Transport de l’électricité

Construction d'une ligne

Mise en contexte

La construction d’une ligne de transport se fait en huit grandes étapes. De nombreux corps de métier se succèdent afin de relever ce défi. À chaque étape, Hydro-Québec adopte des pratiques rigoureuses concernant la sécurité sur le chantier, la qualité du projet et la protection de l’environnement. À titre d’exemple, la construction d’une ligne en saison hivernale constitue une bonne pratique environnementale. Lorsque la construction s’effectue sur sol gelé, certains impacts environnementaux sont considérablement réduits.

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Vue aérienne de la ligne de la Romaine-1-Romaine-2.

Construction d’une ligne sur sol gelé afin de réduire les impacts environnementaux.
(Ligne de la Romaine-1-Romaine-2)

1. Déboisement de l'emprise

On déboise l’emprise afin de permettre la construction d’une ligne de transport et d’assurer la sécurité du public, des travailleurs et du réseau. Le type de déboisement est déterminé notamment selon la hauteur des arbres, le type de végétation en place et la présence de milieux sensibles.

En terres privées

En terres privées, les travaux peuvent être réalisés par le propriétaire lui-même ou par un entrepreneur forestier. Le déboisement est encadré par l’Entente Hydro-Québec-UPA sur le passage des lignes de transport en milieux agricole et forestier. Le bois est coupé selon les demandes du propriétaire qui peut l’utiliser à des fins personnelles.

En terres publiques

En terres publiques, un entrepreneur effectue les travaux de déboisement. Le bois marchand est généralement acheminé vers les usines de transformation de la région pour en faire du bois d’œuvre servant à la construction ou à la rénovation résidentielles.

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La largeur de l’emprise à déboiser varie selon la tension de la ligne projetée.
(Ligne de la Romaine-4-Montagnais)

Sur cette terre privée, les billots de bois sont empilés à l’endroit déterminé par le propriétaire. Ainsi, ce dernier peut s’en servir à sa guise.
(Ligne de la Romaine-2-Arnaud)

Lorsqu’il y a présence de bois non marchand, le déboisement peut être effectué à l’aide d’une pelle déchiqueteuse. Une déchiqueteuse est munie de couteaux pouvant transformer les résidus de coupe en copeaux.

2. Aménagement des chemins et des sentiers temporaires

Les besoins d’accès et de circulation relatifs au projet sont tout d’abord déterminés. Les voies existantes sont préconisées. Par contre, il arrive qu’elles ne suffisent pas. Nous aménageons alors des accès temporaires, tels que des chemins, des ponts et des ponceaux afin d’accéder au chantier. À moins d’obstacles infranchissables, nous construisons ou perfectionnons les accès à même l’emprise.
Lorsque nous devons utiliser des chemins en terres privées, nous prenons des ententes avec les propriétaires concernant les droits de passage.

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La neige est enlevée et déposée sur les côtés afin de faire pénétrer le gel en profondeur.
(Ligne à 230 kV au Goémon-Mont-Louis-Gros-Morne)

Afin de protéger les milieux sensibles, tels que les cours d’eau, nous aménageons des ponts provisoires.

Ce chemin sur matelas de bois et fascines facilite la circulation dans le milieu humide, mais aussi son réaménagement à la fin des travaux. Une fascine est un assemblage de billots de bois utilisé pour la circulation en milieu sensible où la capacité portante est faible. On peut ajouter des matelas de bois pour faciliter la circulation.

3. Transport du matériel jusqu’aux emplacements des pylônes

Nous procédons à la distribution des différentes pièces à l’emplacement de chacun des pylônes.

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On s’assure de diviser soigneusement les pièces et on dépose le matériel nécessaire à la construction du pylône directement sur le site d’assemblage.
(Ligne à 315 kV Chénier-Outaouais)

4. Construction des fondations et des ancrages

L’équipe de chantier débute par l’aménagement de l’aire de travail en prenant bien soin de mettre de côté la terre végétale pour qu’elle puisse être réutilisée. Lorsque nous passons à l’excavation, c’est-à-dire au creusage du trou qui accueillera la fondation stabilisant le pylône, il peut être nécessaire de pomper l’eau afin d’y travailler à sec. La dimension de l’excavation dépend du type de pylône à construire et du type de sol en place. Pour ce qui est des ancrages, ils sont adaptés au type de pylône en place.

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La fondation d’un pylône est déterminée selon le type de support utilisé, la nature du sol en place et la profondeur du socle rocheux.

On utilise une fondation en béton pour les pylônes rigides, les pylônes à encombrement réduit et les pylônes tubulaires.

Une fondation à treillis métallique (au mort-terrain) est utilisée pour les pylônes haubanés, les pylônes rigides et les pylônes à encombrement réduit. Il s’agit du type de fondation le plus répandu.

Une fondation sur pieux avec tirants est utilisée lorsque la capacité portante du sol est trop faible (argile ou silt).

Un ancrage de hauban adapté aux pylônes en V.
(Ligne à 230 kV au Goémon-Mont-Louis-Gros-Morne)

5. Assemblage et levage des pylônes

Il faut d’abord aménager une aire de travail adaptée au type de pylône préconisé. Puisque cette étape exige de la machinerie lourde, toutes les précautions nécessaires sont prises. Par exemple, dans les milieux humides, des plaques d’acier peuvent être disposées sur le sol pour permettre le déplacement de la machinerie sans endommager l’environnement.

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Assemblage


Les monteurs de ligne assemblent les pylônes au sol. Cette étape peut sembler simple, mais il s’agit d’un formidable casse-tête en trois dimensions qui requiert beaucoup d’expérience et de doigté.
(Ligne de la Romaine-4-Montagnais)



Montage


Le pylône est élevé section par section à l’aide d’une grue télescopique.
(Ligne de Rimouski-Les Boules)



Sécurité


La santé et la sécurité sur le chantier, l’assurance-qualité et le respect des lois et règlements en matière d’environnement sont assurés par des conseillers spécialisés.
(Ligne à 315 kV - Poste de Blainville)



Types de pylônes


Le pylône classique, aussi appelé pylône à treillis, est le plus courant au Québec.
(Ligne à 315 kV Chénier-Outaouais)

Le pylône haubané en V est particulièrement léger. Il est utilisé dans des milieux peu accessibles.
(Ligne de la Romaine-1-Romaine-2 et ligne Romaine 2 - Poste Arnaud)

Comme il s’intègre plus facilement à certains environnements, le pylône tubulaire peut être privilégié en milieu urbain, par exemple.
(Vue de Verdun vers le centre-ville)

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les différents types de pylônes, vous pouvez vous reporter à la section Pylônes du présent site.

6. Déroulage et pose des câbles

Le déroulage consiste à tirer les câbles d’un pylône à l’autre. Nous procédons ici par section. À l’une des extrémités se trouve le poste dérouleur, équipé d’un touret et d’une freineuse. À l’autre extrémité se trouve le poste tracteur, équipé d’un treuil de déroulage. À cette étape, nous nous assurons que les conducteurs subissent une tension convenable et que le dégagement entre le sol et les câbles est adéquat. Nos pratiques prennent toujours en compte les milieux sensibles ou particuliers afin de s’y adapter.

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Poste dérouleur, muni d’un touret et d’une freineuse, et poste tracteur, équipé d’un treuil de déroulage.

À l’aide d’équipement spécialisé, nous apportons les bobines de câbles, aussi nommées tourets, directement au chantier. Ces bobines comptent en moyenne de 2 à 3 km de câbles.
(Ligne de la Romaine-2-Arnaud)

Ici, on a déposé les câbles électriques sur des planches de bois afin d’éviter d’endommager les câbles pendant le tirage.
(Ligne à 120 kV de Beauceville-Sainte-Marie)

Afin de réduire les inconvénients en milieu urbain, dont les entraves à la circulation, il est possible de réaliser le tirage des câbles la nuit.
(Ligne à 315 kV - Poste Bélanger)

7. Installation de contrepoids

L’installation d’un contrepoids dans le sol vise à assurer la mise à la terre de chaque pylône et la protection de la ligne contre la foudre. Les contrepoids sont en fait des conducteurs enfouis dans le sol assurant une liaison électrique entre plusieurs ou tous les supports d’une ligne électrique et le sol.

Il arrive que des travaux mineurs d’excavation et de remblayage soient nécessaires. Dans ce cas, des mesures d’atténuation sont mises en place. Par exemple, à l’approche d’un milieu humide de grande valeur, on n’installe pas de contrepoids afin d’éviter le passage de la machinerie et l’excavation.

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Les contrepoids sont généralement enfouis à 60 cm de profondeur. En terres agricoles, leur profondeur augmente plutôt à 90 cm.

L’installation d’un contrepoids dans le sol est réalisée à l’aide d’un engin de chantier nommé bouteur. Celui-ci est muni d’un touret à l’avant et d’une défonceuse à l’arrière. En construction de lignes, le bouteur est équipé de chenilles larges réduisant la pression au sol.

Une défonceuse est munie de une à trois dents servant à défoncer en profondeur les sols compacts. Le contrepoids peut y être déposé par la suite.

8. Remise en état des lieux

À la fin des travaux, Hydro-Québec procède systématiquement à la remise en état des lieux. Pour ce faire, nous effectuons :

  • le nettoyage qui consiste à enlever tous les débris et les déchets ;
  • le nivellement du terrain ;
  • le démantèlement des accès temporaires (chemins, ponts, ponceaux) ;
  • la réparation des infrastructures qui ont pu être endommagées par les travaux, telles que les chemins, les clôtures et autres ;
  • lorsque nécessaire, la végétalisation ou l’ensemencement adaptés aux aires de de travail (bande riveraine, milieux humides, etc.).

En terres privées, nous rencontrons les propriétaires afin de nous assurer que les travaux de remise en état leur conviennent. Si des dommages en lien avec les travaux sont survenus, Hydro-Québec en assume la responsabilité et indemnise les propriétaires conformément aux règles établies.

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1. Pendant la phase construction

2. Un an après la remise en état des lieux

La ligne d’alimentation à 315 kV du poste Anne-Hébert, une fois les lieux remis en état.

L’état final de la ligne à 230 kV de Saint-Césaire-Bedford en terres agricoles.

Durant tout le processus, des surveillants sur le chantier s’assurent du respect et de la conformité de toute action sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan de la sécurité et de la qualité du projet.

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