigènes et maintenir ainsi un habitat propice à une recolonisation rapide. Avant le début des travaux, nous avons mené des activités pour effaroucher ou capturer et relocaliser des reptiles et des amphibiens. À la fin des travaux, nous avons réaménagé le pourtour de l’étang afin de favoriser la reproduction des espèces. Les travaux de réhabilitation de la digue ont tout de même causé une perte d'habitats que nous avons compensée en offrant un appui financier à la Fondation de la faune du Québec.
  • Réalisation d’aménagements fauniques dans l’emprise de la ligne d’alimentation du poste de Blainville, dont la construction a entraîné la perte d’un habitat de la salamandre à quatre orteils. Pour fournir un nouvel habitat à la salamandre, nous avons restauré un étang situé dans l’emprise en adoucissant les pentes de ses rives et en plantant des arbustes (amélanchier du Canada, aronie à fruits noirs, viorne flexible et viorne cassinoïde) sur son pourtour. Pour fournir un habitat aux amphibiens et aux reptiles, nous avons créé un étang de 350 m2 en réaménageant un bassin de sédimentation utilisé lors de la construction de la ligne. Nous avons adouci les rives du bassin, planté des arbustes (aronie à fruits noirs, myrique baumier et viorne cassinoïde) et ajouté des troncs d’arbres sur son pourtour.
  • Association avec l’Université McGill pour mieux connaître les effets de la création de réservoirs sur la biodiversité ichtyenne. Première observation : après la mise en eau, une augmentation importante des populations de poissons durant les premières années, puis une diminution graduelle jusqu’au retour à la normale. Deuxième observation : dans les réservoirs boréaux, aucune perte d’espèces n’est observée, mais on constate une modification de l’assemblage des espèces dans les réservoirs – celles qui préfèrent les habitats lentiques (les lacs) s’y développent bien ; celles qui préfèrent les habitats lotiques (les rivières) s’y développent moins bien, sans pour autant disparaître. Enfin, en région tropicale, des espèces disparaissent dans les réservoirs, ce qui n’est pas le cas en région boréale.

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