Trois questions souvent soulevées concernant les lignes électriques

Les lignes de transport sont un lien vital entre les centrales hydroélectriques et les consommateurs d’électricité. Hydro-Québec déploie tous les efforts raisonnables pour que ses projets aient le moins d’impacts négatifs possible. Mais une installation comme une ligne de transport n’est pas invisible et sa construction engendre toujours des désagréments, même s’ils sont gérables et temporaires.

Ces interrogations font souvent surface quand on discute d’une nouvelle ligne de transport, et il circule souvent des informations déformées ou fausses à ce sujet. Voici donc quelques éléments d’information pour répondre à ces interrogations.

01.

Pourquoi ne pas enfouir les lignes de transport ?

À première vue, l’enfouissement semble une solution idéale : l’impact visuel est évidemment réduit, les limitations liées à l’aménagement du territoire sont moindres et les fils sont protégés des intempéries.

Cependant au Québec, comme partout ailleurs dans le monde, les lignes de transport sont essentiellement aériennes, surtout quand les distances sont grandes et que la tension est élevée. Le réseau de lignes de transport d’Hydro-Québec est essentiellement aérien (34 000 km de lignes aériennes c. 200 km de lignes souterraines).

Voici quelques raisons qui expliquent pourquoi.

Nature de l’énergie électrique

Les lois de la physique qui régissent le comportement de l’électricité sont incontournables. C’est facile d’utiliser l’électricité, mais c’est beaucoup plus exigeant et complexe qu’il n’y paraît de la transporter sur de longues distances.

Prenons pour exemple le phénomène de la puissance réactive. En gros, la puissance réactive est une puissance qui ne contribue pas à faire un travail. C’est un phénomène électrique que l’on doit maîtriser et qui est lié à la nature même du courant alternatif.

Plus la tension est élevée et plus la ligne de transport est longue, plus la gestion de la puissance réactive est difficile. Le réseau de transport d’Hydro-Québec, livrant l’énergie des centrales au nord aux grands centres de consommation au sud sous forme de courant alternatif, présente donc un défi particulièrement imposant au chapitre de la compensation réactive.

Quand une ligne est enfouie, l’environnement fermé autour des fils amplifie le phénomène de puissance réactive. C’est pourquoi, partout dans le monde, les lignes qui transportent de l’énergie à des tensions élevées et sur de longues distances sont très majoritairement aériennes, car l’air extérieur qui sert d’isolant autour des fils isolés contribue moins au phénomène de puissance réactive.

Le phénomène de puissance réactive désavantage l’option d’enfouissement des lignes de transport à courant alternatif. Il nécessite le surdimensionnement et la multiplication des équipements servant à transporter l’énergie. La construction d’un réseau de transport à courant alternatif souterrain est donc plus complexe et coûteuse que celle d’un réseau aérien.

Au Québec, les lignes de transport aériennes présentent aussi un avantage particulier : l’air froid en hiver dissipe la chaleur dégagée par les conducteurs, ce qui permet de transporter plus d’électricité avec un fil de même calibre lorsque la consommation d’électricité est très élevée en raison du chauffage électrique. C’est un avantage de notre climat nordique.

Entretien et longévité des équipements

La durée de vie d’une ligne souterraine est environ deux fois plus courte que celle d’une ligne aérienne en acier, soit d’environ 40 à 60 ans contre environ 80 à 100 ans pour une ligne aérienne. Il s’agit d’un ordre de grandeur, les données précises devant être validées pour chaque projet, selon la technologie retenue. De même, la durée de vie de la gaine isolante des câbles souterrains est relativement courte, et les réparations en souterrain sont plus complexes et plus longues qu’en aérien.

Flexibilité d’évolution du réseau électrique et nouveaux raccordements

Ici, la ligne aérienne de transport présente aussi des avantages. Il est beaucoup plus facile de modifier la configuration d’une ligne aérienne existante pour répondre à de nouveaux besoins que de raccorder une nouvelle installation à une ligne souterraine. Par exemple, pour un nouveau branchement direct à une ligne souterraine, il faut minimalement construire une chambre de jonction, alors qu’il suffit de tendre des conducteurs entre l’installation et la ligne aérienne existante.

Coûts de construction

Le coût d’une ligne souterraine est fonction d’un ensemble de variables qu’il faut analyser pour chacun des projets. Cependant, une ligne souterraine coûte généralement plus cher à construire qu’une ligne aérienne, vu le prix élevé du câble isolé et l’importance des travaux à réaliser.

L’enfouissement, une exception

Partout dans le monde, les lignes souterraines à haute tension sont des cas d’exception. Souvent, on y a recours parce que la distance à couvrir est courte, par exemple dans le centre des grandes villes, là où l’espace est insuffisant ou lorsqu’il y a un obstacle infranchissable par une ligne aérienne.

Cependant, comme toutes les technologies, la technologie des lignes souterraines évolue. Hydro-Québec participe à cette évolution et intègre les avancées techniques à ses façons de faire.

02.

Les lignes de transport seront-elles encore nécessaires à l’avenir ?

On parle de plus en plus de produire de l’électricité à la maison, au moyen de panneaux solaires.

Si cette pratique se généralise, les lignes de transport pourraient-elles devenir inutiles ?

Non. Si c’est vrai que la production solaire prendra de l’importance à l’avenir – et Hydro-Québec participera à cette évolution –, nos centrales hydroélectriques et nos lignes de transport resteront tout de même indispensables. Voici pourquoi.

Intermittence de l’énergie solaire et éolienne

La production d’énergie solaire est intermittente. Le soir et la nuit, les panneaux solaires ne produisent pas d’électricité ; le jour, par temps nuageux, leur rendement est limité.

De plus, la demande d’électricité est particulièrement forte en hiver en raison du chauffage, alors que les heures d’ensoleillement sont au minimum, et le soir, quand les panneaux solaires ne produisent rien.

Certes, on peut relier les panneaux solaires à des batteries, mais la capacité de ces batteries reste limitée.

Consommation

La consommation d’énergie électrique des ménages québécois est telle que la production solaire résidentielle ne peut être, dans l’avenir prévisible, qu’une source d’appoint. Les centrales hydroélectriques – donc le réseau de lignes de transport – garantiront la base de notre approvisionnement électrique :

  • parce que la production d’énergie de nos centrales est constante ;
  • parce nos centrales produisent de l’énergie en très grande quantité et à faible coût.

Parcs solaires et éoliens

Qu’en est-il du développement de centrales solaires et de parcs éoliens ? Eh bien, l’énergie produite par ces ressources devra transiter par les lignes de transport. En fait, le réseau de transport d’Hydro-Québec jouera un rôle accru pour compenser l’intermittence de la production solaire et éolienne et devra être renforcé en conséquence.

03.

Est-ce que les lignes électriques présentent un risque pour la santé ?

Champs électriques et magnétiques

La circulation du courant dans les lignes électriques produit des champs électriques et des champs magnétiques. Depuis plus de 40 ans, la question des effets potentiels de ces champs sur la santé, en particulier dans le cas des lignes de transport (dont la fréquence est de 60 Hz en Amérique du Nord), a fait l’objet de très nombreuses publications scientifiques.

Malgré l’amélioration constante des protocoles de recherche, le recours à des études épidémiologiques d’envergure et une connaissance beaucoup plus précise des niveaux d’exposition, aucun risque pour la santé humaine n’a été confirmé à ce jour.

Ainsi, les autorités de la santé publique considèrent que les champs électriques et magnétiques des lignes à haute tension n’ont pas d’effet sur la santé de la population.

Cependant, Hydro-Québec maintient sa contribution à l’effort de recherche, exerce une vigie de l’évolution des connaissances et partage ses connaissances avec ses partenaires et le public.

Évaluation des effets sur la santé des champs électromagnétiques dans le domaine des radiofréquences − Institut national de santé publique du Québec [PDF 1,2 Mo].