Zoo de Granby

Cas témoignage

Zoo de Granby

L'innovation, une affaire de leadership

Lorsque le Zoo de Granby a entrepris sont vaste programme de modernisation en 2004, la directrice générale, Joanne Lalumière, tenait à faire de cette attraction touristique un modèle d'application des principes du développement durable. Forte d'une longue expérience en environnement, elle trouvait que c'était l'occasion idéale. « J'y voyais un potentiel énorme pour faire rayonner le discours environnemental. »

Les importants projets d'investissement entrepris au zoo ont donc accordé une place importante à l'efficacité énergétique.

La Rivière aux hippopotames, une galerie d'observation de 25 m située sous le niveau du sol, est dotée d'un imposant système de géothermie. Cette technologie est de plus en plus courante au Québec, mais son utilisation constituait encore une innovation à l'époque. « Il y a des ingénieurs qui étaient réticents, qui nous ont suggéré de nous en tenir à ce qui était connu… ». Mais l'équipe de Mme Lalumière a insisté pour explorer cette avenue, et le projet est devenu le plus grand chantier de géothermie au Québec en 2006, avec le forage de 63 puits.

Le rôle des leaders

Un zoo vert

Dans son livre vert intitulé Réalisations et responsabilité sociale et environnementale, le Zoo de Granby définit « une démarche faite d'actions pour la protection de l'environnement, de consommation réfléchie, de conservation de la faune, de respect des ressources humaines, de sensibilisation de la population… »

« Quand on parle de leadership, ça prend tout son sens, explique Mme Lalumière. Les innovations viennent de gens qui sont des leaders. Ça vient d'abord de la direction. Et il ne faut pas avoir peur d'être des leaders et de chercher des nouvelles façons de faire. La peur du changement, c'est le début de la régression. » Ce leadership rejaillit aussi sur le milieu environnant. « Les gens d'affaires s'inspirent de ce qu'on fait. Les pratiques de développement durable impliquent qu'on joue un rôle d'influence auprès de nos fournisseurs. Et les bonnes pratiques font boule de neige. »

Pour Mme Lalumière, il n'y a pas de conflit entre les impératifs économiques et les investissements en efficacité énergétique. « Je pense qu'il faut regarder les choses à long terme. Quand on regarde à long terme, ce n'est pas cher, c'est économique. La durée de vie d'un bâtiment est de trente à cinquante ans. Si on récupère l'investissement sur un horizon de cinq ans, on réalise ensuite des économies récurrentes d'année en année. »

Les efforts du Zoo de Granby ne se limitent pas à la géothermie. Désireuse d'améliorer son rendement énergétique et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, l'entreprise a commandé une étude d'efficacité énergétique et mis en place une foule d'autres mesures : éclairage optimisé, centralisation et programmation des contrôles de chauffage, échangeur de chaleur, amélioration de l'isolation, remplacement des équipements désuets, fermeture des équipements en l'absence des employés, installation de détecteurs de présence pour l'éclairage.

Les efforts du Zoo de Granby lui ont valu de nombreux prix et hommages. Ainsi, en 2005, l'entreprise a reçu le prix d'excellence de l'Association des zoos et des aquariums du Canada (AZAC), qui souligne les efforts qu'elle a déployés pour réduire sa consommation d'eau et d'énergie et reconnaît son rôle de modèle en gestion environnementale. La même année, elle a été finaliste pour le prix d'excellence dans la catégorie Grande ou moyenne entreprise ou institution de la Fondation estrienne en environnement et du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie. En juin 2007, le Zoo de Granby a été représenté au sein du comité d'honneur et du comité organisateur du Rendez-vous international sur les applications du développement durable, à l'Université de Sherbrooke.

Pour Joanne Lalumière, c'est l'engagement initial qui importe. « Si on essaie de voir les avantages pour l'environnement, pour l'entreprise, pour les employés, on ne peut que gagner à mettre en œuvre des pratiques en développement durable à la longue. C'est une culture qui se développe, mais si on ne commence pas, ça ne peut pas se développer. »

« L'innovation est beaucoup une affaire de leadership, de volonté des dirigeants de faire avancer leur organisation, leur entreprise, d'être à l'affut de ce qui se passe, une affaire d'ouverture sur le monde aussi. »

Joanne Lalumière, directrice générale
Zoo de Granby


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