Creuser le sol : cinq mythes courants à déconstruire

Les travaux d'excavation exigent une planification rigoureuse, qu'ils soient réalisés par une personne ou encore par une équipe professionnelle. Pourtant, plusieurs mythes continuent d'influencer les pratiques, augmentant inutilement les risques d'électrocution, de bris d'infrastructures et d'interruptions de service, sans oublier les coûts importants qui peuvent en découler. Avant de commencer des travaux, demandez‑vous si les idées reçues vous influencent encore.

Mythe no 1 : « Les réseaux souterrains sont toujours très profonds. »

Très présente dans le contexte des travaux d'aménagement paysager, cette croyance procure un faux sentiment de sécurité.

Réalité : plusieurs infrastructures sont situées plus près de la surface qu'on le croit. C'est notamment le cas des câbles de télécommunication et de certains fils de service. Ceux‑ci sont parfois enfouis à seulement quelques centimètres dans le sol.

La seule façon de vous assurer qu'il n'y a aucune infrastructure souterraine est de faire une demande de localisation gratuite auprès d'Info‑Excavation.

Mythe no 2 : « C'est la responsabilité de l'entreprise de services de protéger ses conduites, et non la mienne. »

Réalité : au Québec, procéder à des vérifications avant de creuser est une obligation légale, selon l'article 3.15.1. du Code de sécurité pour les travaux de construction.

La prévention est donc une responsabilité partagée :

  • L'entreprise propriétaire doit entretenir son réseau, maintenir sa cartographie à jour et fournir l'information au public ;
  • La personne ou l'entreprise désirant effectuer une excavation est responsable de faire une demande de localisation et de la formuler adéquatement.

Le saviez‑vous ?

En 2025, près de 31 % des bris d'infrastructure au Québec se sont produits alors qu'aucune demande de localisation n'avait été faite, et 60 % de ces bris étaient liés à des conduites de gaz ou d'électricité ou à des travaux non autorisés. Ces incidents auraient pu facilement être évités !

Mythe no 3 : « Si je ne vois rien à la surface du sol, c'est qu'il n'y a rien en dessous. »

Réalité : beaucoup d'infrastructures ne sont pas visibles au‑dessus du sol, même si certains indices permettent d'en signaler la présence, tels que des boîtes de jonction, des transformateurs sur socle, des poteaux, des bonhommes à eau, des bornes de recharge ou encore des feux de circulation.

Se fier uniquement à ce qu'on voit sur le sol augmente donc les risques d'incidents.

Mythe no 4 : « Les réseaux se situent tous à la même profondeur. »

Réalité : la profondeur d'enfouissement des conduites peut varier d'un point à l'autre, en fonction :

  • du relief du terrain ;
  • du remblai ;
  • des travaux et des modifications effectués dans le passé.

C'est pourquoi il ne faut jamais présumer qu'une conduite se trouve à la même profondeur sur toute sa longueur.

Mythe no 5 : « Je creuse à la main, c'est donc sécuritaire. »

Réalité : même en utilisant des outils à main, on peut briser des fils de service ou un réseau de télécommunication, ou encore des conduites peu profondes.

Chaque année, au Québec, plusieurs dizaines de bris surviennent en raison de l'utilisation d'outils à main1. Une simple pelle peut entraîner des coupures de service, des bris dont les réparations sont coûteuses et, dans certains cas, des chocs électriques.

Il est donc important de faire preuve de vigilance, même s'il s'agit d'une méthode d'excavation douce.

C'est clair : une bonne préparation — qui inclut une demande de localisation — reste le meilleur moyen de prévenir les bris et d'effectuer des travaux d'excavation sans danger. C'est simple, gratuit, et ça peut éviter bien des problèmes !

Référence

  1. INFO‑EXCAVATION. 2025 Statistiques d'événements aux infrastructures souterraines, Montréal, 22 p.

Maintenant que nous avons fait tomber les mythes…

Suivez les directives et prenez des précautions pour travailler en toute sécurité près des infrastructures souterraines.