Dans son édition du 6 août, La Tribune publiait un texte intitulé L’avenir d’Hydro-Québec Production, lequel comporte de nombreuses affirmations auxquelles il nous apparaît important d’apporter des précisions. À titre d’exemple, les auteurs prétendent que « l'électricité nucléaire [coûte] trois ou quatre fois le prix de l'éolien ». Cette affirmation est clairement contredite par les chiffres qu'Hydro-Québec a rendus publics au cours des années. Ainsi, le coût des 2000 MW d’énergie éolienne qu’elle acquiert en vertu de l’appel d’offres de 2005 se monte à 10,5 ¢/kWh, y compris le coût du transport et de l’équilibrage. Par comparaison, le prix de revient de la réfection de la centrale de Gentilly-2 est évalué à 7,2 ¢/kWh. Il convient de noter, d’une part, que cette réfection n’entraîne aucun coût de transport additionnel et, d’autre part, que l’énergie de Gentilly-2 étant produite de façon constante, elle ne requiert aucun équilibrage. La réfection de Gentilly-2, constitue un choix stratégique judicieux qui permettra de produire près de 135 milliards de kilowattheures d’énergie fiable et constante, sans émissions de gaz à effet de serre, de la fin de 2012 jusqu’à l’horizon 2040. Et cela, à un coût concurrentiel. Par ailleurs, Hydro-Québec réitère que le projet de réfection de la centrale de Gentilly-2 respecte toutes les normes de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) concernant la réfection de centrale. Il convient de rappeler que 97 pour cent de l’énergie produite ou achetée par Hydro-Québec en 2008 provenait de sources renouvelables, principalement de l’hydroélectricité, une filière renouvelable et largement reconnue comme telle (rappelons que le président de l'autorité réglementaire américaine en matière d'énergie, la Federal Energy Regulation Commission, soulignait d'ailleurs récemment qu'il s'agissait d'une énergie propre), qui est loin de constituer une « ancienne approche » comme le prétendent Messieurs Duguay et Giroul. Ajoutons qu’à l’horizon 2015, le Québec pourra compter sur près de 4000 MW d’énergie éolienne. Par habitant, la puissance éolienne du Québec sera donc près du double de celle de l’Allemagne, considérée chef de file mondial de cette filière. Les faits parlent d’eux-mêmes : grâce à ses énergies de sources renouvelables, le Québec affiche un bilan plus qu’enviable en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES). Selon les données les plus récentes, le Québec produit deux fois moins de GES par habitant que le reste du Canada. En 2007, seulement 2,7 pour cent des émissions de GES au Québec provenaient de la production d’électricité. Par comparaison, cette proportion est de généralement de 30 à 35 pour cent ailleurs dans le monde. Jean Hudon, ingénieur Hydro-Québec |