Transport de l’électricité
Des chemins d’accès temporaires sont utilisés pour la construction de la ligne. Une équipe assure donc la mise en place des différents équipements et ouvrages nécessaires pour protéger les cours d’eau, les terrains cultivés et autres éléments sensibles.
Les accès temporaires utilisés tout au long des travaux font l’objet d’études et, après entente avec les propriétaires concernés, ils sont clairement établis.
Les éléments sensibles tels que les cours d’eau sont protégés. Un porteur à chenilles transporte ici un pont provisoire.
À titre d’exemple, un pont provisoire de plus de dix mètres permet ici de franchir un cours d’eau.
Les pièces des différents pylônes sont fabriquées et livrées par types. Les responsables du dépôt temporaire prennent soin de classer les centaines de membrures et accessoires différents pour l’assemblage prochain de chacun des pylônes. En effet, chaque pylône possède des caractéristiques particulières selon, entre autres, l’angle du tracé, la topographie du terrain et la capacité du sol.
Les pièces sont fabriquées et livrées par types à un dépôt temporaire. Pour la construction d’un pylône, il faut rassembler des centaines de pièces distinctes, ayant des dimensions spécifiques, et ce, en quantités précises.
Les pylônes d’une même ligne ne sont pas tous identiques. Bien au contraire, on choisit un certain type de pylône (alignement, angle, antichute en cascade, etc.) selon l’angle du tracé et on adapte la hauteur de chaque pylône en fonction des obstacles à franchir (rivière, route, etc.).
Les pièces d’acier requises pour la mise en place des fondations sont livrées au bord de l’emprise par semi-remorque et sont habituellement acheminées aux emplacements des travaux par porteur à chenilles. Par la suite, on livre aux divers chantiers les pièces d’acier et les accessoires nécessaires au montage des pylônes, selon la même méthode.
Soigneusement planifiée, la livraison des pièces en acier est généralement effectuée à l’aide d’un porteur à chenilles.
Toutes les pièces nécessaires sont empilées à l’endroit où le pylône sera érigé.
Lorsque les pièces des fondations sont assemblées, les équipes sur le terrain sont prêtes à passer à une autre étape.
Une équipe de plusieurs personnes effectue l’excavation des fondations au moyen de bouteurs et de pelles hydrauliques. Selon la nature du sol, on utilise du remblai, qui est transporté soit par camion, soit par porteur à chenilles. Dans certains cas, il faut utiliser du béton qui est soit préparé sur place, soit livré par porteur à chenilles ou par camion. Les excavations sont remblayées à la fin de cette étape.
L’excavation est faite ici à l’aide d’une pelle hydraulique.
Dans les sols de faible capacité portante, la technique du battage permet d’enfoncer les pieux.
Plusieurs travaux préparatoires sont requis avant la mise en place du béton.
Ce coffrage retiendra le béton de la tête de pieu à laquelle une patte du pylône sera rattachée.
Une équipe assure l’assemblage des différents composants des pylônes à l’aide de grues et de bouteurs. Dans les quelque 800 membrures d’un pylône à 735 kV classique, on retrouve quelque 10 000 perforations pour les boulons... Voilà, en définitive, un défi réservé aux gens d’expérience.
On procède ensuite au levage du pylône à l’aide d’une grue télescopique.
L’assemblage des panneaux au sol peut sembler simple, mais il s’agit en fait d’un formidable casse-tête en trois dimensions réservé aux gens d’expérience.
Un pylône à treillis tel que celui-ci comprend quelque 800 membrures et quelque 10 000 trous dans lesquels sont insérés des milliers de boulons.
Grâce à l’utilisation d’une grue télescopique, ce pylône d’alignement dont le poids final sera de quelque 30 tonnes s’élève peu à peu.
Selon les projets, les monteurs de lignes à 735 kV érigent des pylônes de 40 à 60 mètres de hauteur.
Pinces, isolateurs et autres accessoires sont installés.
L’installation des conducteurs est effectuée par section. À l’une des extrémités se trouve le poste dérouleur, équipé d’un touret (bobine de câble) et d’une freineuse, et à l’autre extrémité se trouve le poste tracteur, équipé d’un treuil de déroulage. Des équipes de monteurs veillent au bon déroulement de l’opération.
Puis, afin d’assurer la mise à la terre de chaque pylône et de les protéger contre la foudre, on procède à l’installation de contrepoids, c’est-à-dire de tiges d’ancrage dans le sol.
Les bobines de câbles appelées tourets sont transportées par des bouteurs, car chaque touret contient quelque 2 000 m de câble à 735 kV et atteint ici le poids respectable de quelque 5 tonnes.
Un poste dérouleur est installé à l’une des extrémités et, à l’autre extrémité, se trouve un poste tracteur, équipé d’un treuil.
Les câbles sont installés sur une distance de 2 à 6 km selon les cas. Dans cette ligne à 735 kV par exemple, on déroule les conducteurs sur 7 ou 8 pylônes, soit environ 4 km. Chaque touret comprenant environ 2 km de conducteurs à 735 kV, il faut recourir au manchonnage pour allonger les câbles.
Composé de 7 brins d’acier au centre et de 47 brins d’aluminium tout autour, ce câble à 735 kV doit être préparé afin d’être relié au prochain câble.
Un manchon est enfilé sur les deux câbles à joindre, puis le pressage du manchon sur les conducteurs permet de lier solidement le tout.
Le réglage des conducteurs nécessite des calculs détaillés. La distance entre le sol et le point le plus bas de la courbe formée par les conducteurs entre deux pylônes est appelée « flèche ». Or, en s’appuyant sur des mesurages de flèche, on donne à un conducteur une tension mécanique prédéterminée. Le conducteur s’étirera ensuite de façon prévisible en fonction de sa température et d’autres facteurs.
La mise sur pince consiste à fixer les conducteurs dans des pinces de suspension. Puis, la pose d’entretoises permet de maintenir la distance entre les conducteurs.
Les ancrages dans le sol assurent la mise à la terre de chaque pylône.
Un plan de surveillance est préparé pour chaque projet, en fonction des exigences précises de l’équipe d’ingénierie. Ainsi, tout au long des travaux, des inspecteurs d’Hydro-Québec voient au respect des normes ISO 9001 (système de gestion de la qualité) et ISO 14001 (système de gestion environnementale) et procèdent à l’inspection par échantillonnage de l’acier, des fondations, des conducteurs et de tout autre élément.
À la fin des travaux et avant que les équipes ne reçoivent l’autorisation de quitter le terrain, Hydro-Québec procède à une inspection finale afin de s’assurer que tout est conforme aux normes en vigueur.
Pour inspecter des milliers de boulons jusqu’à 40 m ou même 60 m du sol, les inspecteurs doivent être à l’aise dans les hauteurs.
Si on plaçait bout à bout les quelque 800 membrures d’un tel pylône, elles s’étaleraient sur 2,1 km.
Acier, boulons, isolateurs, câble de garde, tout doit être méthodiquement inspecté et approuvé.
À la fin des travaux, on procède à la remise en état de toute l’emprise, ainsi qu’au démantèlement des chemins d’accès temporaires. Une visite du terrain est effectuée avec le propriétaire pour s’assurer que les travaux de remise en état réalisés lui conviennent. Des indemnités sont également prévues pour compenser les pertes subies.
Au terme des travaux, les installations provisoires sont retirées.
Ramassage, nivelage, rétablissement du drainage ou décompaction du sol lorsque requis, c’est ainsi que le site est remis en état.
Hydro-Québec procède à l’inspection des lieux avec chaque propriétaire.
Lorsqu’une nouvelle emprise est située en milieu boisé et qu’elle est limitrophe à un champ où se pratique une activité agricole ou sylvicole, Hydro-Québec évalue la possibilité de mettre cette emprise en culture à la demande du propriétaire. Si le secteur présente un potentiel adéquat, Hydro-Québec procède aux travaux nécessaires à la mise en culture tels que : l’essouchage, l’épierrage, le drainage, etc.
Lorsque l’emprise déboisée est adjacente à une terre cultivée, il est possible de remettre cet espace en culture. Ici, une emprise avant son aménagement.
La même emprise, après les travaux d’aménagement.
Dans le cas du tronçon Saint-Césaire–Hertel à 735 kV, la superficie mise en culture est 60 fois plus grande que la superficie occupée par les 125 pylônes de la ligne (36 hectares mis en culture et 0,6 hectare occupé par les pylônes).
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